Asaf Avidan : "Ça me fait mal quand on ne me parle que de ma voix"

Le service METRONEWS
Publié le 22 janvier 2015 à 18h59
Asaf Avidan : "Ça me fait mal quand on ne me parle que de ma voix"

INTERVIEW - Après le carton de "Different Pulses", Asaf Avidan publie son deuxième album solo "Gold Shadow". Un album sombre où l'artiste apatride se livre corps et âmes sans cacher ses sentiments, sa dépression, sa rupture ni ses influences.

Ce disque raconte une histoire très personnelle. Comment vous sentez-vous maintenant qu'il est sorti ?
Il y a cette étrange sensation de syndrome post-natal. Comme lorsqu'une mère donne naissance à un bébé, elle traverse toujours une espèce de... dépression ? Je ne veux pas aller aussi loin, mais disons que la sortie d'un album c'est complètement anti-climax... On le prépare depuis si longtemps et... il sort juste comme ça et on doit continuer... Je sais comment ça fonctionne, mais je n'arrive toujours pas à passer outre ! (rires) Mais je suis surtout fier d'avoir pu finir cet album parce que c'était un album compliqué.

Pourquoi ?

Je ne savais pas quoi faire avec. C'était un processus hyper compliqué, peut-être parce que c'était un album de rupture amoureuse... la mienne. (Silence) Vous savez, j'ai été en couple pendant sept ans avec une fille mais je n'arrêtais pas de me dire que non, ces chansons n'étaient pas à propos de nous mais parlaient de mon passé ou d'autres personnes. C'est seulement au moment de mixer l'album, au mois d'août, que je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'une petite voix à l'intérieur de moi qui pleurait mais que je ne voulais pas écouter.

"Je voulais juste écrire un paquet de belles chansons"

Avec le recul, votre premier album solo, Different Pulses, avait-il été plus facile à accoucher ?

Oui... Avec Different Pulses, je savais exactement quoi faire. C'était mon premier album solo, sans les Mojos... Quand j'ai commencé à travailler tout seul, je voulais me trouver en tant qu'artiste. J'ai fait des démos très précises chez moi, j'avais une idée bien définie de ce que devait rendre la batterie, les voix, les synthés... etc... Avec Gold Shadow, je ne savais pas. Et puis je m'en foutais qu'une chanson soit jazz, une autre reggae, une autre pop façon années 50. Je n'avais pas le sentiment que je devais les lisser pour qu'elle colle les unes avec les autres. Je voulais juste écrire un paquet de belles chansons (rires).

Vous explorez différents styles de musique, c'est important de ne pas rester cantonné dans un genre ?

Je n'ai pas besoin de me définir ou de me ranger dans une catégorie. C'est comme si on demandait à un peintre de ne peindre qu'un seul type de toile. Dans cet album, je voulais qu'il y ait vraiment différentes couleurs, c'est vrai, mais quand on les regarde toutes ensembles, ces couleurs, elles forment une vraie image.

Est-ce qu'il y a quelque chose que vous détestez entendre dire sur vous ?

(rires)  Ce n'est pas que je déteste ça mais ça me fait mal quand on ne me parle que de ma voix. J'aimerais que les gens écoutent vraiment mes chansons, parce que j'essaie de les présenter comme de petites parties de moi... Et je trouve ça triste qu'à cause des qualités irritables de ma voix, les gens ne font pas assez attention à la musique ou à mes textes...


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