"Attachante, chaleureuse et drôle" : "Miss Marvel", la super-héroïne pop qu'on attendait

Delphine DE FREITAS
Publié le 8 juin 2022 à 11h45, mis à jour le 10 juin 2022 à 11h47
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Née dans les comics en 2014, Kamala Khan arrive dans sa propre série sur Disney+ dès ce mercredi 8 juin.
Présentée comme la première super-héroïne musulmane du MCU, elle est surtout une fan de Captain Marvel qui se retrouve à son tour dotée de pouvoirs.
On a discuté avec Adil et Bilall, réalisateurs belgo-marocains de deux des six épisodes.

Une BO démente, des visuels à tomber où l’animation s’invite à l’écran et une galerie de personnages solaires. Super-héroïne discrète, Miss Marvel fait une arrivée fracassante dans le MCU avec une série pop et fun prête à conquérir petits et grands. Même ceux qui n’ont jamais jeté un œil à aucune production des studios Marvel. Née dans les comics en 2014, Kamala Khan est comme toutes les ados de son âge. Pas franchement bien dans sa peau, elle ne se sent jamais aussi à l’aise que quand elle se réfugie dans son univers mêlant jeu vidéo, bandes dessinées et super-héros. Jusqu’au jour où elle va aussi se découvrir un pouvoir en enfilant un vieux bracelet de famille.

La révélation Iman Vellani

"Son vrai super pouvoir, c’est sa famille et ses amis", nous expliquent Adil et Bilall (Bad Boys For Life), derrière la caméra des épisodes 1 et 6. D’origine pakistanaise, Kamala Khan est aussi la première super-héroïne musulmane de l’univers Marvel. Si sa foi a agité la toile, elle n’est qu’un élément bien secondaire d’une intrigue dédiée au passage à l’âge adulte de son ado star. "Nous ne voulions pas faire une série à propos d’une Pakistanaise musulmane mais une série à propos d’une fan des Avengers, une ringarde qui écrit des fans fictions et qui s’avère être une Pakistanaise musulmane", insiste son interprète Iman Vellani. La jeune femme de 19 ans, qui tient là son tout premier rôle, est une révélation. "Son authenticité et son naturel nous ont plu", nous racontent les cinéastes belgo-marocains lors d’un coup de fil en visio.

Disney/Marvel

C'était très important pour nous de filmer la première scène dans une mosquée chez Marvel

Adil et Bilall

La série s’ouvre sur "Blinding Lights" de The Weeknd, dans laquelle il chante être "ébloui par les lumières". Vous n’avez pas eu peur d’être éblouis par celles de Marvel ?

Adil El Arbi : On a été éblouis par les lumières de Marvel, mais c'est aussi ce qui fait rêver. Pendant le montage de Bad Boys 3, on s'est dit que notre prochaine étape serait de réaliser un Marvel. On voulait parler d’un personnage d'origine musulmane juste pour déconner, sans savoir que ça existait vraiment. Et c'est là qu’on a appris que l’adaptation de Miss Marvel était en discussions. On a découvert les comics, on est tombés amoureux du personnage et on s’est dit qu’on ne pouvait pas ne pas faire partie de ce projet-là. On a rencontré Kevin Feige, le patron des studios Marvel, et on lui a dit qu’il fallait nous le confier (ils rient).

Quand la série a été annoncée justement, Miss Marvel a tout de suite été présentée comme "la première super-héroïne musulmane". Dans l’épisode 2, que vous n’avez pas réalisé, on la voit à la mosquée. Sa meilleure amie Nakia explique pourquoi elle porte un hijab. Votre dernier film Rebel, présenté à Cannes, raconte la radicalisation de jeunes belges qui rejoignent Daech en Syrie. Comment on parle de religion, et de l’Islam en particulier, dans un univers aussi codifié que le MCU ?

