Anny Duperey exprime ses doutes sur l'affaire Judith Godrèche : "Tout ça est extrêmement exagéré"

Publié le 11 février 2024 à 12h02, mis à jour le 12 février 2024 à 9h40

Source : JT 20h WE

Les accusations de Judith Godrèche contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon secouent le cinéma français.
Invitée ce samedi sur RTL, la comédienne Anny Duperey a fait part de ses doutes sur les propos de sa consœur.

Le cinéma français fait (enfin) son #MeToo. Le 7 février dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour viols suite à la plainte pour viol sur mineure déposée par Judith Godrèche contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon. Dans le même temps, la comédienne aujourd’hui âgée de 51 ans dénonçait des faits survenus au début de sa carrière, entre 1986 et 1992. Une prise de parole qui a libéré celle d’autres comédiennes comme Isild Le Besco, Anna Mouglalis ou encore Julia Roy. 

Si ces témoignages ont été salués par les mouvements féministes, la profession reste encore discrète, à quelques jours de la cérémonie des César. Faut-il s’attendre à une nouvelle guerre de tribunes comme dans l’affaire Depardieu ? Invitée ce samedi de nos confrères de RTL, la comédienne Anny Duperey, 76 ans, est la première à porter une voix discordante sur ce sujet brûlant.

Quand même six ans avec un réalisateur… Sous emprise, je veux bien, mais quand même consentante, non ?
Anny Duperey

"Je vais me faire taper dessus, mais je pense que tout ça est extrêmement exagéré", a-t-elle ainsi déclaré au micro de la station. "Quand même six ans avec un réalisateur… Sous emprise, je veux bien, mais quand même consentante, non ?", s’est-elle interrogée au sujet de relation entre Judith Godrèche et Benoît Jacquot qui a débuté quand elle avait 14 ans et lui 39. "Je ne sais pas trop quoi penser de ce truc-là mais je n’aime pas trop les chasses aux sorcières tardives", a-t-elle ajouté.

Figure du grand et du petit écran, celle qui a été la vedette de la série Une famille formidable sur TF1 s’est également inquiétée de la "cancel culture" qui pourrait s’abattre sur les artistes au cœur de ces affaires. "Admettons que certains hommes étaient, effectivement, des prédateurs comme ça", a-t-elle posé. "Mais ils ont fait parfois de belles œuvres, et je n’aimerais pas du tout qu’on condamne leurs œuvres en même temps que les hommes".

Anny Duperey a donné en exemple l’affaire Polanski, estimant qu’il serait "absolument stupide" de "condamner ses œuvres" comme Le Pianiste parce qu’il a "couché avec une fille qui avait 15 ans il y a 50 ou 60 ans". Rappelons que Samantha Geimer n’avait pas 15 mais 13 ans lorsque le cinéaste franco-polonais, alors âgé de 43 ans, a eu des rapports sexuels avec elle dans une ville de Los Angeles le 15 mars 1977, sous l’emprise de l’alcool et d’une drogue récréative.

À l’époque, l’auteur de Chinatown a plaidé coupable pour des rapports sexuels illégaux avec une mineure. Condamné à une peine de quatre-vingt-dix jours de prison, et libéré au bout de quarante-deux, il a fui les États-Unis pour la France lorsque le juge en charge du dossier a décidé de revenir sur sa décision. Malgré les demandes de la victime et de l’accusé, la procédure n’a toujours pas été refermée par la justice américaine. 


Jérôme VERMELIN

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