Pouvoir d'achat : les prix ont-ils vraiment baissé en juillet ?

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage K. Yousfi, B. Chastanier
Publié le 28 juillet 2023 à 17h54

Source : JT 13h Semaine

Depuis mars dernier, plusieurs grandes enseignes françaises sont engagées dans une opération anti-inflation.
Dès lors, durant ce mois de juillet, les consommateurs étaient censés voir les prix baisser dans les rayons.
Mais le résultat observé ne semble pas aussi satisfaisant qu'escompté.

C'est une promesse, faite au printemps, que les consommateurs ont bien en tête. Alors qu'il touche à sa fin, le mois de juillet, durant lequel les prix étaient censés baisser dans les rayons des supermarchés - lui valant même d'être rebaptisé "juillet vert" - semble pour le moins décevant. "Pour le moment, on ne le voit pas", déplore une cliente dans le reportage de TF1 visible en tête de cet article. Un paquet de pâtes à la main, une seconde abonde : "Ça ne fait qu'augmenter".

Si les bonnes nouvelles ne s'observent pas partout, c'est en partie parce que seule une quarantaine d'industriels ont accepté de revoir leurs prix à la baisse en juillet. Or, cela n'est pas suffisant pour permettre de diminuer le montant du ticket de caisse. Les prix de l'alimentaire notamment restent élevés du fait de certains coûts qui ne baissent pas. "L'énergie a redescendu mais il y a des coûts pour l'emballage qui vont rester élevés", analyse Elisabeth Cony, Fondatrice de Madame Benchmark.

Hausse de 0,2% entre juin et juillet pour l'alimentaire

Des données publiées ce mercredi 26 juillet par le panéliste Circana sont là pour corroborer le constat fait par certains dans les rayons. Dans le détail, les prix alimentaires ont ainsi légèrement progressé (de 0,2%) entre juin et juillet. Pourtant, en comparaison avec juillet 2022, la hausse des tarifs des produits de grande consommation ralentit : elle atteint 13,6 % d'augmentation contre 15,1 % sur un an en juin.  En d'autres termes, les prix continuent d'augmenter, mais moins vite.

"Nous ne sommes pas sortis des prix élevés, car l’inflation à deux ans, elle, continue de progresser : en cumulant les hausses de juillet 2022 (+ 6,7%) et de juillet 2023 (+ 13,6%), les prix ont augmenté en moyenne de 21,2% sur deux ans, et c’est bien cela que vivent les Français au quotidien", analyse pour Le Monde Emily Mayer, directrice des études chez Circana. Et de poursuivre : "La stabilité des prix depuis deux mois est donc positive, mais elle ne change pas la donne au moment de passer en caisse".

"Il ne se passe rien"

Pour rappel, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a multiplié depuis le printemps les réunions avec les distributeurs et les industriels pour tenter de redonner du pouvoir d’achat aux Français. En vain ? "Les prix vont augmenter moins vite" mais les accords conclus "ne nous donnent pas les moyens d'aller chercher des baisses de prix" significatives, a estimé ce jeudi le patron d'E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc. "Il n'y aura pas de baisse de prix massive. Plus exactement, il y aura des promotions (...) pour écouler les invendus des grandes marques qui avaient trop augmenté" leurs prix, résume-t-il, mais ce sont "nous (les enseignes de distribution, ndlr), qui allons prendre sur nos marges".

"On ne retrouvera pas les prix d'avant-crise", avait de son côté indiqué la veille, mercredi sur RTL, Michel Biero, le directeur exécutif achat et marketing de Lidl France. Le gouvernement a "essayé d'inciter les multinationales à revenir autour de la table des négociations (...), il ne se passe rien", a-t-il constaté. Les industriels "ne mettent pas la main à la poche pour aider la déflation", même s'il ne faut pas tous "les mettre dans le même panier", a ajouté ce dernier, pointant du doigt l'"opacité" des industriels. 

Et après ?

Il n'y aura "pas de septembre vert" à la rentrée prochaine face à l'inflation. "Pas de baisse significative" des prix, avait-il développé, estimant qu'"il faut arrêter de vendre du rêve aux Français". De l'aveu même du ministre de l'Économie ce vendredi, la baisse ne devrait pas s'accélérer avant l'automne prochain.

À défaut de chute de prix généralisée, notons toutefois que quelques références ont effectivement diminué dans certaines enseignes, notamment pour l'alimentation animale, l'huile, le thé ou les pâtes. Autre bonne nouvelle : les opérations "petits-prix" proposées depuis le printemps sur une sélection de produits par certaines enseignes se poursuivront pendant l'été.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage K. Yousfi, B. Chastanier

Tout
TF1 Info