Nouvelle-Zélande-Afrique du Sud : Will Jordan, le "All Black" chasseur de records

Publié le 25 octobre 2023 à 8h30, mis à jour le 28 octobre 2023 à 13h13
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Source : Rugby - Coupe du Monde

Auteur d'un triplé contre l'Argentine en demi-finale (44-6), Will Jordan survole le Mondial français.
Avec désormais huit essais au compteur, il rejoint Julian Savea, Jonah Lomu et Bryan Habana au panthéon des meilleurs marqueurs sur une édition de la Coupe du monde.
Mais, alors que les "All Blacks" défieront l'Afrique en finale, ce samedi 28 octobre (à 21H, sur TF1 et MYTF1), l'insaisissable ailier ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

La nouvelle arme fatale des All Blacks, c'est lui. Très en vue depuis le début du Mondial, Will Jordan est le symbole d'une Nouvelle-Zélande redevenue une implacable machine à gagner. Arrivée en France sans grandes certitudes, plombée par une succession de performances décevantes, la sélection à la fougère argentée a pourtant composté son billet pour la cinquième finale mondiale de son histoire. Un retour au premier plan auquel a grandement contribué l'ailier des Crusaders.

Toujours bien placé et électrique sur ses appuis, il a inscrit huit essais, dont un retentissant triplé en demi-finale contre une Argentine écrasée 44-6. Il a ainsi rejoint Jonah Lomu, Bryan Habana et Julian Savea en tête du classement des meilleurs marqueurs sur une seule édition. "C'est une grande leçon d'humilité. Ces joueurs-là, ce sont tous de grandes légendes du rugby et en particulier à mon poste. Ils ont été des pionniers du poste d'ailier, c'est vraiment incroyable", a-t-il sobrement commenté. "Je ne m'étais pas particulièrement fixé cet objectif, mais c'est super de l’avoir atteint dans cette équipe qui joue si bien."

Ça me va très bien de ne pas marquer si on est champions du monde
Will Jordan, ailier des "All Blacks"

Pas question pour autant de s'enflammer ni même de rêver trop fort d'une neuvième réalisation record contre les Springboks. Un essai qu'il aurait d'ailleurs pu inscrire en toute fin de rencontre contre les Pumas, si Richie Mo'unga n'avait pas opté pour une feinte de passe sur une action de surnombre évident. "On est tous venus ici pour gagner la Coupe du monde. Ça me va très bien de ne pas marquer si on est champions du monde. C’est un sport collectif. On est tous concentrés sur notre objectif. Avec un peu de chance, je pourrai contribuer", souligne le joueur qui compte désormais 31 essais en 30 sélections. 

Argentine-Nouvelle-Zélande (6-44) : revoir l'essai du bout du monde de Will JordanSource : Rugby - Coupe du Monde
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Si ses pépins de santé le laissent tranquille - après plusieurs commotions cérébrales, il a récemment été éloigné des terrains pendant huit mois -, le natif de Christchurch peut rêver de battre le record de Doug Howlett (49 essais avec la Nouvelle-Zélande) et de se hisser encore plus haut dans la hiérarchie des plus grands marqueurs de l'histoire de la Coupe du monde (l'inarrêtable Lomu et le supersonique Bryan Habana ont terminé à 15 reprises en terre promise dans le tournoi). 

Bien plus qu'un simple "serial marqueur"

Mais au-delà des chiffres à la finition qui tournent le tournis, Will Jordan s'illustre par son activité dans le jeu, et sa faculté à se rendre disponible sur différentes zones du terrain. "C'est un joueur à part. Vous savez que quelque chose peut se passer à chaque fois qu'il touche le ballon", salue son coéquipier Rieko Ioane. Le rugbyman de 25 ans compense son physique relativement neutre par rapport aux standards du poste (1,88 m, 91 kg) par une très bonne vision de jeu et un sens de la finition aiguisé. "Il voit les espaces et il sait très bien se positionner, donc il sait quoi faire quand il reçoit le ballon", pointe Scott McLeod, l'entraîneur en charge de la défense "kiwi". Et les dégâts sont considérables pour les défenses. Ainsi, en 48 courses depuis le coup d'envoi de la compétition (14e meilleur total), il a réalisé 12 percées (seul Damian Penaud, avec 13, fait mieux).

Il est capable de fulgurances à partir de rien
Scott MacLeod

Par ailleurs, celui qui pratique également le cricket est capable de créer des décalages par la passe et de faire vivre le ballon après avoir fait la différence, en atteste ses cinq passes après contact dans ce Mondial, ce qui en fait un joueur très complet. "J'ai toujours aimé être en soutien, être présent quand il faut et lire le jeu", met-il en avant. "C'est toujours sympa de marquer des essais, mais ce n'est pas le principal indicateur pour savoir si je joue bien. C'est plus une question d'implication dans le jeu, d'essayer de surgir et de proposer une option supplémentaire en attaque." "Si on arrive à déplacer le ballon et les défenseurs d’un côté, il faut vite lui donner le ballon car il est capable de fulgurances à partir de rien. C’est formidable", abonde Scott McLeod. 

L'ailier est d'autant plus létal qu'il dispose d'un jeu au pied loin d'être ridicule, ce qui fait peser de l'incertitude sur les arrière-gardes adverses, incapables d'anticiper ses futurs mouvements. Comme Damian Penaud, il maîtrise à la perfection le petit coup de pied à suivre pour lui-même, ce qui permet de ménager des espaces dans de tout petits périmètres, comme lors de son troisième essai face à l'Argentine. Face à l'Afrique du Sud, samedi 28 octobre (à 21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info), Will Jordan trouvera certainement davantage de répondant, avec notamment les supersoniques Cheslin Kolbe et Kurt-Lee Arendse. Mais ce ne sera sans doute pas pour lui déplaire. 


Maxence GEVIN

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