VIDÉO - Le "yaourt XXL" sera-t-il la solution pour en finir avec les pots individuels (qui se recyclent mal) ?

par M.D. | Reportage : Ludovic Romanens et Olivier Stammbach
Publié le 10 février 2024 à 12h15

Source : JT 20h WE

Le plastique qui compose les portions individuelles de pots de yaourt se recycle très mal.
Certaines marques se sont donc lancées dans le yaourt en brique.
Mais les consommateurs sont-ils prêts à changer leurs habitudes ?
C'est ce qu'une équipe de reportage de TF1 a voulu savoir.

Quelque 15 milliards de pots de yaourt sont vendus en France chaque année. Sauf que voilà, le plastique utilisé se recycle difficilement. Au rayon des laitages, on trouve désormais du yaourt dans un contenant en carton, comme pour le lait. C’est notamment le cas de la marque Yoplait qui commercialise depuis peu un yaourt brassé sous forme de brique de 750 grammes, soit l’équivalent de six pots individuels. L'initiative séduit les consommateurs, notamment pour son aspect pratique.

"Ça ferait un gain de place dans le frigo", commente, au micro de TF1, une cliente, dans la vidéo en tête de cet article. "Ça va éviter vraiment le gaspillage", salue une autre. Plus écologique, ce format n'est pas pour autant plus économique, comme a pu le constater notre équipe de reportage de TF1 dans un hypermarché de l’enseigne Auchan. En rayon, la brique est vendue au prix de 2,65 euros, tandis que les six pots de yaourts sont commercialisés au prix de 2,22 euros le kilo, soit 19% moins cher.

À cela s'ajoute un autre obstacle, le temps de conservation. "Je pense que ça va moins bien se conserver qu’une portion individuelle. On va le sortir du frigo, on va se servir, on va le laisser sous la table et il ne sera pas tout de suite au frais", relève une cliente, dans la vidéo. Si l'on en croit le fabricant, ce nouveau yaourt en brique, qui se consomme dans un bol, peut être conservé au frigo jusqu’à sept jours après l’ouverture. 

Globalement, cet emballage nous permet de diviser par deux par les emballages
Yves Legros, directeur général de Yoplait.

Six mois d’études ont été nécessaires pour trouver la bonne texture, onctueuse et fluide à la fois. On peut y ajouter des céréales ou des fruits. La marque mise sur un changement des habitudes de consommation. Mais le pari est risqué : il y a treize ans, une autre marque, Danone, avait tenté cette révolution, sans succès. En raison des faibles ventes, le produit a rapidement été abandonné par son fabricant. Mais selon Yoplait, le marché a évolué, tout comme les mentalités.

Aujourd’hui, les consommateurs prêtent davantage attention à l’aspect écologique. L’emballage en carton, qui est écoresponsable, se plie facilement. À la clé, un gain de place dans la poubelle pour le consommateur, mais aussi en bout de chaîne avec le tri sélectif. "Globalement, cet emballage nous permet de diviser par deux par les emballages", souligne Yves Legros, directeur général de Yoplait.

Un virage industriel opéré en Italie il y a quelques années

Le fabricant a mis 10 millions d’euros sur la table pour financer la recherche et mettre en place une nouvelle ligne de production. Ce virage industriel a été entamé il y a plusieurs années en Italie Notre équipe de reportage s’est rendue dans un supermarché situé en périphérie de Rome. Chez l’enseigne Coop Tirreno Latium, le format familial est un incontournable. Il séduit près d’un tiers des clients. 

"En fin de semaine, les vendredis, samedis et dimanches, on a un pic d’achat, parce que nous avons une clientèle familiale. Nous vendons de grands formats, avec des pots de 500 grammes et même d'un kilo", explique, au micro de TF1, Marco Capodicasa, le responsable des ventes du magasin. Aux fruits ou aux céréales, il existe une trentaine de variétés différentes dans les rayons. Les Italiens en mangent à toute heure de la journée. 

"C’est parfait pour un petit déjeuner. J’en emporte aussi au bureau pour le manger avec des céréales", explique un client. "Nous, on est assez sensibles au prix, parce qu’on en mange tous les jours. Et on est une famille de quatre personnes. Donc, ça joue", explique une habituée du magasin. Un prix bas, c’est l’argument principal de vente. Le format familial est commercialisé en moyenne 34% moins cher. C’est la recette du succès de ce nouveau format en Italie : les marques françaises vont-elles s’en inspirer ?


M.D. | Reportage : Ludovic Romanens et Olivier Stammbach

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