Face à la concurrence des géants de la fast fashion, le Made in France se retrousse les manches.
Le Slip Français a ainsi décidé de changer de stratégie pour diviser par deux le prix de ses sous-vêtements.
Le 20H de TF1 se penche sur ce combat de la filière textile.

L'avenir du textile tricolore est entre les mains des couturières que filme le reportage de TF1 ci-dessus. Derrière la nouvelle collection de sous-vêtements qu'elles fabriquent, un  pari risqué pour tenter d'assurer la survie de la marque Le Slip Français, devenue en treize ans le porte-étendard du Made in France. "On est en train de fabriquer notre nouvelle gamme qu'on veut rendre plus accessible, explique face à notre caméra Guillaume Gibault, le fondateur de cette marque tricolore. Pour cela, on prend un vrai risque industriel : on a lancé une commande de 400.000 pièces pour être capables de pouvoir diviser le prix par deux".  

Vendu 25 euros au lieu de 40 avant, le caleçon que montre notre reportage coûte surtout moins cher à fabriquer, 10 euros contre 18. Essentiel pour gagner en compétitivité. "On a du mal à trouver un vrai modèle économique pérenne, parce qu'on fabrique tout en France, ça a un coût. Si on reste sur des petites séries à un prix élevé, on n'arrivera pas à trouver la solution économique", poursuit Guillaume Gibault.

Car dans le même temps, les géants de la fast fashion inondent internet et les rayons en cassant toujours plus les prix, à tel point qu'aujourd'hui, seuls 3% des vêtements vendus en France y ont été fabriqués. Mais vendre un caleçon 25 euros plutôt que 40, est-ce suffisant pour sauver la marque française ? Pour le savoir, notre reportage retrouve les équipes du Slip Français un mois après le lancement de leur nouvelle collection. Les visages sont fermés dans l'attente des premiers chiffres. 

Verdict : plus de 110.000 caleçons vendus, la nouvelle stratégie de la marque fonctionne. Mais ce n'est qu'un début, car si le produit a du succès, encore faut-il être capable de le produire en grande quantité. "On part d'un problème qui était le manque de chiffre d'affaires et de vente, qu'on résout, et on arrive sur un autre problème, les capacités de fabrication, souligne Léa Marie, directrice générale du Slip Français. C'est normal parce qu'on arrive sur une industrie qui est quand même restée très esquintée par les délocalisations".  

C'est bien là tout le problème, l'industrie du textile français est en perte de vitesse. En 1990, elle employait 425.000 personnes selon les chiffres de l'Insee. C'est à peine 70.000 aujourd'hui. 


La rédaction de TF1info | Reportage Charles Diwo, Hippolyte Riou du Cosquer, Xavier Boucher

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