VIDÉO - "Un grand ras-le-bol" : fleuriste, il explique pourquoi il a décidé de cesser d'être relais colis

par La rédaction de TF1info | Reportage Manon Debut, Julie Michel, Charles Yzerman
Publié le 7 février 2024 à 16h37, mis à jour le 8 février 2024 à 14h11

Source : JT 13h Semaine

Trop de paquets, pas assez de retombées, des rémunérations jugées trop faibles...
De plus en plus de commerçants ne veulent plus être relais colis.
Un fleuriste qui vient de cesser son activité, ainsi qu'une autre commerçante qui vient elle aussi de jeter l'éponge, témoignent auprès de TF1.

Ils ont envahi son arrière-boutique pendant des mois : des centaines de cartons de toutes les tailles, stockés jusqu'au plafond attendant d'être expédiés ou récupérés par des clients. Kevin Brandt, fleuriste à Roncq, dans le Nord, n'en pouvait plus. Il y a quelques semaines, il a décidé de cesser d'être relais colis. Il y avait "la queue jusque dehors, raconte-t-il : 'c'est pour un colis, c'est pour un colis, c'est pour un colis...' au point où même certains clients fleurs se font agresser parce qu'ils doublent. Alors que mon métier, c'est fleuriste, pas livreur de colis. À un moment, c'est un ras-le-bol complet". 

Il avait signé un contrat pour traiter jusqu'à 150 colis par jour, mais il en recevait plus de 800 quotidiennement. Dire stop lui procure un grand soulagement : "On a l'impression de revivre. Le magasin est libre, on circule. On n'est plus à s'excuser, 'désolé, on vient de recevoir des colis, il y en a partout..."

"Ce n'est pas du tout rentable"

Des colis de plus en plus gros, de plus en plus lourds, des clients impatients... Les commerçants, pourtant nombreux à proposer ce service, y voient aujourd'hui plus de contraintes que de bénéfices. Mélissa Correia Da Silva, gérante d'une société de produits nettoyants à Comines, toujours dans le Nord, a également stoppé cette activité complémentaire. À l'époque, elle avait même embauché un salarié supplémentaire. "À la fin, on avait besoin d'une personne à temps complet sur cette activité, explique-t-elle dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Mais ce qu'on paie pour embaucher quelqu'un, ce n'est pas du tout ce qu'on gagne. Au prix du colis, ce n'est pas du tout rentable. Les colis qu'on nous dépose pour expédier, c'est 15 centimes hors taxes le colis, peu importe le poids". 

Certains acceptent encore les livraisons, au prix de journées plus intenses. Les colis génèrent ainsi du passage chez Patricia Thieffry, gérante d'un magasin de vêtements à Lambersart, mais les échanges avec les clients ne sont pas toujours cordiaux : "On est une machine pour les gens, pour beaucoup, pas pour tous". Les paquets ont déjà condamné deux cabines d'essayage sur trois, elle ne voudrait pas qu'ils prennent plus de place que les vêtements.


La rédaction de TF1info | Reportage Manon Debut, Julie Michel, Charles Yzerman

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