Irlande - Nouvelle-Zélande : injouable le "Trèfle", vraiment ?

Publié le 8 octobre 2023 à 13h26
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Source : Rugby - Coupe du Monde

L'Irlande a justifié sur le pré son statut de favorite pour le titre mondial, en écrasant l'Écosse (36-14), samedi 7 octobre.
Tout-puissant dans sa poule, le "Trèfle" a laissé une impression d'invincibilité, de puissance et de maîtrise, à l'aube des matchs couperet.
De là à dire que l'équipe est imbattable ?

Qualifiée, invaincue et première de "la poule de la mort"... N'importe quelle équipe, dite normale, bomberait le torse. Pas l'Irlande, ou plutôt pas son sélectionneur Andy Farrell. Lui juge son "Trèfle" encore perfectible, même après sa balade écossaise (36-14), samedi 7 octobre. "Notre attaque a été très bonne, la meilleure depuis un moment", a analysé l'ancien treiziste, passé au XV en 2005, satisfait de la partition offensive des siens (six essais). "Notre défense était bonne depuis quelque temps, mais elle a encore progressé après 17 semaines passées ensemble. Il n'y a pas de secret. (...) On a fait une première mi-temps qui était à la fois imparfaite et parfaite, puisqu'on a absorbé la pression pour finalement les contrer au bon moment." 

"J'ai entendu Gregor Townsend (le sélectionneur de l'Écosse, ndlr) dire que nous allions continuer à dominer le rugby pendant les 10 prochaines années. Je constate que nous progressons, pas à pas, mais nous ne voyons pas si loin. Nous avons encore à progresser, à nous améliorer dans plusieurs secteurs", a assuré le père de l'ouvreur anglais Owen Farrell. "Nous n'avons pas trouvé la formule magique (sourire). (...) Je ne pense pas que nous ayons encore joué notre meilleur rugby."

Je ne les ai jamais vus aussi bien jouer
Gregor Townsend, sélectionneur du "XV du Chardon"

Des paroles qui ont de quoi surprendre, alors que la bande à Jonathan Sexton, sûre de sa force et de son jeu, a supplanté sa poule. Une supériorité visible dans les chiffres : 19 points pris sur 20 possibles, 47 points marqués et 11 encaissés en moyenne. Mais aussi sur le pré, où les Irlandais ont dégagé une impression d'invincibilité, de puissance et de maîtrise. Et ce quel que soit l'adversaire qui s'est présente face à eux : de la faiblarde Roumanie (82-8) au choc au sommet de la poule B contre les champions du monde sud-africains (8-13), en passant par les outsiders tongiens (59-16) et écossais (36-14).

Irlande-Écosse : revoir tous les essaisSource : Rugby - Coupe du Monde
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"Ils sont les meilleurs au monde et ce n'est pas pour rien", a tranché Gregor Townsend, qui a vu son "Chardon" être effeuillé, au rythme d'interminables séquences (18 temps de jeu) sapées par le "Trèfle". "On a eu pas mal de phases de jeu, mais ils ont su maintenir leur système. (...) On sort contre la meilleure équipe du monde. On pensait pouvoir les battre, mais ils ont été excellents ce soir. Je ne les ai jamais vus aussi bien jouer." Un sentiment partagé par le capitaine scot, Jamie Ritchie : "Ils sont tous investis à fond dans le projet de jeu, ils sont très précis, ils exécutent parfaitement les choses simples autour des zones plaqueur-plaqué, ils défendent parfaitement en bloc et ils sont très durs dans les rucks. Je crois que je ne les ai jamais vus évoluer à un tel niveau."

Après avoir lu ou écouté ça, on en vient à se demander si le vainqueur de la Coupe du monde n'est pas juste sous nos yeux. Si l'incertitude du résultat fait la beauté du sport, les clignotants sont tous au vert pour le "Trèfle", avant son quart de finale contre les All Blacks, samedi 14 octobre (à 21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info). Tombeurs de l'Écosse, les coéquipiers de Josh van der Flier, le meilleur joueur du monde 2022, restent sur une série de 17e victoires consécutives, à une unité du record (18 succès d'affilée) codétenu par la Nouvelle-Zélande en 2016 et l'Angleterre en 2017.

Une marque que les Irlandais peuvent égaliser, ou peut-être dépasser en demi-finales, à condition de relever "le plus grand challenge du rugby", dixit leur maître à jouer Jonathan Sexton. "Il n'y a pas plus compliqué que ce match. Pour un quart de finale, on ne pouvait imaginer une opposition plus difficile", a souligné le coach irlandais Andy Farrell, qui laisse volontiers l'habit de favori aux Néo-Zélandais, les derniers à avoir terrassé l'Irlande (19-42), le 2 juillet 2022. Ces mêmes All Blacks qui les avaient botté en touche, il y a quatre ans, lors de leur affrontement en quarts de finale (tiens, donc) du Mondial japonais. 


Yohan ROBLIN

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