"Cheapflation" : qu'est-ce que cette pratique accusée de tromper les consommateurs dans les rayons ?

par La rédaction de TF1info | Reportage Pierre Corrieu, Valentin Dépret, Xavier Boucher
Publié le 7 février 2024 à 17h38

Source : JT 13h Semaine

L’association de défense des consommateurs Foodwatch épingle six produits de grandes marques et très connus des consommateurs.
Leur composition a été modifiée avec des matières premières moins chères, tandis que leur prix augmente.
Le JT de TF1 vous explique ce phénomène de "cheapflation".

Quel est le point commun entre un chocolat Milka, des bâtonnets de surimi Fleury Michon et de la mayonnaise Maille ? Leur recette a changé, alors que leur prix a augmenté. C'est ce que dénonce ce mercredi l'association de défense des consommateurs Foodwatch, qui cible ainsi six produits de grandes marques. Cette pratique qui consiste à réduire des ingrédients, les supprimer ou les remplacer par des substituts moins chers ou de moindre qualité est baptisée "cheapflation", contraction de "cheap" ("bon marché") et "inflation".  

Une pratique intervenant souvent à l'insu des consommateurs. "Je ne savais pas, ça trompe le consommateur s'il n'est pas informé", s'insurge une cliente interrogée dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Et en période d'inflation, certains industriels ont encore davantage réduit la qualité nutritionnelle de leurs produits afin de réduire leurs coûts de fabrication. 

Foodwatch pointe ainsi des bâtonnets de surimi Fleury Michon, qui comprennent 11% de chair à poisson en moins, alors que le prix au kilo a augmenté de 40% entre 2021 et 2023. L'association cite également une mayonnaise Maille (marque du groupe Unilever), un chocolat Milka (Mondelez), des rillettes Bordeau Chesnel, les chocolat After Eight (Nestlé) ou un poisson de la marque Findus (Nomad Foods). "C'est de la triche, c'est profiter de la méconnaissance du client", se désole un autre passant. 

Comment se défendent les industriels ?

Contactées par TF1, les marques justifient ces changements de recettes par un contexte tendu : hausse des matières premières, difficulté d'approvisionnement en raison de la guerre en Ukraine, ou encore grippe aviaire. "Ce changement n'a aucun impact significatif sur le goût, la texture, ni sur la qualité des produits", assure à TF1 le groupe Unilever.

"On ne peut pas parler de tromperie, c'est une pratique qui est légale mais qui manque clairement de transparence. Ça dit bien à quel point notre système alimentaire est opaque, et qu'il n'y a pas d'information qui est suffisamment accessible pour les gens qui font leurs courses", explique Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch France. 

Les prix de l'alimentation, principal moteur de l'inflation en 2023 avec un sommet à presque 16% au printemps, ont amorcé depuis un ralentissement, avec une hausse de 5,7% sur un an en janvier 2024. D'autres fabricants de l'agroalimentaire ont pu avoir recours à ces pratiques, parfois sans que les associations ne s'en rendent compte. 


La rédaction de TF1info | Reportage Pierre Corrieu, Valentin Dépret, Xavier Boucher

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