VIDÉO - Shein, Temu, Alibaba… Qui serait impacté par le malus imposé à la fast fashion ?

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : P. Corrieu, B. Chatagner
Publié le 4 mars 2024 à 10h14

Source : JT 20h WE

Les plateformes de mode éphémère sont une aberration économique, mais aussi écologique.
Pour tenter d'en réduire l'impact, les députés français examinent cette semaine en commission une proposition de loi qui imposerait un malus aux clients des marques de fast fashion.
À quoi ressemblerait une telle taxe ?

Mathilde et Loane commandent régulièrement des vêtements de la marque Shein, le géant chinois de la mode, qui propose des prix imbattables qui incitent à des achats compulsifs. "Des shorts, une robe de plage et deux maillots de bain", énumère l'une des deux jeunes filles face à notre caméra. Et d'ajouter : "On est à 47 euros, j'ai quatre articles et un maillot de bain avec un bandana. C'est pas cher."

Le gouvernement et plusieurs députés veulent s’attaquer à ce modèle qu’ils jugent peu respectueux de l’environnement. Comment ? En imposant un malus à ces marques de la fast fashion d'ici à 2030, jusqu’à dix euros par vêtement. "On va y réfléchir à deux fois. Je retournerai en magasins, je pense", commente une des deux clientes. 

D'autres critères à l'étude

Qui sera concerné ? Ce malus pourrait être appliqué aux marques et sites de e-commerce qui proposent plus de 1000 nouvelles références par jour. C’est le cas des géants chinois Temu ou Shein. Contactée, l’entreprise chinoise assure que cette proposition de loi pénaliserait ses clients français. "Cela aura pour impact immédiat de réduire le pouvoir d'achat de millions de Français qui n'ont pas la capacité de dépenser pour des produits plus chers", répond ainsi Marion Bouchut, directrice communication de Shein France.

De leur côté, Zara et H&M, par exemple, échapperaient à ce malus. Mais pour les défenseurs de l’environnement, si cette loi veut être efficace, il faut qu’elle touche beaucoup plus de marques. "On propose de pénaliser les marques qui mettent en vente plus de 5000 nouveaux modèles par an, parce qu'il faut mettre l'industrie textile dans la trajectoire de l'Accord de Paris sur climat, donc limiter l'impact de ce secteur en matière d'émissions de gaz à effet de serre", détaille, face à la caméra du 20H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article, Charlotte Soulary, responsable du plaidoyer Zero Waste France.

Cela pourrait pénaliser aussi des marques françaises comme Decathlon ou Kiabi, ce à quoi est opposée Anne-Cécile Violland la députée qui porte cette proposition de loi, examinée cette semaine en commission à l'Assemblée nationale. "Il s'avère que ce sont des entreprises que j'ai auditionnées et qui se sont vraiment engagées dans une démarche de développement durable, et qui ont sans doute encore mieux à faire. Donc potentiellement, cela veut dire que ces entreprises, soit elles ne seront pas concernées, soit elles seront peu concernées", développe la parlementaire.

Pour ne pas pénaliser les entreprises françaises, les députés vont devoir prendre en compte d'autres critères encore à l'étude. L'argent récolté avec ce malus servirait à financer un bonus qui serait reversé aux entreprises de la mode plus respectueuses de l'environnement.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : P. Corrieu, B. Chatagner

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