"Athena" sur Netflix : qui est Dali Benssalah, la star du film choc de Romain Gavras ?

Jérôme Vermelin
Publié le 26 septembre 2022 à 16h21
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Méchant du dernier James Bond, Dali Benssalah tient le rôle principal d’"Athena" de Romain Gavras.
Il y incarne un militaire de retour dans la cité où il a grandi après la mort de son plus jeune frère.
Un premier rôle intense pour cet ancien champion de boxe thaï, transformé par son passage au Cours Florent.

C’est peu dire qu’il crève l’écran dans Athena, le film choc de Romain Gavras. De la colère froide à la rage pure, Dali Benssalah incarne Abdel, le militaire d’une fratrie qui se déchire après la mort du petit dernier, point de départ de l’affrontement funeste entre les forces de l’ordre et la jeunesse d’une cité imaginaire. Après avoir donné du fil à retordre à Daniel Craig dans le dernier James Bond, Mourir peut attendre, ce comédien franco-algérien de 30 ans poursuit son irrésistible ascension, lui qui se destinait à une carrière bien différente au départ.

"Avant le cinéma, j’étais à fond dans la boxe thaï. J’allais à la fac, mais à quoi bon valider une licence puisque c’est le sport qui me donnait envie de me lever le matin ?", nous raconte-t-il d’un ton calme et posé depuis les locaux parisiens de Netflix. En 2011, à 19 ans, il devient même champion de France dans sa catégorie. Jusqu’à sa rencontre avec le métier d’acteur. "Ma mère nous a offert un stage au Cours Florent, mon frère et moi. Apprendre un texte, le jouer sous la direction d’un metteur en scène ou en impro, avec ou sans caméra. Il y a quelque chose du jeu qui m’intéressait beaucoup. C’est resté dans un coin de ma tête."

Grâce au théâtre, j’ai appris à lire un texte pour de vrai, pas juste pour préparer une interro de français

Dali Benssalah

De retour à Rennes, Dali suit des cours d’éco-gestion tout en poursuivant les combats. Jusqu’au jour où il décide de tout plaquer pour ce métier qui le fascine tant. Il monte à Paris, étudie le jour au Cours Florent et enchaîne les petits boulots le soir pour payer ses études. "Grâce à ma professeure de théâtre, Régine Menauge-Cendr, j’ai découvert le théâtre à l’ancienne, la rigueur qui va avec", raconte-t-il. "Ça m’a apporté une véritable ouverture culturelle aussi. J’ai appris à lire un texte pour de vrai, pas juste pour préparer une interro de français."

C’est en 2017 que la carrière de Dali va décoller grâce à "Territory", le clip du groupe électro français The Blaze tourné à Alger. Physique et sensible, sa performance attire l’attention du réalisateur Cary Joji Fukunaga qui lui confie le rôle de Primo, le bad guy borgne de Mourir peut attendre. "Ce film, c’est sept mois et demi d’engagement dont cinq mois à Londres, deux semaines en Italie, huit jours en Jamaïque", se souvient l’acteur qui, comme nous, a dû patienter deux ans avant de découvrir le résultat à cause de la pandémie de Covid.

"Lorsque j’ai revu Daniel Craig à l’avant-première, on s’est tombé dans les bras. Sur le plateau, c’est le comédien avec qui j’ai passé le plus de temps. C’est vraiment quelqu’un de bien. Qu’on aime ou pas, c’est un James Bond qui tranche dans l’histoire de la saga." Depuis, on a revu l’ancien boxeur dans Les Sauvages, la série politique de Canal + réalisée par Rebecca Zlotowski. Et aujourd’hui donc dans Athena, une expérience pas comme les autres pour les spectateurs comme pour ses protagonistes.

Romain Gavras souhaitant donner à son film un maximum de réalisme, l’équipe a en effet tourné pendant deux mois dans le quartier du Parc aux Lièvres à Évry-Courcouronnes. "C’était un décor à ciel ouvert avec les habitants qui travaillaient avec nous", se rappelle Dali. "Ils étaient parmi les figurants, en régie, à la sécurité, les taxis aussi. C’est toute une micro-société locale qui était en ébullition. On travaillait main dans la main, si bien qu’au bout d’un moment, on ne pouvait plus dissocier qui était natif du coin ou pas. On a vécu de grands moments de partage".

Pour se préparer à incarner Abdel, l’acteur s’est astreint à une routine bien particulière. "Dans ce film, on est dans l’action-réaction en permanence, on n’a pas le temps de se poser deux minutes qu’il se passe déjà quelque chose de radical. C’est éprouvant pour le personnage, comme pour le comédien", souligne-t-il. "Alors tous les matins, je faisais une petite prépa physique à la maison, avec du tapis et du poids de corps pour être en forme, mais aussi pour raccrocher au côté militaire de ce type qui doit sans doute faire des pompes à l'aube lorsque le clairon sonne dans la caserne."

Afin de donner de la chair à la tragédie au cœur du film, Dali Benssalah a beaucoup parlé de son personnage avec Romain Gavras. "C’est le scénario invisible en amont et en parallèle de tout ce qui se passe à l’écran", explique-t-il. "Pourquoi Abdel est parti, ce qu’il est devenu et ce parcours qui explique comment il est reçu dans la cité. Au début du film, on le présente comme un action man qui va sauver la situation, mais c’est un roc déjà effrité parce qu’il éprouve un véritable déchirement intérieur. Il est parti pour la solde, pour nourrir sa famille, mais il n’a pas vu ses frères grandir. Et il le regrette."

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Comme son réalisateur, l’acteur insiste sur la dimension "cauchemardesque" de l’intrigue d’Athena, qu’on peut voir comme une suite directe et nihiliste des Misérables de Ladj Ly, co-auteur du scénario. Mais il a bien conscience des ponts qu’il dresse avec l’actualité politique et sociale du pays. "Ce film, c’est l’après-demain qu’on ne veut pas voir", souligne-t-il. "C’est une fable moderne et réaliste, on peut trouver des parallèles avec ce qui se passe en France et partout dans le monde. Romain n’a pas la volonté de nous montrer un futur proche. Mais c’est une hypothèse."

>> Athena de Romain Gavras. Avec Dali Benssalah, Sami Slimane, Anthony Bajon. 1h37. Disponible sur Netflix


Jérôme Vermelin

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