Le XV de France échoue en quarts de finale de la Coupe du monde

Match "serré", équipes séduisantes, opportunité en or... Pourquoi on vous conseille le match Géorgie-Portugal

Publié le 23 septembre 2023 à 9h00, mis à jour le 23 septembre 2023 à 9h10

Source : TF1 Info

Tous deux défaits lors de leur entrée en lice dans cette Coupe du monde, le Portugal et la Géorgie s'affrontent ce samedi (14h) au Stadium de Toulouse.
Un duel prometteur tant les deux formations n'ont pas hésité à envoyer du jeu lors de leurs matchs respectifs contre le pays de Galles et l'Australie.
Voici pourquoi vous ne devriez pas manquer ce face-à-face entre outsiders.

C'est une rencontre qui ne paye pas de mine, l'une de celle que l'on écarte souvent d'un revers de main en attendant un choc plus alléchant. S'il n'oppose pas deux équipes au nom ronflant et encore moins deux favoris à la victoire finale, ce Géorgie-Portugal n'en reste pas moins alléchant.

Tous deux défaits lors de leur entrée en lice, respectivement contre l'Australie (35-15) et le pays de Galles (28-8), ces deux équipes, qui disputent le Rugby Europe Championship (l'équivalent du deuxième échelon du Tournoi des Six Nations), se connaissent par cœur. Depuis 1997, elles se sont affrontées pas moins de... 24 fois. 

Le bilan penche largement en faveur des Lelos, qui n'ont plus perdu contre les Lusitaniens depuis 2005 (soit 17 rencontres). Mais ce décompte peu flatteur ne doit pas faire oublier que le duel s'est souvent révélé très équilibré. Les deux dernières confrontations en attestent : un match nul (25-25) puis une courte victoire des Géorgiens (23-14), notamment grâce à un essai du jeune Davit Niniashvili à la dernière minute. 

Une opportunité en or

La Géorgie (13e au classement World Rugby) et le Portugal (16e) disposent d'une opportunité en or de remporter un match de Coupe du monde, ce qui est loin d'être un détail. La première, présente au grand-rendez de l'Ovalie pour la sixième fois de son histoire, n'a gagné qu'à cinq reprises dans la compétition (pour 15 défaites). De leur côté, les Portugais ne disputent que leur deuxième Mondial, après leur première apparition en 2007, déjà en France. À cette occasion, ils n'étaient pas parvenus à lever les bras. Ils ambitionnent donc de décrocher leur tout premier succès à ce niveau, ce qui ne sera pas de trop pour tenter de démocratiser ce sport dans un pays qui vit au rythme du football. 

Dans une poule C relevée et incertaine, le vainqueur de ce match pourra toujours rêver de jouer les troubles fêtes dans la course à la très précieuse troisième place, qualificative pour la Coupe du monde 2027. Quoi qu'il en soit, ce bras de fer s'annonce des plus indécis. "Les gens s’attendent à un match serré. Mais c’est clair que le match va se gagner devant, d’où notre banc en "6-2" (six avants, deux arrières, ndlr). On va devoir être solides mais on veut gagner", annonce d'ailleurs le capitaine portugais Tomás Appleton, chirurgien dentiste dans la vie de tous les jours. 

La Géorgie a des choses à se faire pardonner

Après son large revers contre une Australie pas franchement emballante, les Géorgiens veulent montrer qu'ils valent mieux que ça, eux qui tentent depuis plusieurs années d'obtenir une admission au sein du Tournoi des Six Nations. 

S'appuyant sur un très bon paquet d'avant et une conquête habituellement solide, les coéquipiers du capitaine Merab Sharikadze ont aussi des arguments à revendre derrière. Ils peuvent, en effet, compter sur des profils explosifs et créatifs, à l'instar de Vasil Lobzhanidze ou de la petite bombe Davit Niniashvili. L'ancien adjoint de Philippe Saint-André en équipe de France, Patrice Lagisquet ne s'y trompe d'ailleurs pas. "J’aime beaucoup le style de rugby (des Géorgiens). Ils font un super travail et c’est un modèle pour le Portugal", salue-t-il. 

Giorgi Kveseladze contre l'Australie.
Giorgi Kveseladze contre l'Australie. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Séduisants par séquences, ils vont devoir faire preuve de beaucoup plus de précision au moment de conclure les actions, et se montrer plus propres sur les fondamentaux, pour espérer exister jusqu'à la fin de la phase de poules (et plus, si affinités). Les 

treize pénalités concédées contre les joueurs d'Eddie Jones sont, par exemple, nettement au-dessus des standards internationaux. 

"On était déçus après l’Australie. Nous n’avons pas pu bien gérer le match et avons, à plusieurs reprises, commis des erreurs tactiques, notamment au pied", analyse le sélectionneur géorgien, Levan Maisashvili. "Il y a eu un clair manque de discipline causé par la mauvaise gestion de notre jeu", ajoute-t-il. 

Le Portugal, la belle surprise de ce début de tournoi

Dernière équipe à avoir composté son billet pour ce Mondial, à la faveur d'un match nul contre les États-Unis (16-16) lors de l'ultime tournoi de qualification, le Portugal a étonné son monde en jouant sans aucun complexe contre un pays de Galles, qui ne s'attendait sans doute pas à pareille opposition. Les 373 mètres parcourus ballon en main, 53 franchissements de la ligne d'avantage, 14 défenseurs battus et huit passes après contact témoignent des velléités offensives des Lobos. L'essai du troisième ligne Nicolas Martins après une jolie combinaison en touche démontre aussi le travail effectué sur des lancements offensifs variés.  

La joie des Portugais après leur essai marqué.
La joie des Portugais après leur essai marqué. - CHRISTOPHE SIMON / AFP

"On a une équipe qui a un potentiel pour jouer un jeu d’attaque et pas pour jouer comme l’Angleterre. Je ferais fausse route si je tentais de contenir l’enthousiasme de mon équipe. Il faut prendre des risques, quitte à en payer les conséquences. On finira par trouver les solutions. Il ne faut pas brider l’identité du rugby portugais", souligne le sélectionneur Patrice Lagisquet. "On montre des choses intéressantes dans la construction mais on n’arrive pas à concrétiser. Le score est lourd par rapport à notre progression", continue-t-il, alors qu'une part importante de son effectif évolue toujours au niveau amateur. 

"C’est une équipe qui m’impressionne beaucoup. Ils ont fait des progrès incroyables depuis 2007. Quand on regarde l’équipe de l’époque et l’équipe actuelle", abonde Joe Worsley, entraîneur-adjoint du côté de la Géorgie. "On ne se fait pas de films, on sait qu’on va jouer contre une grosse équipe qui joue vite, avec de très bons joueurs", conclut-il. Reste désormais à voir qui tirera son épingle du jeu. 


Maxence GEVIN

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