Inceste : la parole se libère

Affaire Richard Berry : décision en avril pour le volet diffamation

Rania Hoballah
Publié le 1 avril 2022 à 23h42, mis à jour le 1 avril 2022 à 23h55
JT Perso

Source : Quotidien, première partie

Le jugement sur la plainte en diffamation déposée par l'ex-épouse de Richard Berry, Jeane Manson, après des accusations d'inceste de la fille ainée du comédien, a été mis en délibéré au 14 avril.
Une audience tendue s'est tenue ce vendredi au tribunal d'Aurillac, marquée par une gifle.

Le jugement sur la plainte en diffamation déposée par l'ex-épouse de Richard Berry, Jeane Manson, après des accusations d'inceste de la fille ainée du comédien, a été mis en délibéré au 14 avril, après une audience tendue au tribunal d'Aurillac, marquée par une gifle.

Le 14 février 2021, dans un article publié par Le Monde, Coline Berry-Rojtman évoquait les violences sexuelles qu'elle aurait subies alors qu'elle était mineure, en 1984 et 1985, au domicile de son père qui vivait alors avec Jeane Manson, accusée d'avoir participé à ces agressions.

Née en 1976 de l'union entre Richard Berry et l'actrice Catherine Hiegel, Coline Berry-Rojtman avait porté plainte pour "viols et agressions sexuelles sur mineur" le 25 janvier 2021, déclenchant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris. Richard Berry, 71 ans, nie en bloc, tout comme Jeane Manson qui vit une partie de l'année à Aurillac, où elle a poursuivi son ex-belle fille en diffamation.

Coline Berry accuse son père de l'avoir impliquée dans des jeux sexuels

Comme le rapporte l'AFP, le début de l'audience, ce vendredi matin, a donné lieu à de longs débats entre avocats, ceux de la défense plaidant l'impossibilité de juger de la diffamation, alors que les faits dénoncés par Coline Berry-Rojtman font l'objet d'une enquête. Mais le tribunal ne les a pas suivis et a lancé l'interrogatoire de cette dernière.

À la barre, elle répète ce qu'elle a déclaré dans Le Monde au sujet des jeux sexuels qu'aurait menés Richard Berry, dont celui de "l'orchestre", dans lequel elle devait jouer avec le sexe de son père, comparé à une "flûte" ou une "trompette", parfois en présence de Jeane Manson. Elle a évoqué aussi des "baisers sur la bouche avec la langue" : "Je n'ai connu que ça", a-t-elle dit. Coline Berry-Rojtman affirme avoir essayé d'en parler avec son père, mais n'avoir "jamais rien obtenu de lui" car "il est dans la négation". 

Jeane Manson, après avoir ri ostensiblement plusieurs fois durant l'interrogatoire de son accusatrice, répond à son tour aux questions du tribunal. Pour elle, l'article du Monde "est un mensonge tellement ignoble, tellement laid. Elle ne m'a jamais vue nue, elle ne m'a jamais touché les seins (…) Elle ment et quand on ment, on est toujours découvert", assure l'ancienne chanteuse américaine.

Face à elle, Coline Berry-Rojtman fulmine et ne peut s'empêcher de réagir lorsque son ex-belle-mère assure que "depuis qu'elle a dix ans, tout le monde l'appelle la mytho". 

La fin de la très longue audience marquée par un incident rare

Tout comme l'ancienne chanteuse Jeane Manson, Richard Berry, 71 ans, nie en bloc. "Tout est faux. C'est malheureusement des mensonges et elle a, je pense, terminé par y croire. C'est désespérant pour un père. Je n'ai aucune attirance pour les enfants. Je suis profondément, franchement, désespéré", a dit l'acteur à la barre.

"Je n'ai pas voulu porter plainte parce que c'est ma fille. J'ai tenu à témoigner pour soutenir Jeane Manson", a-t-il expliqué en évoquant une "situation particulière" : "nous n'avons toujours pas été entendus" dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte auprès du parquet de Paris.

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La fin de la très longue audience a été marquée par un incident rare : la compagne actuelle de Richard Berry, Pascale Louage s'est levée de sa place pour aller gifler Coline Berry-Rojtman, selon des témoignages concordants réunis par l'AFP sur place.  

"La violence n’a pas sa place dans cette enceinte", lui a lancé Me Karine Shebabo, l’avocate de Coline, à la sortie de la salle. "Les insultes, c’est de la violence", a rétorqué Pascale Louage, soutenue par l’acteur. 

Me Shebabo a ensuite pris la direction du commissariat d'Aurillac pour déposer plainte. "En vingt ans de barreau, je n'ai jamais vu cela. C'est toute la difficulté des victimes d'incestes à dénoncer les faits : on est obligé de frapper pour les faire taire", a-t-elle dit avant de partir.


Rania Hoballah

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