VIDÉO - Après la crise agricole, premiers contrôles des étiquettes : comment enquête la répression des fraudes

par La rédaction de TF1info | Reportage Julien Roux, Christophe Nieulac, Noelie Clerc
Publié le 6 février 2024 à 18h51, mis à jour le 7 février 2024 à 10h52

Source : JT 20h Semaine

Face à la colère des agriculteurs, le gouvernement a annoncé des contrôles massifs chez les industriels et dans les supermarchés.
Comment se déroulent ces opérations et quels produits sont passés à la loupe ?
Une équipe de TF1 a suivi la répression des fraudes dans un supermarché de Seine-Maritime.

"Est-ce que ce sont les cagettes d'origine des produits ?", demande une inspectrice de la répression des fraudes devant le rayon des fruits et légumes d'un supermarché de Grand-Quevilly (Seine-Maritime). "Chou blanc, France", peut-on lire sur un petit panneau. Les cagettes présentées dans le magasin n'étant pas celles d'origine, l'inspectrice doit aller vérifier cette information en réserve. Le chou en question est bien français, produit dans le Manche. 

Mais en regardant dans les stocks, la professionnelle tombe sur des paniers "anti-gaspi" qui ne sont pas en règle. "Tout ce qui est promotionnel, anti-gaspi, il ne faut pas qu'on perde la traçabilité. Même si ce sont des fins de lot, des restes de cagette, il faut que l'information donnée aux consommateurs soit la bonne", clarifie Emmanuelle Beaumont, inspectrice principale, auprès du responsable du magasin. 

Face à la colère des agriculteurs, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé il y a quelques jours une "phase massive de contrôle" chez les industriels et dans les supermarchés. Aucun contrat entre distributeurs et industriels, y compris les marques distributeurs, "n'échappera au contrôle de la répression des fraudes", a martelé le ministre.

La semaine dernière, les inspectrices que suit notre équipe ont formulé un rappel à l'ordre dans un autre supermarché : "Il y avait la bâche sur la barquette, avec écrit en gros 'origine France'... Et en plus petit, il y avait écrit 'origine Portugal'", précise l'inspectrice Emmanuelle Coché. Le grossiste avait alors falsifié l'étiquette, "risquant 300.000 euros d'amende au maximum et de la prison pour le directeur qui a commis l'infraction". 

"10.000 contrôles" sur les produits revendiquant une origine française

Bruno Le Maire a notamment évoqué "10 000 contrôles" sur les produits revendiquant une origine française, par leur étiquetage ou la présence d'un drapeau tricolore. "Il est inacceptable que cette origine France soit galvaudée au détriment de nos agriculteurs", a fustigé le ministre de l'Économie, selon qui les sanctions pourront atteindre 10% du chiffre d'affaires.

L'inspectrice Emmanuelle Coché montre à nos équipes un pot de moutarde de Dijon. "On voit que la fabricant a mentionné qu'elle avait été élaborée en France. S'il nous met une indication comme ça, l'obligation réglementaire, c'est qu'il doit préciser l'origine de l'ingrédient principal", détaille-t-elle en scrutant l'étiquette. Aucune information pourtant sur la provenance des graines de moutarde. "Il y a de grandes chances qu'elles ne soient pas françaises et qu'elles viennent du Canada. On va faire une remontée d'informations à nos collègues qui ont le fabricant", précise l'inspectrice. 


La rédaction de TF1info | Reportage Julien Roux, Christophe Nieulac, Noelie Clerc

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