"Beauty Behind the Madness" : pourquoi The Weeknd va enfin conclure avec le grand public

Jérôme Vermelin
Publié le 28 août 2015 à 8h31
"Beauty Behind the Madness" : pourquoi The Weeknd va enfin conclure avec le grand public

ON ADORE – Superstar de la soul underground, The Weeknd repart à la conquête des charts avec son deuxième album pour une major, "Beauty Behind the Madness". Qu’il cajole ou qu’il fasse danser, le chanteur canadien met dans le mille.

Attention chanteur classé X. Sur Often, son langoureux single, The Weeknd promet toutes sortes de coquineries à sa petite amie. La pudeur nous préserve de les reproduire ici, mais sachez juste que la demoiselle y aura droit "souvent", comme le titre l'indique. Cette ballade lubrique est l'une des nombreuses pépites de Beauty Behind the Madness, le nouvel album du jeune chanteur canadien qui comprend également le tube "Can't feel my face", dont le groove high tech a fait un malheur sur les pistes du monde entier cet été.

Timbre sensuel et paroles salaces

Si vous avez manqué le début sachez que The Weeknd, sans le "e", est le pseudonyme d’Abel Tesfaye. En 2011, sorti de nulle part, il publie gratuitement sur le net trois mixtapes épatantes - House of Balloons, Thursday et Echos of Silence – un cocktail détonnant de r'n'b, de rock et d'électro, écrin parfait pour son timbre sensuel et ses paroles souvent salaces, parfois sombres, mais toujours romantiques. Courtisé par les majors, il signe chez Universal un an plus tard et publie un premier opus "officiel", Kiss Land, qui rencontre un succès mitigé.

Morceaux à rallonge, refrains tardifs, production hyper (trop?) léchée... la sauce ne prend pas auprès du grand public en dépit de la participation de son compatriote Drake sur l'excellent Live For. Déconcerté, le prince Abel ère l’âme en peine sous les palmiers de Los Angeles, où il a élu domicile. Son salut passera pas une série de "one shots" réussis. Sur "Elastic Heart" avec la magnétique SIA, auprès de la baby doll Ariana Grande sur "Love me Harder". Mais surtout grâce à "Earned it", sa collaboration solo à la BO de 50 nuances de Grey, un titre qu’on retrouve sur son nouvel album.

Il chante le blues avec Ed Sheeran

Plus concis, plus direct, certains diront plus commercial que son prédécesseur, Beauty Behind the Madness n’en demeure pas moins captivant. Qu’il cajole ou qu’il fasse danser, The Weeknd a le chic pour trouver le gimmick qui tue ("The Hills", "Can’t feel my face") et dégainer son falsetto plaintif juste quand il faut. Difficile de ne pas avoir les poils qui se dressent en écoutant "Shameless", poignante mélopée acoustique où le chanteur promet l’amour éternel à sa douce. Plus surprenant, mais pas moins réussi, "Dark Times" le voit chanter le blues avec le songwriter anglais Ed Sheeran. Chic.

Lana Del Rey, sur le lancinant "Prisoners", est une autre guest star de choix de cette superproduction sur laquelle s’est penchée une flopée de producteurs, dont le faiseur de tubes suédois Max Martin (Britney Spears, Katy Perry). Curieusement, Beauty Behind the Madness reste cohérent de bout en bout. La preuve, sans doute, que son auteur sait ce qu’il veut. Avec les femmes comme avec ses auditeurs en général…
 


Jérôme Vermelin

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