Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud, la finale des vieux briscards

Publié le 28 octobre 2023 à 9h00

Source : Sujet TF1 Info

Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud s'affrontent en finale de la Coupe du monde, ce samedi (21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info), au Stade de France.
Un choc entre les deux meilleures équipes de l'Histoire mais surtout entre deux monstres d'expérience, les deux XV de départ totalisant plus de 900 sélections.

Près de 2000 capes sur le pré. Pour la deuxième fois de l'Histoire, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande s'affrontent en finale de la Coupe du monde, ce samedi 28 octobre (21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info). Une opposition de styles de jeu et deux palmarès impressionnants. Mais un aspect est souvent mésestimé au moment d'évoquer le contexte de cette rencontre qui fait saliver (quand bien même le XV de France n'y est pas invitée) : en plus de leurs ADN de gagnants (ils comptent chacun trois trophées de champions du monde) All Blacks et Springboks ont en commun une énorme expérience. C'est simple : ils ont déjà tout connu au plus haut niveau.

Un pack "sud-af" presque inchangé par rapport à 2019

D'un côté, le XV de départ de Jacques Nienaber affiche 987 sélections au compteur. À titre de comparaison, lors de la précédente confrontation entre les deux nations à ce stade de la compétition, les titulaires sud-africains ne totalisaient que... 173 sélections. S'appuyant sur l'ossature championne du monde quatre ans plus tôt - 10 joueurs étaient déjà titulaires lors de la finale contre l'Angleterre -, la nation arc-en-ciel est composée de joueurs qui connaissent parfaitement leur rôle et le chemin vers la victoire dans les matchs couperets. "C’est une équipe qui s’est développée, qui a de l’expérience, qui a grandi ensemble, ce n’est plus l’équipe d’il y a quatre ans", juge l'ailier Cheslin Kolbe

De ce point de vue, le pack est particulièrement effrayant. Dans le sillage d'Eben Etzebeth (118 apparitions au niveau international), les avants "Boks", qui sont tous trentenaires, sont installés depuis très longues années. Personne ne totalise moins de 60 capes dans le huit de devant, le moins expérimenté étant Bongi Mbonambi (67). À noter que le flanker Siya Kolisi s’apprête à devenir le capitaine le plus capé de l’Afrique du Sud en Coupe du Monde de rugby, en dépassant John Smit et ses 12 sélections avec le brassard. 

Seuls Cheslin Kolbe (30 sélections), Kurt-Lee Arendse (14) et Damian Willemse (38), qui forment le triangle arrière, n'ont pas passé la barre symbolique des 50 rencontres disputées en sélection nationale. D'ailleurs, si elle n'a pas toujours été titulaire pendant le tournoi, la charnière composée de Faf De Klerk (54 matchs) et Handré Pollard (68), qui va vivre sa 25e association, se connaît par cœur et sait comment appréhender de tels rendez-vous. Au global, 14 des 23 joueurs présents sur la feuille de match ce samedi briguent leur deuxième titre mondial.

Quatre "centurions" chez les "Kiwis"

En face, la formation de Ian Foster n'est pas en reste puisqu'elle totalise 981 sélections au coup d'envoi. "Nous avons trouvé un bon équilibre entre ceux qui sont déjà passés par là et ceux qui n'y sont jamais passés. Le fait d'avoir des gens qui ont été là pour transmettre certains enseignements s'est révélé précieux", assure le sélectionneur.

Trois "centurions" sont lancés d'entrée, en les personnes de Beauden Barrett (122 sélections), Aaron Smith (124) (les deux hommes ont longtemps formé la charnière avant que le premier nommé ne soit décalé à l'arrière) et Brodie Retallick (108). Le capitaine Sam Cane compte, lui, 94 capes. Coïncidence surprenante, c'est encore sur les ailes que l'on retrouve les joueurs avec le moins de vécu sur la scène internationale : Mark Tele'a va vivre sa 9e cape seulement, Will Jordan sa 31e. Une relative inexpérience qui ne les empêche pas de mettre les défenses au supplice (ils comptent 37 essais internationaux à eux deux). 

En parallèle, même si elle peut compter sur Codie Taylor et ses 84 apparitions avec le maillot à la fougère, la tenue de la mêlée des Blacks sera à suivre de près, d'autant plus qu'il s'agit de l'un des gros points forts de l'Afrique du Sud. Les piliers Tyrel Lomax (31 matchs) et Ethan De Groot (21) n'ont pas encore le même vécu, ce qui peut se révéler problématique à un poste qui demande technique et vice. Même chose pour le régulateur de la touche "kiwi", Shannon Fritzell, qui s'est révélé sur le tard et qui ne compte encore que 32 sélections du haut de ses 29 ans.

Sam Whitelock, la légende qui va faire la différence ?

Pour ce qui est du groupe des 23 joueurs dans son ensemble, cinq d'entre eux étaient déjà présents lors de la dernière finale mondiale (et du dernier titre) des hommes en noir, en 2015. Il s'agit de Beauden Barrett, Brodie Retallick, Aaron Smith, Sam Cane et de Sam Whitelock. S'il débute sur le banc ce week-end, le futur Palois n'en reste pas moins un véritable monument de son équipe nationale - il compte 152 sélections, deuxième plus haut total de l'Histoire derrière le Gallois Alun Wyn Jones (158) -, dont l'apport dans la dernière demi-heure pourrait se révéler crucial. En cas de victoire, il deviendra le premier rugbyman de l'Ovalie à compter trois titres planétaires. Le centre Anton Lienert-Brown (69 capes), le pilier Nepo Laulala (52) et l'ouvreur Damian McKenzie (46) devraient également jouer un rôle important. 

Une expérience à tous les niveaux qui pourrait faire la différence dans les moments clés de la finale (et dont la France a probablement manqué pour l'emporter en quarts de finale...).


Maxence GEVIN

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