Argentine-Nouvelle-Zélande : le jour (pas si lointain) où... les "Pumas" ont enfin battu les "All Blacks"

Publié le 19 octobre 2023 à 9h30, mis à jour le 20 octobre 2023 à 9h52

Source : Sujet TF1 Info

Qualifiée en demi-finale de la Coupe du monde, à la surprise générale ou presque, l'Argentine ne veut pas s'arrêter de rêver.
Mais il faudra pour cela triompher des redoutables All Blacks.
S'ils n'ont historiquement que rarement inquiété les Néo-Zélandais, les joueurs de Mickaël Cheika peuvent s'appuyer sur l'exploit fondateur du 14 novembre 2020.

Montagne noire en vue. Décevante dans le jeu depuis le début de la compétition - la faute notamment à de trop nombreux en-avants -, l'Argentine a fait parler son cœur et sa grinta pour se hisser dans le dernier carré de la Coupe du monde. Le pays de Galles en a fait les frais, déjouant totalement au pire des moments. "On est très heureux d’aller à Paris, on n’y a pas encore joué (dans ce tournoi). Je sais qu’on ne sera pas favoris en demi-finale mais on va tout donner", lance Mickaël Cheika, l'architecte de ces Pumas qui viennent de remporter, après un revers initial contre l'Angleterre (27-10), quatre succès consécutifs pour la première fois depuis... 2015. Et il faut remonter à 2012 pour retrouver trace d'une série de cinq victoires consécutives. 

Mais pour s'adjuger un nouveau succès (vendredi 20 octobre, 21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info) - et rallier la première finale mondiale de leur histoire -, c'est un tout autre animal qu'il faudra dompter : les mythiques All Blacks, qui ont retrouvé toute leur superbe en éliminant l'Irlande, première nation mondiale, au terme d'un match épique (28-24). Dominés par la France en ouverture (27-13), les coéquipiers de Sam Cane sont progressivement montés en puissance et font désormais office de véritable épouvantail dans cette Coupe du monde 2023. 

Nicolas Sanchez, héros de tout un peuple le 14 novembre 2020.
Nicolas Sanchez, héros de tout un peuple le 14 novembre 2020. - DAVID GRAY / AFP

Pourtant, toutes les failles de cette équipe qui a traversé une longue période de doute n'ont pas disparu du jour au lendemain. Et si le défi est immense, il est à la taille d'Argentins qui se sont offerts le droit de disputer le "match le plus important de l’histoire des Pumas", comme le souligne Matías Moroni. Sans complexe, le centre de Newcastle et ses coéquipiers vont tenter de reproduire la même performance que celle qui leur avait permis de faire tomber les joueurs à la fougère pour la première fois de leur histoire. 

Un exploit signé Nicolas Sanchez

Remontons à novembre 2020, le samedi 14 très exactement. Dans un contexte sanitaire tendu, en raison de la pandémie de Covid-19, le Rugby Championship - tournoi annuel des quatre grandes nations rugbystiques de l’hémisphère sud - est exceptionnellement réduit à trois sélections. L'Afrique du Sud est écartée, l'Australie et surtout l'Argentine et la Nouvelle-Zélande sont, elles, bien présentes. Et c'est donc en terrain neutre, à Sidney (Australie), que Pumas et All Blacks croisent le fer. C'est écrit, comme tous les ans depuis 1985 - et un match nul 21-21 à Buenos Aires - les hommes à la fougère vont l'emporter sans trembler... 

Seulement, la troupe de Julian Montoya ne l'entend pas de cette oreille. Entreprenante, pragmatique et efficace dans le jeu au sol, elle prend rapidement l'avantage par la botte de l'héroïque Nicolas Sanchez - auteur de l'ensemble des 25 points des siens ce jour-là - et par un essai de l'ouvreur, à la réception de son petit coup de pied intelligent par-dessus la défense (10-3, 19'). Costauds sur les longues séquences de possessions adverses, les Argentins se nourrissent de la moindre faute néo-zélandaise pour creuser l'écart avant la mi-temps (16-3). 

Le complexe d'infériorité a volé en éclat

Au retour des vestiaires, la réaction de la bande à Beauden Barrett - dont une large ossature compose le groupe présent à cette Coupe du monde - ne tarde pas. Le puissant troisième ligne Sam Cane termine en terre promise après un ballon porté destructeur (19-10, 53'). Mais les Sud-Américains restent solidaires et continuent de concrétiser leurs temps forts par le pied précis de leur ouvreur. L'ancien joueur du Stade Français plante le dernier clou dans le cercueil noir d'un énorme coup de pompe à plus de 50 mètres des perches (25-10, 78'). 

Le baroud d'honneur des hommes d'Ian Foster - et l'essai de Caleb Clarke après une pénalité vite jouée - n'y change rien. Au coup de sifflet final d'Angus Gardner - clin d'œil du destin, il officiera de nouveau ce vendredi -, la Nouvelle-Zélande s'incline (15-25). Et les larmes de Mario Ledesma, le sélectionneur argentin de l'époque, remplacé depuis, suffisent à comprendre la valeur et la portée de ce succès. 

La large défaite deux semaines plus tard (38-0) contre ces mêmes Blacks est presque anecdotique. L'essentiel est ailleurs : les Pumas sont désormais capables, dans un grand jour, de dévorer les All Blacks, ce qu'ils ont d'ailleurs accompli une nouvelle fois en 2022 (avec un court succès 25-18). Le temps où ils s'avançaient en victime expiatoire est révolu. "On a été la première équipe d’Argentine à battre la Nouvelle-Zélande, c’est la preuve qu’on peut battre n’importe qui. On a confiance en notre équipe et nos joueurs. C’est le moment de sortir le match de notre vie et de tout donner", lance ainsi le talonneur et capitaine Julian Montoya. Les "Kiwis" le savent mieux que personne. 


Maxence GEVIN

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