Le 20h

Pourquoi le prix des œufs risque d'augmenter

Laure Giuily
Publié le 21 juillet 2021 à 12h54
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

SURCOÛT - Le ministre de l'Agriculture a annoncé la fin du broyage ou du gazage des poussins mâles dès 2022. Une mesure qui devrait mécaniquement faire augmenter le prix des œufs.

50 millions de poussins mâles sont broyés ou gazés chaque année en France dans les élevages de poules pondeuses, car il n’est pas rentable de les nourrir.  Entre le fait qu'ils ne pondent pas et leur croissance trop lente pour la viande, les mâles sont systématiquement tués. Pour mettre fin à cette situation, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé dimanche l’interdiction dès le 1er janvier 2022 de ces pratiques décriées dans l’élevage. 

Et pour cela, le gouvernement souhaite s'appuyer sur la technique développée en Allemagne, dite du sexage dans l'œuf, qui permet de détecter le sexe des poussins en incubation dans l’œuf, avant éclosion, grâce à une machine. Comme le montre la vidéo en tête d'article, la machine projette de la lumière sur les œufs pour détecter par imagerie le sexe grâce à la couleur des plumes : blanc, mâle ; brun, femelle. Le ministre a annoncé que les cinq couvoirs français spécialisés dans la fourniture de poules pondeuses aux éleveurs devraient, au 1er janvier prochain, avoir installé ou commandé de telles machines.

Une bonne nouvelle pour les défenseurs de la cause animale, mais qui risque de faire augmenter significativement le coût de production et donc de vente des œufs. Comme l'explique au micro de TF1, Loic Coulombel, président du syndicat national des industriels et des professionnels de l'œuf : "Il va y avoir une première phase d'investissement en machines et en équipements qui va coûter une quinzaine de millions d’euros et derrière ça, il faut ajouter à peu près 64, 65 millions d’euros pour l'exploitation sur un an." 

Enveloppe de 10 millions d'euros

Yves-Marie Baudet, produit des œufs dans les Côtes d'Armor. Il achète 150.000 poussins par an et s'inquiète de l'impact de ces nouvelles machines sur son coût de production. "Jusqu’à aujourd'hui, mon poussin me coûtait 80 centimes l'unité. Avec ces nouvelles décisions prises par le gouvernement, le poussin va me coûter 2 euros l'unité. D’où un surcoût de 180.000 euros à l'échelle de l'exploitation globale", déclare-t-il dans le reportage. "J'espère que mes clients finaux, la grande distribution ou les industriels accepteront de revaloriser le prix de mes œufs", conclut-il. 

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Le ministre de l'Agriculture qui évoque une hausse de 1 à 4 centimes pour une boite de 6 œufs, a promis une enveloppe de 10 millions d'euros aux accouveurs pour s'adapter. Tandis que la filière exige une réglementation européenne pour éviter les distorsions de concurrence.


Laure Giuily

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