Près d'un quart des poissons péchés en France sont issus d'espèces aux stocks surexploités.
Sur les étals, il est facile de trouver des équivalents bon marché et non menacés.
On vous aide à faire le tri pour consommer mieux.

Comment continuer à manger du poisson tout en limitant la casse environnementale et en préservant son pouvoir d'achat ? En soixante ans, la consommation moyenne des Français de produits issus de la mer a quasiment doublé, passant de 18 kg par an et par personne en 1960 à 34 kg désormais, dont 24 kg importés, selon le WWF. Or, à mesure que la demande augmente, les océans se vident. D'après le dernier bilan de l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, la surpêche touche ainsi encore 11 % des populations de poisons en 2021 quand 10 % sont classées comme "effondrées". 

Les populations de cabillaud dans la mer du Nord et en mer Celtique sont notamment très critiques. Parmi les espèces les plus mal en point, on retrouve également la sole du golfe de Gascogne et le chinchard atlantique. 

Un bar contre un mulet ?

Particulièrement appréciés des clients français, ces poissons s'achètent en conséquence de plus en plus cher. Dans le Finistère, le kilo de cabillaud approche par exemple ces jours-ci les 25 euros, soit 6 euros de plus qu'il y a quelques mois. La Lotte, vendue 7 euros de plus que d'habitude, connait elle aussi une augmentation semblable.

Alors, quelles alternatives ? Pour mieux consommer et moins cher, les pêcheurs conseillent notamment de préférer la vente directe aux produits industriels transformés, souvent issus de la pêche intensive, mais aussi de se tourner vers d'autres espèces trop souvent délaissées. En écoutant les bons conseils de son poissonnier, il en effet possible de trouver des équivalents bon marché et qui, eux, ne se trouvent pas menacés. À titre d'exemple, le bar peut aisément être remplacé par du mulet, qui lui ressemble aussi bien physiquement que gustativement. Le cabillaud, principalement apprécié parce qu'il n'a pas d'arête, peut quant à lui facilement être troqué par du merlu, à la chair blanche également, péché localement et moins cher. Le tacaud, le grondin rouge ou la vieille, souvent boudés par les clients, gagneraient eux aussi à être davantage connus et consommés.

C'est d'ailleurs à cette fin, qu'une campagne d'affichage dénonçant "un déni de facies" est actuellement mise à l'honneur par des pécheurs partisans d'une consommation plus variée. "On aimerait bien que les gens découvrent ce genre de poissons souvent beaucoup moins chers que le bar et la sole, ça évite le gâchis déjà", insiste Gwen Pennarun, président de l'association des ligneurs de la Pointe de Bretagne, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Et de conclure : "Un tacaud frais, c'est juste délicieux, tous les pécheurs vous le diront".


TF1 | Reportage P. Géli, A. Janssens, J. Denniel.

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