Après un premier acte convaincant, l'équipe de France s'est liquéfiée au retour des vestiaires face à une Écosse remontée et poussée par son public (21-25).Les Tricolores, largement remaniés, ont montré de belles promesses face à un XV du Chardon qui alignait son équipe type.D'un autre côté, certains joueurs en ballotage pour la prochaine Coupe du monde ont tout de même perdu des points.
Contrairement à la plupart des autres équipes, le staff de l'équipe de France a choisi de travailler avec un groupe élargi de 42 joueurs pour la préparation à la Coupe du monde. L'idée est de procéder à la revue d'effectif la plus large pour établir l'ensemble des options possibles sur les différents postes.
Dans cette optique, Fabien Galthié a composé une équipe largement remaniée, avec les principaux cadres au repos, pour se déplacer en Écosse lors du premier test-match samedi 5 août. Malgré un premier acte maîtrisé, les Bleus ont totalement perdu le fil au retour des vestiaires, n'inscrivant aucun point, pour finalement s'incliner 25-21 face à XV du Chardon qui avait aligné ses titulaires habituels. Incontestablement, les tauliers ont manqué, notamment dans une fin de match où le manque de vécu collectif est apparu au grand jour. Mais se contenter de ce constat ne serait qu'une lecture simpliste de cette rencontre, tant les enseignements à tirer sont nombreux.
Baptême du feu réussi pour les novices
Dispensé du Mondial des moins de 20 ans pour préparer la Coupe du monde des grands, Émilien Gailleton et Louis Bielle-Biarey ont tous les deux été alignés d'entrée sur les lignes arrières tricolores. Et ils se sont montrés particulièrement à leur avantage, même s'ils ont moins pesé dans la dernière demi-heure, comme l'ensemble de leurs coéquipiers.
Le centre de Pau, qui a terminé meilleur marqueur du Top 14 la saison passée (13 essais), a repris avec succès le rôle de Gaël Fickou en défense, multipliant les placages offensifs - neuf au total. Émilien Gailleton a aussi fait parler ses appuis, et sa science de la passe, sur la relance d'envergure qui a amené l'essai de Baptiste Couilloud (12'). Globalement, il a joué avec justesse, sans fausse note.
Bravo à Paul , Louis et Émilien : Première en Bleu 🇫🇷 #UnisPourUnRêve #XVdeFrance pic.twitter.com/rHr0P6vFVm — Raphaël Ibañez (@Ibanez_Raphael) August 6, 2023
Son compère de l'Union Bordeaux-Bègles n'a pas été en reste, participant à cette même action de classe puis se fendant de sa propre réalisation sur son aile, après une course tranchante consécutive à une feinte de passe. Il a aussi répondu présent au placage, malgré quelques difficultés au contact. L'autre "rookie", Paul Boudehent, a réussi une partition tout en sobriété. Moins spectaculaire que ses deux camarades, le flanker rochelais s'est démarqué par son apport de l'ombre (rucks, mauls) et par l'agressivité de ses plaquages. "On ne doit pas venir en équipe de France pour regarder. On a senti des jeunes joueurs totalement libérés, dans l'action et qui ont pris une forme de plaisir mixé à de l'ambition", s'est félicité le sélectionneur Fabien Galthié.
Couilloud marque son territoire
Derrière les indéboulonnables Antoine Dupont et Maxime Lucu, Baptiste Couilloud est particulièrement scruté dans cette préparation, lui qui doit faire face à la concurrence de Baptiste Serin que le staff a rappelé après plusieurs mois d'absence. Et le demi de mêlée lyonnais a répondu présent, se montrant pertinent dans son animation, aussi bien au pied qu'à la main. Son essai récompense un match de bonne facture, pendant lequel il aura longtemps pesé sur la défense écossaise. Son concurrent toulonnais, entré dans un contexte difficile, n'a lui pas réussi à tirer son épingle du jeu.
D'excellentes séquences collectives
Équipe bis ou non, le XV de France donne systématiquement l'impression de savoir ce qu'il fait, d'exécuter un plan de jeu bien précis. Les "coiffeurs" tricolores ont ainsi fait déjouer les Écossais pendant les quarante premières minutes, occupant parfaitement le terrain et se nourrissant des moindres opportunités pour marquer des points. Avant l'inévitable baisse physique, consécutive à un mois de préparation intense, ces Bleus "new look" ont donné l'impression d'une équipe se connaissant parfaitement et rompue aux grandes joutes internationales. Ils se sont, en plus, fendus d'enchaînements de grande classe, comme cette superbe relance en début de match où presque tous les trois quarts ont touché le cuir.
