Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud : le jour où... l'arbitre Wayne Barnes a failli tout arrêter

Publié le 25 octobre 2023 à 16h30, mis à jour le 28 octobre 2023 à 13h12
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Source : Rugby - Coupe du Monde

Wayne Barnes a été choisi par World Rugby pour arbitrer la finale de la Coupe du monde entre Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud.
Une consécration pour l'Anglais de 44 ans à la carrière bien remplie.
Tout aurait pourtant pu se briser en 2022, au lendemain d'un match au Vélodrome de Marseille.

Il aurait pu en être totalement autrement. World Rugby a annoncé lundi que Wayne Barnes serait au sifflet de la finale de la Coupe du monde 2023 entre les All Blacks et les Springboks, samedi 28 octobre (21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1Info). Un match à part qui représente l'apogée d'une carrière pour tous les joueurs qui y participent mais également pour le corps arbitral, comme le souligne le principal intéressé qui parle du "plus grand honneur de sa carrière". Pourtant, l'Anglais de 44 ans qui collectionne les records - il s'agit du 111ᵉ match international dans lequel il officie, personne ne fait aussi bien -, aurait très bien pu ne jamais connaître ce grand jour. 

Remontons au 12 novembre 2022. Au terme d'un match d'une grande intensité, et d'une rare violence, le XV de France s'impose de justesse contre l'Afrique du Sud (30-26), championne du monde en titre. Bouillant, le Vélodrome de Marseille explose au coup de sifflet final. Au lendemain de la défaite des siens, le sélectionneur des "Boks" se fend, lui, d'un message acide sur les réseaux sociaux. "Nous devons juste corriger ces erreurs fondamentales comme la technique de plaquage et les passes simples. Désolé, nous savons", ironise-t-il, vidéo de supposées erreurs d'arbitrage à l'appui. Dans la foulée de cette sortie incendiaire, qui coûtera deux matchs de suspension au technicien, s'ensuit un flot de critiques et de haine à l'encontre de Wayne Barnes et de ses proches, notamment en ligne. Le natif du Gloucestershire reçoit même des menaces. 

Menaces de mort et d'agression sexuelle

À la suite de cet épisode, le maître du jeu qui va connaître ce week-end son 27ᵉ match de Coupe du monde en cinq éditions, là encore un record, songe à raccrocher les crampons, ou plutôt le sifflet. "Bien sûr que j'ai remis en question mon avenir d'arbitre", confie-t-il dans le podcast "The Good, The Bad and The Rugby", un mois plus tard. "Lorsque vous avez fait 100 apparitions (sur la scène internationale), vous pensez pouvoir vous préparer à la plupart des choses. Vous ne pouvez pas vous préparer à cela", explique-t-il, affirmant avoir vécu "deux semaines très difficiles". Au point de songer à "revenir à temps plein" au sein du cabinet d'avocats dont il fait partie, en dehors des terrains de rugby. 

On ne pouvait même plus voir la ligne tellement c'est allé loin
Wayne Barnes

Il n'en est finalement rien. Mais, même s'il est devenu la tête d'affiche de l'arbitrage après les retraites de grands noms, comme Jérôme Garcès ou Nigel Owens, il ne cache pas que cette période a eu un impact considérable sur lui et sur ses proches. "Les critiques sur les réseaux sociaux se transforment rapidement en abus. C'est le monde dans lequel nous vivons. Mais c'est moi qui décide d'être arbitre, d'être sur ces plateformes. Polly, ma compagne, n'y est pour rien dans cela. (Or), rapidement, des insultes ont commencé à être proférées à son encontre. Puis, il y a eu des menaces de violence sexuelle et des menaces contre les enfants", explique-t-il. 

"Je ne vois pas d'inconvénient à ce que les gens critiquent ma performance. Mais cette fois, ce n'est pas seulement une ligne qui a été franchie. On ne pouvait même plus voir la ligne tellement c'est allé loin", déplore encore l'expérimenté officiel.

C'est donc probablement avec une excitation mêlée d'une certaine angoisse qu'il aborde cette finale, dans un Mondial qui n'a, en plus, pas été avare en polémiques autour de l'arbitrage. D'ailleurs, outre les Sud-Africains, il retrouvera aussi les Néo-Zélandais, qu'il a déjà croisé en quarts de finale mais avec lesquels il nourrit aussi un certain contentieux. 

Au début de sa carrière internationale, qu'il a entamée à 25 ans, du jamais-vu, il a subi de multiples menaces après avoir arbitré le quart de finale entre les Bleus et les All Blacks en 2007 (une victoire tricolore 20-18 entachée d’un en-avant sur l'un des essais marqués). À l'époque, il a même fait l'objet d'une protection policière. Autant dire que la moindre de ses décisions sera scrutée de près samedi...


Maxence GEVIN

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