Adil El Arbi : Ça fait un peu partie de notre travail. C'est quelque chose de très personnel. Bien sûr, c'est le grand écart entre Rebel qui parle d'une réalité et Miss Marvel qui est dans cet univers du MCU. C’est bien nous qui avons tourné la scène de la mosquée, c'était un grand honneur pour nous. Elle devait figurer dans le premier épisode mais on l’a déplacée dans le deuxième au montage. C'était très important pour nous de filmer la première scène dans une mosquée chez Marvel. Ça participe aussi de la diversité d'aujourd'hui, de l'identité de tous les fans de Marvel. Il fallait cette authenticité culturelle autour de Kamala Khan, pour que beaucoup de gens puissent se reconnaître dans ce personnage, qu’ils soient d'origine musulmane ou pas. Peu importe ses origines, il fallait que le public puisse suivre un personnage avec cet héritage-là tout en ayant de l'empathie avec elle. C’est pareil avec Peter Parker, Spider-Man. On peut tous suivre ses aventures et l’aimer. C’était ça le challenge pour nous. Tout était déjà présent dans les comics. On a été surpris de voir qu’ils étaient déjà allés loin dans les discussions culturelles. On a juste essayé d’adapter cet aspect-là le plus fidèlement dans la série.

Kamala est un peu comme nous. En Belgique, on n'est pas 100 % Belges mais au Maroc on ne va pas être 100 % Marocains

Adil et Bilall

Super fan, super-heroïne ou super ado : qui est Miss Marvel ?

Bilall Fallah : Elle est super sur tous les plans ! C’est une super humaine. C’est un hommage à tous les fans de Marvel. Iman Vellani, notre actrice principale, est elle-même une grande fan de Marvel. Kevin Feige est son idole et Iron Man est son film favori. Avec Kamala, ce sont les mêmes personnes.

Adil El Arbi : Oui, c'est un hommage à tous les fans du monde entier qui aspirent peut-être eux-mêmes à faire partie de ce monde du MCU.

Comment décririez-vous Kamala Khan ?

Adil El Arbi : C'est une fille qui nous fait penser à nous. Elle a quinze ans, elle est pakistano-américaine. Mais en Amérique, elle n'est pas 100% Américaine. Et si elle va au Pakistan, elle ne sera pas 100% Pakistanaise non plus. Un peu comme nous. On est Belgo-Marocains. En Belgique, on n'est pas 100% Belges mais au Maroc on ne va pas être 100 % Marocains. À 15-16 ans, on se cherche. On est dans une crise identitaire et on ne sait pas comment on doit agir. On veut être cool mais on ne sait pas comment l’être. De façon très maladroite, on essaie de se construire une image. C’est ce que fait Kamala et ce qui la rend très attachante. Elle est chaleureuse et drôle. Son vrai super pouvoir, c’est sa famille et ses amis. C'est l'amour qu'elle a pour eux et c'est l'amour qu’ils ont pour elle. 

"Miss Marvel" : la bande-annonce de la série Disney+Source : Sujet TF1 Info
JT Perso

Pourquoi la novice Iman Vellani était-elle le choix parfait pour le personnage ?

Bilall Fallah : Ça a fait clic. Elle est aussi très cinéphile et est très maline. Elle n’avait jamais joué dans un film, son authenticité et son naturel nous ont plu.

Adil El Arbi : Elle comprenait vraiment le personnage. On a su dès qu’on l’a vue qu’elle était la meilleure pour ce rôle-là.

Disney/Marvel Studios

Il y a un côté très Scott Pilgrim dans la mise en scène. C’est très coloré et le dessin s’invite à l’écran. Pourquoi ce choix ?

Adil El Arbi : Bien sûr, c'est un hommage à Scott Pilgrim, le film d'Edgar Wright, mais aussi à la série Parker Lewis ne perd jamais qui est elle-même inspirée des films de John Hughes. On a grandi avec ça, on adore ! Toutes ces animations n’étaient pas dans le script. Kamala a la tête dans les nuages et on voulait trouver une manière de traduire ça à l’écran. C’est pour ça qu’on commence avec cette animation en stop motion où elle explique l’histoire à travers ses yeux. On voulait que les peintures sur les murs et même ses SMS prennent vie parce que c’est son monde de fantaisie à elle. On avait peur que Marvel nous dise non parce que c’est vraiment un style différent. On a préparé tout un dossier avec plein d’exemples pour les convaincre. Kevin Feige a donné son accord mais en nous disant : "N’allez pas trop loin. Ne faites pas ça toutes les deux secondes, on vous fait confiance". C’était un grand cadeau pour nous d’explorer cet aspect d’animation visuelle. 

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