Booder, dans "Le Nounou" sur TF1 : "La différence est une force"

Publié le 26 février 2024 à 9h00

Source : Vendredi, tout est permis avec Arthur

L'humoriste est le héros du téléfilm "Le Nounou", une sympathique comédie sur TF1 dont il est à l'origine.
Il y joue le rôle de Samir, un quadra pas très dégourdi, qui doit remplacer au pied levé sa mère dans son job de nounou.
La fiction avec Florent Peyre, Gérémy Crédeville et Issa Doumbia est également disponible sur TF1+.

Quoi de mieux que l'humour pour combattre les préjugés ? Humoriste apprécié des Français, Booder est à l'affiche du téléfilm Le Nounou, une sympathique comédie sur TF1, dont il est à l'origine. Il y joue le rôle de Samir est un éternel adolescent de 40 ans qui vit encore chez sa mère Malika, dans le quartier où il a grandi. 

Pas très dégourdi pour trouver un vrai travail, il voit sa vie basculer le jour où Malika, hospitalisée, lui demande de la remplacer au pied levé dans son job de nounou. Il se retrouve alors à devoir travailler chez les Berthiers, un couple d'homosexuels, parents de deux enfants. Un vrai choc des cultures, mais qui sera bénéfique pour tous…

Comment vous est venu l'idée de la fiction ?  

J’ai grandi en regardant La Petite maison dans la prairie, Madame est servie ou Les Routes du paradis, des séries qui mettent en opposition des mondes qui ne se ressemblent pas. Un jour, en discutant avec des amis qui cherchaient une nounou, je me suis rendu compte qu’il n’y avait quasiment pas d'hommes à ce poste. Je trouvais ça marrant d’en parler, un peu comme Tony Micelli, dans Madame est servie. J’ai donc imaginé l’histoire de Samir, qui se retrouve face à un monde qu’il ne connait absolument pas.

Une fiction sur le vivre ensemble

Samir vous ressemble-t-il ? 

Samir me ressemble car j'ai été éducateur et animateur. J'ai travaillé dans les cantines scolaires, j’ai aussi fait de l’aide aux devoirs, donc je connais le monde des enfants. Et comme lui, je vivais aussi chez mes parents. Après, dans une comédie, il faut évidemment grossir le trait…

Le Nounou est une fiction drôle, mais qui aborde aussi des sujets sensibles comme le harcèlement ou le racisme. C'était important pour vous ? 

Oui, le but de la fiction c'était, en parlant du vivre ensemble, de combattre les préjugés. Et je voulais le faire de façon drôle, parce qu’avec l’humour, ça passe toujours mieux.

J’ai souvent été confronté au regard des autres
Booder

Voir un couple homosexuel dans une fiction à une heure de grande écoute, c'est peu commun... 

C'est vrai que le pari est osé, mais je voulais aussi montrer que dans notre pays, la différence n’est pas quelque chose de péjoratif, c'est une force. Et puis ça rajoute du piment à l'histoire.

La fiction parle des préjugés. C'est quelque chose dont vous avez souffert ? 

Souffert est un mot qui est trop fort. Mais c'est vrai que j’ai souvent été confronté au regard des autres. Après, ça m’a toujours fait rire parce que j'ai de la répartie. Aujourd’hui d'ailleurs, je remercie tous les gens qui ne m’ont pas embauché, car c’est grâce à eux que je suis comédien ! 

Petit, personne ne se moquait de moi, car j’étais un mec drôle
Booder

Vous maniez beaucoup l'autodérision. C'est ce qu'il y a de mieux pour ne pas être blessé ? 

L’humour a toujours été mon arme. Quand j’étais petit, personne ne se moquait de moi, car j’étais un mec drôle. Comme je vannais bien, personne ne s’attaquait à moi. Mais je pense à tous ces gamins qui ne sont pas nés avec cette facilité de langage et qui subissent des moqueries tous les jours. 

Quel genre de père êtes-vous ? 

Je suis un père plutôt cool, même s’il y a des règles et des limites à ne pas dépasser. Je crois beaucoup au dialogue. Après, il faudra demander à mon fils, mais je crois que je suis un papa sympa !

Chaque seconde que je vis est un kif, parce que je ne devais pas être là
Booder

Votre one-man-show "Booder is Back" sera également retransmis le 28 février à 21h25 sur TMC. C'est réjouissant ?

Oui ! Je reviens à mes premières amours, après avoir été au théâtre et avoir joué avec d’autres comédiens. C'est un style d’humour que j’aime car on peut improviser et parler au public directement. Ça fait un peu plus de quatre ans que je joue "Booder is Back". Il y a eu plus de 800 dates et plus de 900.000 spectateurs. Le voir aujourd’hui à la télé, c’est l’aboutissement d’un travail de quatre ans.

À la naissance, vous avez été victime d'une bronchiolite aiguë. Vous avez passé trois premières années de votre vie à l’hôpital Necker. Commencer la vie comme ça, ça rend combatif ? 

On devient battant par la force des choses. Et on se rend compte de la chance qu’on a de vivre une deuxième vie. Forcément, ça laisse peu de place aux plaintes et à la morosité. C’est pour ça que je suis souvent joyeux. Chaque minute, chaque seconde que je vis est un kif, parce que je ne devais pas être là.


Rania HOBALLAH

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