Produits dérivés à base de truffe : comment ne plus vous faire avoir

Léa Tintillier | Reportage TF1 Yaël Chambon, Alexandra Vieira, Domitie Bertaud
Publié le 21 décembre 2022 à 12h17

Source : JT 20h Semaine

Dans le saucisson, l’huile, le vinaigre… La truffe est dans tous nos produits.
Mais en réalité, il s’agit le plus souvent d’arômes artificiels ajoutés.
Le 20H de TF1 vous aide à y voir clair.

Pendant les fêtes de fin d’année, les Français aiment se faire plaisir. Foie gras, fruits de mer, champagne… Ils plébiscitent les produits de luxe. Et la truffe en fait partie. Dans le saucisson, le fromage, l’huile, les chips… Aujourd’hui, on la retrouve partout. "Ça peut représenter jusqu’à une trentaine de références", affirme Grégory Treny, responsable commercial de l'enseigne Auchan à Périgueux (Dordogne). 

Mais si l’emballage suggère la présence du célèbre champignon, qu’en est-il vraiment à l’intérieur ? On a beau chercher dans les ingrédients, la truffe n’est nulle part. Pourtant, la bouteille de vinaigre balsamique aromatisé est vendue à 4,60 euros, soit plus d’un euro de plus que sa version classique qui est vendue au prix de 3,49 euros. 

Des huiles à plus de 160 euros le litre sans traces de truffe

Mais en cherchant bien, sur Internet, certaines huiles ou vinaigres peuvent dépasser les 160 euros le litre. Présentés comme des produits hauts de gamme, ils ne contiennent pourtant pas la moindre trace de truffe. À la place, on retrouve des arômes artificiels. Alors comment éviter les pièges ? 

"Les arômes artificiels sont créés dans des laboratoires par des processus chimiques pour créer des arômes qui donnent le goût de certains aliments. Vous allez remarquer ‘goût truffe’, ‘saveur truffe’. Évidemment, le mot goût ou saveur va être écrit en petit, le mot truffe en énorme, et c’est là où on induit en erreur le consommateur", explique l’association Foodwatch, dans la vidéo en tête de cet article. 

Trufficulteur dans le Périgord, Alain Klemeniuk dénonce depuis des années un autre piège. En effet, ce ne sont pas les truffes françaises qui seraient utilisées pour la plupart des marques. Elles sont remplacées par de la truffe de Chine ou d’été, moins parfumée et surtout beaucoup moins chère. Le tout écrit en latin pour être sûr que personne ne s’y retrouve.

"Neuf fois sur dix, on mange un tout petit peu de truffe, on ne sait pas trop laquelle et avec beaucoup d’arômes. Ça permet de faire une belle marge au fabricant du produit", se désole Alain Klemeniuk. Lors de la dernière enquête de la répression des fraudes, 57% des produits commercialisés étaient frauduleux. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Yaël Chambon, Alexandra Vieira, Domitie Bertaud

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