C'est une bonne nouvelle : le prix du gaz a été divisé par cinq depuis le mois d'août, soit son niveau d'avant la guerre en Ukraine.
Pour autant, cette baisse ne se répercute pas encore sur les factures des consommateurs.
Comment l'expliquer ?

Sylvie Landrac utilise le gaz pour faire la cuisine, mais aussi pour chauffer toutes les pièces de sa maison. Pour faire des économies, cette habitante avait souscrit un contrat aux tarifs réglementés. Mais ces derniers mois, ils n’ont fait qu’augmenter. En février dernier, par exemple, sa facture a connu une hausse de 15%. Ce qui représente 25 euros de plus par mois. "J'avais un tarif bloqué sur trois ans, j'étais tranquille. Maintenant, je me retrouve dans un scénario où je subis les aléas de l'augmentation ou de la baisse du coût du gaz", s'inquiète-t-elle dans la vidéo de TF1 en tête de cet article. 

Les fournisseurs écoulent leur stock

Des factures élevées alors que le cours du gaz sur les marchés mondiaux ne fait que baisser. Comment expliquer que les particuliers ne puissent toujours pas en bénéficier ? D'après Anna Creti, spécialiste Énergies à l'université Paris-Dauphine, il y a d'abord les températures clémentes de cet hiver. De plus, le gaz ne représente que 35% du prix total sur votre facture. Le reste correspond au transport, au stockage et à la fiscalité. Mais c’est aussi et surtout parce que les fournisseurs écoulent leur stock acheté en pleine période de crise à des prix très élevés. Cette augmentation reflète ainsi la brutale envolée des cours mondiaux l'an dernier. "Les tarifs sont calculés en prenant en compte une sorte de moyenne des coûts d’approvisionnement dans les six derniers mois", explique Anna Creti. 

Pour maintenir les prix, l’État avait mis en place un bouclier tarifaire il y a un peu plus d’un an. Il sera maintenu jusqu’au 1er juillet prochain. Ensuite, les prix seront soumis à l’offre du marché. Certains députés demandent donc aujourd’hui de protéger le pouvoir d’achat des Français. "Gouverner, c’est prévoir, et nous ne sommes pas à l’abri que les prix du gaz flambent de nouveau malheureusement. C'est pourquoi, avec le Rassemblement national, nous demandons deux mesures de bon sens au gouvernement. D'une part, le maintien du tarif réglementé du gaz qu'il envisage de supprimer au 1er juillet, et d'autre part une mesure structurelle pour baisser la facture des énergies", souhaite par exemple Alexandre Loubet, député RN de Moselle.

Le bouclier tarifaire de l’État concerne actuellement 2,4 millions de foyers français.  


V. F | Reportage TF1 Ludovic Romanens, Pascal Rousset et Fabien Chadeau

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