Dans deux semaines, à partir de ce samedi 1er avril, ce sera la fin du ticket de caisse systématique.
L'objectif est de lutter contre le gaspillage, mais les enseignes pourront aussi mieux cerner les consommateurs grâce au ticket dématérialisé.
Que dit la loi dans ce domaine ?

"Vous voulez votre ticket de caisse ?" C'est une question à laquelle il va falloir s'habituer à partir du 1er avril. Les commerçants auront en effet l'obligation de vous demander si vous souhaitez votre ticket avant de l'imprimer. Beaucoup de grandes surfaces ont déjà commencé à le faire, et certains s'en réjouissent. "C'est pour la planète, avoir une planète plus propre", lance le client d'un supermarché de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) dans le reportage de TF1 ci-dessus. "Après, on peut consulter sur internet, donc ça ne me pose pas de problème", renchérit un père de famille. Sans parler des plus jeunes, nombreux à embarquer leur moyen de paiement sur téléphone, pouvant ainsi suivre leur comptabilité sur leur application. 

D'autres pourtant demeurent réfractaires à ce changement. Comme le soulignaient en avril 2022 plusieurs associations de consommateurs, le ticket de caisse reste "pour de très nombreux Français un élément important de vérification des prix des produits achetés, face à l'inflation". "C'est plus pratique pour mes comptes", confirme une retraitée auprès de TF1. Sa voisine acquiesce : "C'est bien d'avoir un ticket, on se rend plus compte de ce que l'on dépense. C'est ça qui est important quand on fait son cumul".

Un problème de données personnelles ?

La grande nouveauté pour remplacer le papier, c'est le ticket envoyé par mail. Dans de nombreux magasins de vêtements par exemple, les vendeuses ont désormais pour consigne de demander votre nom pour retrouver le fichier client ou de le créer en enregistrant votre adresse mail. Mais certaines enseignes ne proposent plus l'impression du ticket, ce que réprouve la CNIL. "La remise ou non du ticket de caisse ainsi que ses modalités (impression papier, envoi dématérialisé) doivent découler d’un choix éclairé des clients. Pour cela, le commerçant doit les informer des différentes options qui s’offrent à eux afin qu’ils puissent faire leur choix en fonction de leurs préférences et en tenant compte des enjeux écologiques et de protection de la vie privée", écrit-elle sur son site.

L'objectif est bien sûr de lutter contre le gaspillage. Selon le cabinet d'Olivia Grégoire, ministre déléguée notamment aux petites et moyennes entreprises (PME) et au commerce, "ce sont chaque année près de 30 milliards de facturettes qui sont imprimées, la plupart terminant à la poubelle, alors que leur petite taille les rend difficiles à collecter et à recycler". Mais l'intérêt des enseignes est aussi de mieux cerner les consommateurs grâce à l’envoi des reçus dématérialisés. Et ainsi de proposer de nouveaux produits en fonction de leurs goûts. Selon Laura Bokobza, fondatrice de "LBK Consulting", le plus important, "c'est d'avoir des données". "Elles peuvent juste lier un individu, donc une adresse mail, avec des achats, ce qui permet aux magasins de conclure des tendances".

"Le ticket dématérialisé conduit le commerçant à collecter et à pouvoir réutiliser vos données pour de la publicité : il doit respecter vos droits en vous demandant votre consentement ou en vous permettant de vous y opposer, selon le type de publicité", précise toutefois la CNIL. Si vous avez le moindre doute, vous pouvez préciser que votre adresse mail ne serve qu'à l'envoi du ticket de caisse.


Virginie FAUROUX | Reportage vidéo Emma Vinzent, Patrick Delannes

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