L’affaire Gabriel Matzneff, écrivain accusé de pédocriminalité

BHL, Finkielkraut, Millet… Dans "Vanessavirus", Gabriel Matzneff remercie ceux qui ne l’ont pas lâché

Jérôme Vermelin, avec AFP
Publié le 11 février 2021 à 10h49
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Source : TF1 Info

MALAISE - Gabriel Matzneff répond à Vanessa Springora et son livre "Le Consentement" dans un ouvrage édité en petite quantité avec l’aide des participants à une souscription privée. Dans "Vanessavirus", l’écrivain, visé par une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, rend hommage aux personnages qui ont continué à le soutenir malgré le scandale.

Pour l’obtenir, il fallait débourser 100 euros pour la version simple. Et 650 pour la version "premium" dédicacée. Financé grâce à une souscription lancée par Gabriel Matzneff auprès de ses proches, Vanessavirus ne sera pas disponible en librairie. Mais l’un de ses lecteurs, qui affirme ne pas avoir acheté le livre lui-même, en a révélé le contenu à l’AFP. Court ouvrage de 85 pages, l’écrivain l’a conçu comme une réponse au livre de Vanessa Springora, Le Consentement, dans lequel l’éditrice relatait sa relation sous emprise à l’âge de 14 ans, dans les années 1980, avec celui qui en avait 35 de plus. 

 

Sa parution, en janvier 2020, a rouvert le débat dans la société française sur les crimes sexuels commis sur des mineurs et dénoncé la complaisance du milieu littéraire à l’égard d’un homme qui n’a jamais caché son goût pour les relations sexuelles avec de jeunes garçons et filles. Une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, toujours en cours, a été ouverte par le parquet de Paris. L’écrivain doit par ailleurs être jugé en septembre 2021 pour apologie de crime, devant le tribunal correctionnel de Paris, où il a été cité à comparaître par L’Ange Bleu, l’association de prévention de la pédophilie.

Des soutiens "indéfectibles"

Dans Vanessavirus, présenté en couverture par son auteur comme un récit, Gabriel Matzneff déplore l'attitude d'anciens amis qui l'ont lâché, sans en nommer aucun, indique le lecteur anonyme à l’AFP. En revanche, "Matzneff cite cinq soutiens indéfectibles, selon lui, auxquels il tient à rendre hommage : Catherine Millet, Dominique Fernandez, Bernard-Henri Lévy, Franz-Olivier Giesbert, Alain Finkielkraut", précise cette source. 

La romancière Catherine Millet avait déclaré en juin qu'elle ne regrettait pas d'avoir signé une pétition lancée par Gabriel Matzneff en 1977 pour la dépénalisation des relations sexuelles avec des mineurs. L'académicien Dominique Fernandez avait signé une tribune en janvier 2020 contre "la bonne conscience" de ceux qui attaquaient l'écrivain.

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Le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui a fait plusieurs critiques élogieuses des livres de Gabriel Matzneff, ne s'est pas exprimé sur le sujet après le scandale qu'a suscité Le Consentement. Quant au journaliste Franz-Olivier Giesbert et au philosophe Alain Finkielkraut, ils avaient relativisé en janvier 2020 la gravité de l'affaire. Le premier avait estimé qu'"on ne peut pas jeter des noms en pâture", et le second que "le cas Springora n'est pas un cas de pédophilie". 

La semaine dernière, L'Obs avait dévoilé le contenu de la lettre adressée par Gabriel Matzneff à ses potentiels souscripteurs. "La chasse à l’homme dont depuis les derniers jours de décembre 2019 je suis le gibier est une abomination", y écrivait-il. "Si durant les mois d’hiver et de printemps 2020, j’ai puisé en moi le courage de résister à la tentation du suicide, ce fut pour une raison supérieure : mis au ban de la société française, je ne pouvais pas disparaître avant d’avoir murmuré quelques mots à l’oreille de Vanessa."


Jérôme Vermelin, avec AFP

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