L'association de consommateurs CLCV publie ce lundi une étude évaluant la qualité des biscottes, pains de mie et autres brioches industrielles.
De nombreux produits inspectés contiennent encore trop d'additifs, de sel ou de sucre, mais cherchent pourtant souvent à se présenter comme sains.
Le JT de TF1 fait le point.

Un petit-déjeuner sain et équilibré : voilà ce que de nombreuses marques de produits industriels vous promettent. Les mentions "sans sucres ajoutés", "sans additifs" ou encore "sans conservateurs" sont d'ailleurs légion dans les rayons des brioches, pains de mie et autres biscottes. Des petits mots bien mis en évidence sur les paquets, qui ont visiblement de grands effets. "Quand je fais mes courses de petit-déjeuner, je suis plus sensible à tout ce qui a moins de sucre, qui est sans additif, bio et meilleur pour la santé", confie une consommatrice dans le reportage de TF1 ci-dessus. Mais attention à ne pas se laisser berner. 

Un marketing "santé" face auquel il faut rester vigilant

En effet, sur un paquet de brioche affichant, au recto, la mention "sans additifs", on peut trouver, au verso, la mention d'un ingrédient particulier : des extraits végétaux à pouvoir colorant. En clair, il s'agit d'additifs qui ne disent pas leur nom. Autre exemple pointé dans la vidéo du JT de TF1 : un paquet de galettes de maïs, dont la marque vante la faible quantité de sel. Mais ce qu'on ne voit pas tout de suite, c'est que ces galettes sont riches en sucre et en acides gras saturés.

Ce marketing "santé" est dans le collimateur de l'association de consommateurs Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV), qui publie ce lundi une étude sur la composition et les emballages de 1740 produits de panification (soit les biscottes, les pains de mie, les crackers, toasts complets...). Selon l'association, si de nombreux produits affichent des mentions leur conférant une image "santé" ("réduit en sucre", "pauvre en sel", "sans additifs"...), 69% des références qu'elle a étudiées présentent pourtant des additifs et assimilés. 

"Par ailleurs, certains produits comme les biscottes complètes, les crackers de table, les pains grillés ou les galettes soufflées peuvent en réalité avoir des profils nutritionnels médiocres", ajoute l'association, qui affirme que parmi les 51 produits étudiés pour leurs allégations positives, 67% ont un Nutri-Score entre "C" et "E".

Des qualités nutritionnelles variables

La CLCV pointe d'ailleurs du doigt l'absence régulière du Nutri-Score sur ce type de produits. D'après l'association, le Nutri-Score n'était affiché que sur 57% de son échantillon. L'association invite donc les industriels et distributeurs qui ne le font pas à indiquer cette note qui évalue la qualité nutritionnelle des aliments, d'autant plus que selon elle, "les recettes ne se valent pas au sein d'une même famille" de produits. 

Devant la caméra de TF1, Lisa Faulet, responsable alimentation à la CLCV, prend l'exemple de deux paquets de biscottes natures. "On pourrait penser que ce sont des recettes très semblables", signale-t-elle, avant de préciser que l'une des deux références est notée "A", tandis que l'autre, qui ne l'affiche pas, appartient à la catégorie des produits notés "D", "parce qu'il est beaucoup plus gras, plus salé, plus sucré".

Encore faut-il connaître ce Nutri-Score. Le rayon du petit-déjeuner fait figure de mauvais élève, car quatre fois sur dix, les marques n'osent même pas l'indiquer. Ce n'est pas si étonnant, puisque parmi les produits avec Nutri-Score, sept sur dix ont une note allant de "C" à "E". Et ce sont souvent ces aliments mal notés qui affichent le plus d'allégations santé pour séduire.

Dans le cadre de son étude, l'association CLCV a formulé plusieurs demandes aux industriels, comme "ne pas utiliser d'allégations vantant un aspect positif (ex : source de fibres, pauvre en sel...) ou l'absence d'un ingrédient spécifique, perçu comme indésirable, sur des produits ayant un profil nutritionnel global médiocre (Nutri-Score D et E)". L'organisme appelle aussi les industriels à "réduire au maximum l'utilisation d'additifs", à "supprimer l'huile de palme" et à "réduire autant que possible la quantité de sucre, sel et acides gras saturés".


N.K | Reportage TF1 Roxanne Sygula, Simon Humblot

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