Un Ethan Dumortier invisible... et sous pression
Sortant d'un Six Nations réussi, Ethan Dumortier conserve les faveurs de l'encadrement de l'équipe de France. Pour l'instant en tout cas. Mais l'ailier, qui n'a touché qu'un très faible nombre de ballons contre les Écossais, voit sa position fragilisée. Jamais décisif, sans prise d'initiative, il a souffert de la comparaison avec ses vis-à-vis à son poste. Son manque de polyvalence - il ne peut jouer qu'à l'aile - pourrait bien lui faire manquer le grand rendez-vous de l'ovalie, tout en sachant qu'Émilien Gailleton et Louis Bielle-Biarey ont eux les caractéristiques pour occuper plusieurs postes. Pour ne rien arranger, le joueur du Lou a été pris de vitesse par Darcy Graham sur le premier essai des locaux, synonyme de début de révolte (43'). À son débit également, il a concédé une pénalité qui a remis les siens sous pression dans la foulée (46').
Le cinq de devant trop juste
Le cinq de devant (première et deuxième lignes) semblait être le secteur où l'encadrement tentait le plus d'expérience samedi, alignant des joueurs a priori assez loin dans la hiérarchie. On ne peut pas dire que les principaux concernés aient redistribué les cartes. Les piliers Demba Bemba et Jean-Baptiste Gros ont souffert, que ce soit dans le jeu courant ou en mêlée, où ils ont été dominés. Uini Atonio et Cyril Baille, mais aussi leurs remplaçants Sipili Falatea et Reda Wardi, peuvent dormir l'esprit tranquille.
Un cran derrière, la deuxième ligne Cameron Woki - Bastien Chalureau n'a pas réussi à imposer sa dimension physique, reculant presque systématiquement sur chaque percussion. La faillite de la mêlée fermée pendant de longues minutes lui est aussi imputable. Plus que jamais, l'attelage Thibaud Flament - Paul Willemse semble au-dessus de la concurrence, mais leur remplaçant n'est, lui, pas (encore) tout désigné.
Seul Pierre Bourgarit s'est mis en évidence, tant dans le combat que sur ses lancers en touche (il finit sur un joli 13/15).
Les remplaçants n'ont pas eu l'impact attendu
Alors que le banc semblait offrir quelques garanties - avec les présences de Peato Mauvaka (22 sélections), Paul Willemse (29), Dylan Cretin (21) ou encore Baptiste Serin (43) -, il n'a pas réussi à renverser le sort de la rencontre, lorsque les coéquipiers de Finn Russell, déchaînés, ont mis la main sur celle-ci. Pire, aucun entrant n'a particulièrement marqué les esprits. Antoine Hastoy, qui joue gros avec Matthieu Jalibert en tant que deuxième ouvreur, n'a rien montré ou presque. Le retour d'Arthur Vincent, longtemps écarté des terrains en raison d'une lourde blessure, n'a pas été beaucoup plus flatteur. Mais, pour leur défense, ils ont dû composer avec un paquet d'avants en difficulté.
"Il y a peut-être eu une incapacité physique à tenir l'échange. On est environ sur 40 minutes de temps de jeu effectif, 20 par mi-temps", notait Fabien Galthié après le coup de sifflet final. "On comptait sur les finisseurs aussi pour tenir l'échange, ça n'a pas été le cas", reconnaissait-il. "Mais ce n'est pas grave car c'est comme ça qu'on progresse et qu'on apprend à ce niveau-là. Les joueurs ont pris beaucoup d'expérience individuelle aujourd'hui (samedi) et cela fera avancer le groupe", ajoutait le technicien. Une leçon que les coéquipiers de Romain Ntamack et Julien Marchand, qui devraient faire leur retour pour le prochain match le week-end prochain, seraient inspirés de retenir : une Coupe du monde ne se gagne pas à 15 mais à 33.
Tout
TF1 Info
- Culture, médias et divertissementDécès de Jean-Pierre Elkabbach à 86 ans
- Sujets de sociétéTaxes, carburants, inflation... Les Français face à la vie (très) chère
- InternationalHaut-Karabakh : l'enclave au centre des tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan
- Police, justice et faits diversDisparition inquiétante de Lina, 15 ans, en Alsace
- Police, justice et faits diversAttentat de Magnanville : sept ans après, l'heure du procès