Canicule : la France face à une nouvelle vague de chaleur

Vagues de chaleur : les Français de plus en plus friands des climatiseurs

Léa Prati | Reportage L. Kebdani, C. Diwo, V. Dépret
Publié le 4 août 2022 à 20h18, mis à jour le 5 août 2022 à 17h29
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En France, les multiples vagues de chaleurs poussent les Français à s'équiper de climatiseurs.
Ce dispositif, dont le prix se situe entre 399 et 899 euros, est aussi très polluant pour l'environnement.
En effet, il constituerait 20 % de la consommation électrique des bâtiments, selon l’Agence internationale de l’énergie.

La semaine prochaine, l'Hexagone devrait faire face à un nouvel épisode caniculaire avec des pointes à 40°C, selon Météo France. Pour y faire face, les Français sont de plus en plus nombreux à installer des climatiseurs dans leur maison. C'est le cas de Brice Rochette dont l'habitation est désormais climatisée. "On a beaucoup réfléchi par rapport au budget, mais en voyant les fortes chaleurs arriver, je pense que c'était une bonne idée", affirme-t-il. 

En effet, l'investissement est coûteux. Il a déboursé 6 500 euros pour l'installation de trois consoles dans ses chambres. "La maison étant plus bien isolée, en bas, je n'en avais pas l'utilité avec les volets fermés, ça suffit à garder une certaine fraicheur mais en haut, sous les combles, il fait très chaud", ajoute l'homme. À cause des vagues de chaleur qui touchent le pays actuellement, les installateurs croulent sous les commandes. "Avec les fortes chaleurs, nous avons beaucoup de demandes en ce moment", explique Brice Botland, frigoriste chez "Clim IDF".

En France, ces appareils séduisent de plus en plus les particuliers. 25 % des ménages étaient équipés de climatiseurs en 2020, contre 14 % en 2016, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). "En 2020, et pour la première fois, le nombre de climatiseurs vendus a dépassé les 800.000 unités alors que celui-ci était stabilisé autour de 350.000 par an précedemment", explique-t-elle dans un communiqué. L'Agence note cependant des disparités territoriales et socio-professionnelles : l'usage des climatiseurs est particulièrement plébiscité par les personnes aisées ayant des revenus importants et qui vivent dans le Sud-Est de la France. 

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Malgré tout, cette année, des climatiseurs apparaissent partout en France, même...dans le nord. À Lille, les grilles de soufflage se multiplient sur les façades. C'est un marché florissant jusque sur Internet où des appareils sont vendus à partir de 50 euros. Mais attention, il ne s'agit souvent que de rafraîchisseurs d'air. Dans ce magasin, par exemple, le premier prix pour un climatiseur tourne autour de 399 euros. Avec ça, on va avoir du froid, mais malheureusement avec un peu de bruit. Quant au climatiseur mobile complètement silencieux, son prix peut atteindre jusqu'à 899 euros. En règle générale, plus l'appareil est haut de gamme, moins il consomme d'énergie. 

Un dispositif très polluant

Mais pour beaucoup de Français, ce n'est pas qu'une question de prix. Certains utilisent la clim', d'autres cherchent des moyens plus écologiques pour se rafraîchir. En effet, au niveau mondial, les climatiseurs et les ventilateurs représenteraient, à eux seuls, 20 % de la consommation électrique des bâtiments, selon l’Agence internationale de l’énergie. Ils consomment beaucoup d'électricité et émettent beaucoup de gaz à effets de serre. En 2020, la climatisation a été responsable de 5 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment, a évalué l’Ademe.

Une alternative, plus écologique et durable existe, mais elle nécessite une logistique et un budget importants pour le gouvernement : celle de la rénovation énergétique. En effet, en France, 41% des 29 millions de résidences analysées par le service statistique du ministère de la Transition écologique seraient des passoires thermiques. Dans son programme, Emmanuel Macron avait notamment évoqué cette question. Il a promis de "rénover 700.000 logements par an,  avec des solutions proposées à tous les Français, dont certaines sans aucune avance de frais". Reste à voir ce qui sera réellement fait.


Léa Prati | Reportage L. Kebdani, C. Diwo, V. Dépret

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