Affaire Depardieu : des rassemblements contre "le vieux monde" ce jeudi dans toute la France

Publié le 11 janvier 2024 à 12h18

Source : TF1 Info

Le collectif Grève féministe appelle à des rassemblements dans une trentaine de villes dont Paris, Lyon et Marseille ce jeudi.
Les organisateurs dénoncent notamment la défense de Gérard Depardieu par Emmanuel Macron sur France 5, en décembre.
Décrié suite à ses propos sexistes dans "Complément d'enquête", l'acteur de 75 ans fait l'objet de trois plaintes et d'une mise en examen pour viol depuis 2020.

L’affaire Depardieu se poursuit. À l’appel du collectif Grève féministe, des rassemblements sont organisés ce jeudi 11 janvier dans une trentaine de villes de France dont Paris, Lyon et Marseille, à partir de 18h. Le mot d’ordre, repris par Collectif féministe contre le viol, la Fédération nationale solidarité femmes, la Ligue des droits de l'Homme, le Planning familial et Osez le féminisme : "Gardez votre vieux monde, nous en voulons un sans violences sexiste et sexuelle". 

"Nous appelons toutes celles et ceux qui défendent les droits des femmes, des enfants et des minorités de genres, et qui refusent les violences sexistes et sexuelles à des rassemblements", écrit le collectif dans un communiqué. "Depuis #metoo, des progrès étaient accomplis. Ne laissons pas anéantir ces progrès par des propos irresponsables, graves et sexistes du président de la République qui a porté atteinte aux droits des victimes et aux droits de toutes les femmes et enfants".

Une interview qui ne passe pas

Le collectif Grève féministe fait référence à l’interview d’Emmanuel Macron dans "C à vous" sur France 5, le 20 décembre dernier. Interrogé sur l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, révélée par la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, le chef de l’État avait estimé que "ce n’est pas sur la base d’un reportage" qu’on retire cette distinction. 

Dans un numéro de l'émission "Complément d’enquête" diffusé début décembre sur France 2, on pouvait voir Gérard Depardieu tenir des propos graveleux et sexualiser une fillette lors d’un voyage en Corée du Nord en 2018. Une séquence qui avait suscité une vague d’indignation dans les médias et les réseaux sociaux.

Bataille de tribunes

Dans "C à vous", Emmanuel Macron avait malgré tout pris la défense d’un "immense acteur" qui "rend fière la France". Il avait également appelé au respect de la présomption d’innocence et dénoncé une "chasse à l’homme" contre le monstre sacré qui fait l’objet de trois plaintes pour viols et agressions sexuelles et d’une mise en examen depuis 2020 suite à celle déposée par la comédienne Charlotte Arnould. Une intervention vivement critiquée à l'époque par la gauche et les associations.

Depuis la prise de parole du chef de l’État, une tribune publiée avant Noël par Le Figaro appelant à "ne pas effacer Gérard Depardieu" a également déchaîné les passions. Si elle a été signée par une soixantaine d’artistes, plusieurs d’entre eux s’en sont désolidarisés en raison de l’identité de son auteur, un proche d’Eric Zemmour. Ce texte a donné naissance à plusieurs contre-tribunes d’artistes. L’une d’entre elles a récolté plus de 8000 signatures en 48 heures.

Alors que plusieurs personnalités politiques, comme le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, et le président du MoDem, François Bayrou, ont pris leurs distances ces derniers jours avec les propos d’Emmanuel Macron, la première dame, Brigitte Macron, a rappelé mercredi sur TF1 que le président de la République avait "fait de la violence contre les femmes un sujet" depuis le début de son premier mandat.

"Ce n’est pas à moi de le rappeler exactement toutes les lois mais il y a eu beaucoup de moyens qui ont été donnés", a-t-elle estimé. Interrogée par Marie-Sophie Lacarrau, elle a également souligné "l’importance de la parole des femmes" tout en rappelant que "l’un des critères fondamentaux de la justice, c’est la présomption d’innocence".


Jérôme VERMELIN

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