Nienaber-Erasmus : l'improbable tandem de coachs à la tête des Springboks

Publié le 27 octobre 2023 à 8h30
Nienaber-Erasmus : l'improbable tandem de coachs à la tête des Springboks

Face à la Nouvelle-Zélande, les Springboks vont tenter de défendre leur titre de champion du monde, samedi 28 octobre (à 21h, en direct sur TF1 et MYTF1), pour la finale de la Coupe du monde.
Une victoire signerait un deuxième sacre d'affilée pour la sélection sud-africaine et pour le duo à sa tête, le sélectionneur Jacques Nienaber et le directeur sportif Rassie Erasmus.
Un tandem de coachs improbable, passés maîtres dans l'art du contre-pied.

L'image a fait réagir. En demi-finale de la Coupe du Monde de rugby, alors que l'Afrique du Sud était menée par l'Angleterre et ne parvenait pas à trouver de solution pour prendre à nouveau l'avantage, trois membres du staff se sont tournés vers le banc du sélectionneur pour déterminer la marche à suivre. Mais Jacques Nienaber n'est pas celui qui donne les instructions. Au contraire, tous les regards étaient tournés vers Rassie Erasmus, clairement aux commandes, malgré son rôle de directeur sportif, dont les responsabilités sont normalement plus larges. Une image qui illustre toute la complexité de ce tandem de coachs, à la tête des Springboks depuis 2018.

Une même vision du rugby

La complicité entre les deux hommes n'est pas nouvelle. Nés la même année, en 1972, Jacques Nienaber et Rassie Erasmus se rencontrent à l'armée, à Bloemfontein, au début des années 1990. Mais c'est à l'université - Erasmus est alors capitaine et Nienaber physiothérapeute - qu'ils se rapprochent autour d'une même vision du rugby. Un point commun qui va les amener à ne plus se quitter.

Après une solide carrière en tant que 3e ligne avec les Springboks et en clubs, Johan Rassie Erasmus devient coach et débute auprès du club des Cheetahs, en Afrique du Sud. Entraineur, il fait intégrer son complice Jacques Nienaber en tant que préparateur physique. Celui-ci devient ensuite entraineur de la défense des Stormers quand Rassie Erasmus passe coach de cet autre club sud-africain. Le duo poursuit ensuite sa route en Irlande, où ils intègrent le staff du Munster pour une saison. En 2018, Rassie Erasmus est nommé à la tête de l'équipe de l'Afrique du Sud et c'est évidemment aux côtés de son acolyte qu'il décide de relever le défi de remettre à niveau des Springboks, moribonds, un an avant le Mondial japonais.

Un duo passé maitre de la stratégie

Pour cela, les deux inséparables parent au plus pressé, élaborant un plan de jeu minimaliste, mais ultra-efficace. Un choix qui se relève gagnant puisque après avoir perdu leur match de poule contre la Nouvelle-Zélande, les Springboks se hissent jusqu'en finale et remportent le titre, le troisième de l'histoire de la sélection. Un sacre que l'Afrique du Sud compte bien défendre ce samedi 28 octobre, lors de la finale de la Coupe du monde de rugby. Et si Erasmus et Nienaber sont toujours à sa tête, les rôles ont entre-temps un peu évolué.

Atteint d'un cancer, Rassie Erasmus a effectivement dû laisser les rennes de la sélection à son adjoint et compère, pour être nommé directeur sportif du rugby sud-africain. Un rôle qui l'amène à superviser les équipes de rugby féminines et les jeunes, en plus du XV masculin. Malgré tout, l'ancien coach garde un rôle prépondérant au sein des Springboks et les deux hommes continuent à travailler ensemble, engrangeant toujours des succès.

Car au fil de leur carrière, le duo va peu à peu passer maître dans l'élaboration d'innovations stratégiques et de nouvelles tactiques pour bousculer leurs adversaires. Le staff de l'Afrique du Sud a notamment surpris le mois dernier avec un banc à sept avants, pour un seul arrière, lors de la victoire éclatante sur la Nouvelle-Zélande (35-7) en fin de préparation. Un choix qu'ils ont reproduit contre l'Irlande puis pour cette finale, à nouveau contre la Nouvelle-Zélande. "Pour bien connaitre l'Afrique du Sud et son staff, s'ils sont champions du monde, c'est qu'ils ont une approche tactique très pointue et très réfléchie. Ils sortent toujours une stratégie, un plan très bien étudié par rapport à l'adversaire. Ce n'est jamais le hasard qui les pousse à aligner une équipe", avait reconnu le sélectionneur français, Fabien Galthié, avant le quart de finale perdu par les Bleus.

Autre innovation, la mise en place d'un système de communication grâce à des phares colorés depuis la tribune jusqu'au bord du terrain. Rassie Erasmus a également pu faire office de porteur d'eau lors de certains matchs, se retrouvant au plus près des joueurs. Des choix, parfois à la limite des règles, qui ont pu surprendre, voir agacer les adversaires des Springboks.

Qu'importe pour l'Afrique du Sud, à fond derrière un tandem qui ne sera bientôt plus. En effet, le sélectionneur de l'Afrique du Sud, Jacques Nienaber, doit quitter ses fonctions à l'issue du Mondial pour retourner en Irlande et intégrer le staff du Leinster. Rassie Erasmus, lui, devrait rester du côté de la Fédération sud-africaine de rugby. Leurs routes vont donc se séparer. Autour d'un dernier sacre ? Un ultime défi pour le duo, à relever ce 28 octobre au stade de France.


Aurélie LOEK

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