"Boléro" au cinéma : quelle histoire se cache derrière cet air, un des plus joués au monde ?

par V. F | Reportage : Sophie de Vaissiere et Jean-François Drouillet
Publié le 3 mars 2024 à 17h31

Source : JT 20h WE

Ce mercredi sort au cinéma l'une des histoires les plus fascinantes de la création musicale : celle du Boléro de Ravel.
Un morceau que le compositeur avait écrit pour son amie, la danseuse russe Ida Rubinstein.
C'est de loin son œuvre la plus célèbre, mais aussi celle qui l'a fait le plus souffrir.

Comment la répétition d'une même phrase musicale durant 17 minutes pourrait-elle devenir l’un des airs les plus joués dans le monde entier ? C'est pourtant le destin fascinant du Boléro de Ravel. Presque cent ans après sa création, un film d'Anne Fontaine, à l'affiche le mercredi 6 mars au cinéma, conte cette histoire incroyable. Au départ, le Boléro était une commande de la danseuse russe Ida Rubinstein pour son prochain ballet. Elle souhaitait une "musique charnelle et envoutante". Maurice Ravel a trois mois pour rendre sa copie. "C'est une sorte de torpeur qui l'envahit. Il essaye de se concentrer, de faire des efforts, de passer des nuits blanches, mais rien n'arrive", raconte la réalisatrice dans la vidéo en tête de cet article.

C'est une espèce de fulgurance qu'il a eu parce qu'il a été contraint
Raphaël Personnaz, qui incarne à l'écran Maurice Ravel

L’inspiration surgit finalement entre les murs de la maison du compositeur à Montfort-l'Amaury (Yvelines). "C'est une espèce de fulgurance qu'il a eu parce qu'il a été contraint. Donc la contrainte, parfois (...), peut créer des accidents très heureux", explique l'acteur Raphaël Personnaz, qui incarne Maurice Ravel à l'écran. Dans cette bâtisse, dont les pièces sont minuscules, se cachent des micro-cabinets de curiosité où le musicien cachait ses partitions non achevées. 

Impossible à priori de transformer cet endroit en plateau de cinéma, mais l’équipe du film s’est battue pour y tourner quelques scènes. "Quand vous jouez Maurice Ravel, que vous vous retrouvez sur son piano, à mettre le doigt exactement où il l'a mis le jour où il a trouvé le thème du Boléro, vous dites quand même que cette musique a démarré là, tout simplement", poursuit l'acteur. Pour ce rôle, Raphaël Personnaz a étudié le piano et la direction d’orchestre. Il s’est aussi imprégné de la personnalité complexe du compositeur.

Car si le Boléro est sensuel, son auteur ne l’était pas du tout, du moins en apparence. "Ravel cachait ses émotions en permanence, par son habillement, sa façon d'être, son humour. Il avait énormément d’humour, de fantaisie sur les choses, mais sa sincérité, il la mettait entièrement dans sa musique", reconnait Raphaël Personnaz. Le Boléro est une œuvre d’autant plus émouvante qu’elle est l’une des dernières partitions de Maurice Ravel.


V. F | Reportage : Sophie de Vaissiere et Jean-François Drouillet

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