AUTOMOBILE - Des utilisateurs de voitures du groupe Renault-Nissan-Dacia comptent lancer une action en justice : ils se plaignent de moteurs défectueux sur certains modèles, des anomalies qui auraient pu causer de graves accidents. Des conducteurs racontent leur mésaventure à TF1.

Après le dieselgate de Volkswagen, place à un motorgate dans le secteur de l'automobile ? De nombreux utilisateurs de voitures du groupe Renault-Nissan-Dacia se plaignent en tout cas d'avoir acheté un modèle avec un moteur défectueux.  A l'image d'Hugo, qui témoigne dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Ce conducteur a d'abord cru à un simple manque d'huile lorsque le signal indiquant une réserve basse s'est allumé sur le tableau de bord de sa Renault. Mais une fois la barre des 58.000 kilomètres dépassée, le petit souci s'est révélé être un problème bien plus grave. 

"La voiture crapotait et n'arrivait plus à avancer", décrit Hugo. L'automobiliste comprend qu'il est victime d'une casse-moteur. Et il serait loin d'être le seul propriétaire à être concerné par une telle panne. 

Sur un Internet, un groupe Facebook composé de plus de 4000 membres recense également de nombreuses histoires similaires. Parmi elles, il y a celle d'Agathe, propriétaire d'une Dacia Duster. "Nous étions sur l'autoroute en train de partir en vacances en famille. Tout à coup, le Duster se met à décélérer complètement. En moins d'une minute, on se retrouve immobiliser sur la bande d'arrêt d'urgence", raconte-t-elle à TF1. "Les enfants qui se retrouvent de l'autre côté de la barrière, un grand moment de stress pour nous tous...".

En plus de voitures Renault et Dacia, des modèles Nissan et quelques Mercedes sont aussi concernés par ces pannes. Car toutes ces automobiles utilisent le même moteur Renault défectueux, installé entre 2012 et 2016 dans 400.000 véhicules. Le groupe français assure avoir indemnisé la majorité de ses clients victimes de ce problème. 

Pour Hugo par exemple, le constructeur a pris en charge 60% des réparations, soit 4400 euros. "J'ai dû accepter parce que je n'avais pas d'autres moyens de locomotion et j'avais besoin de ma voiture", déclare-t-il. Mais selon Me Christophe Lèguevaques, ces indemnisations variables accordées au cas par cas sont loin d'être suffisantes. Il envisage d'ailleurs une action collective contre Renault. 

"Face à Renault, tout seul, qui est un géant international, et vous, vous avez besoin impérativement de votre véhicule. Que faire, sinon accepter les mauvaises conditions que vous fait Renault ? Là, on essaye d'inverser la donne en faisant en sorte que nous soyons très nombreux pour justement se faire respecter par Renault", explique-t-il. Christophe Lèguevaques, connu pour avoir défendu les victimes des ­affaires AZF, Lévothyrox et ­chlordécone aux Antilles, se laisse désormais deux mois pour récupérer un maximum de témoignages.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo A. de Précigout

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