"Ces hymnes ont surpris, voire déstabilisé" : après les critiques, les chants en canon avant les matchs du Mondial de rugby vont s'arrêter

Publié le 12 septembre 2023 à 23h54, mis à jour le 13 septembre 2023 à 14h57

Source : TF1 Info

Vivement critiquée depuis le coup d'envoi du Mondial de rugby, l'interprétation des hymnes va être réarrangée et réorchestrée.
L'effet en canon, qui a fait jaser lors de la première journée de la phase de poules, va être abandonné par les organisateurs.
Chaque Fédération pourra choisir entre un hymne revisité, toujours chanté des enfants, ou bien une version plus classique.

Cela partait d'une bonne intention. Sauf que le résultat n'aura pas été celui escompté. Depuis le coup d'envoi du Mondial de rugby, donnée avec le choc d'ouverture France-Nouvelle-Zélande (27-13), l'interprétation des hymnes, chantés en canon et a cappella par les enfants de "La Mêlée des Chœurs", n'a pas trouvé grâce aux yeux du public. Bien que louable, cette initiative, reconduite tout au long de la première journée de la phase de poules, a été jugée peu harmonieuse voire inaudible. 

"On ne peut pas faire chanter les hymnes normalement, s'il vous plaît ?", s'était offusqué l'ancien centre italien du Stade français, Mirco Bergamasco, après un "Fratelli d'Italia" sans saveur avant Italie-Namibie. "Le plus important sont les joueurs... c'est un moment unique." "Ça ne ressemblait pas à notre hymne", s'était emporté, pour sa part, le "Monsieur rugby" de Sky Sport, Francesco Pierantozzi. "D'accord pour faire quelque chose de différent, mais, dans un hymne, il y a de la solennité, de l'émotion qui donnent (...) de l'essence pour disputer le match. C'était un fiasco..."

Un manque d'harmonie qui est revenu jusqu'aux oreilles de World Rugby. Après de longs échanges, lundi 11 septembre, avec France 2023 et la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, il a été décidé en accord de réarranger et de réorchestrer les hymnes en supprimant l'effet canon, qui a tant déplu. "Ces hymnes ont surpris, voire déstabilisé les fans traditionnels habitués à des versions différentes. Nous sommes attentifs à ces retours négatifs", a assuré le patron France 2023, Jacques Rivoal, lors d'un point-presse organisé, mercredi 13 septembre, à Roland-Garros. 

Nous sommes en train de finaliser des versions retravaillées, simplifiées
Jacques Rivoal, patron de France 2023

"Dans un souci d'apaisement sur ce sujet, qui est un sujet très sensible, nous sommes en train de finaliser des versions retravaillées, simplifiées, tout en préservant la voix des enfants. Ces versions n'auront plus de passages en canon, qui déstabilisaient les auditeurs", a-t-il confirmé. "France 2023 essaie de trouver une solution intermédiaire mais en l'état, la Marseillaise en canon, ce n'était pas idéal et ça a fait une cacophonie qui n'était pas adaptée. Ils essaient de trouver une solution, sachant qu'il y a eu des hymnes où ça s'est très bien passé", avait fait savoir la veille à l'AFP une source proche des instances, confirmant une information de L'Équipe.

À partir de France-Uruguay, jeudi 14 septembre (à 21h, en direct sur TF1, MYTF1 et en live commenté sur TF1info), chacune des vingt Fédérations pourra choisir comment elle veut que son hymne soit interprété. Elle pourra opter soit pour une version plus classique, soit pour une version toujours chantée par des enfants, mais désormais enregistrée avec un tempo plus rapide pour gagner en intensité. "Ce travail préserve les voix des enfants", a justifié Julien Collette, directeur général du comité d'organisation de France 2023, qui a promis que "les enfants dont on entendra les voix seront présents dans les stades." 

"Les retours des premières nations consultées sont positifs par rapport au retravail que nous avons engagé", a-t-il assuré, défendant le parti pris initial de France 2023, qui avait reçu le feu vert de chaque Fédération. "L'effet repris en chœur par les 80.000 fans du Stade de France a créé un peu de confusion dans l'expérience et nous a incités à prendre cette décision de permettre à l'ensemble des spectateurs, aux équipes de bénéficier d'une version plus en phase avec les attentes, à savoir reprendre l'hymne en chœur sans avoir cet effet de juxtaposition de voix." De l'art du compromis.


Yohan ROBLIN

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