Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

"Mon pire cauchemar" : l’épouse du gouverneur de Californie raconte son viol par Harvey Weinstein

par Jérôme VERMELIN
Publié le 15 novembre 2022 à 15h28
JT Perso

Source : TF1 Info

Jennifer Siebel Newsom a témoigné lundi lors du procès du célèbre producteur de cinéma.
Elle affirme qu’il l’a violée en 2005, lors d’un rendez-vous dans un palace de Los Angeles.
Une scène qu’elle a racontée avec des détails sordides, en présence de l’accusé.

Son témoignage était l’un des plus attendus depuis l’ouverture du procès d'Harvey Weinstein à Los Angeles, le deuxième après celui qui l'a vu être condamné à 23 ans de prison, au printemps 2021 à New York. Jennifer Siebel Newsom, 48 ans, l’épouse de l’actuel gouverneur de Californie Gavin Newsom, l'un des grands espoirs du parti démocrate, est venue raconter le viol dont elle accuse l’ancien producteur de cinéma.  

En raison de son statut de "Première Dame" de l’Etat, Jennifer Siebel Newsom a fait son entrée dans la salle d’audience encadrée de plusieurs officiers de sécurité gouvernementaux. Une fois à la barre, elle a fondu en larmes lorsque la procureure Marlene Martinez lui a demandé d’identifier Harvey Weinstein. "Il porte un costume et une cravate bleue et il me fixe du regard", a-t-elle répondu, rapporte Variety.

Il a foncé vers moi et les gens se sont écartés. Il voulait savoir qui j’étais, pourquoi j’étais là. J’étais intimidée et charmée à la fois

Jennifer Siebel Newsom

Sa première rencontre avec l’ex-patron de Miramax a lieu au Festival de Toronto, en septembre 2005. À l’époque, elle est une jeune actrice et productrice, sans véritables connexions dans le métier. "Il était bien plus puissant que moi. C’était un faiseur de rois. Il était au sommet de l’industrie." C’est Harvey Weinstein lui-même qui va se présenter à elle, dans un hôtel où sont réunis des professionnels du cinéma. 

"Il a foncé vers moi et les gens se sont écartés. Il voulait savoir qui j’étais, pourquoi j’étais là. J’étais intimidée et charmée à la fois", a-t-elle avoué. Après un tête-à-tête au bar, où il semblait "vraiment intéressé par mon travail", Jennifer Newsom explique que le producteur lui a proposé un rendez-vous à Los Angeles. Il aura lieu dans sa suite à l’hôtel Peninsula, un prestigieux palace de la Cité des Anges.

Parti se "mettre à l'aise", il revient en peignoir

Très vite, elle s’interroge sur les intentions de son hôte. "C’était bizarre, ça ressemblait à un rendez-vous galant", s'est-elle remémorée. Bien que "nerveuse" et "mal à l’aise", elle n’a pas quitté les lieux. Ce que n'a manqué de lui faire remarquer la procureure. "Parce qu’on ne dit pas non à Harvey Weinstein", s’est-elle défendue. "Parce qu’il pouvait faire ou défaire votre carrière."

Jennifer Siebel Newsom a ensuite décrit un scénario qui rappelle le récit d’autres femmes qui ont dénoncé le producteur. Après avoir une brève discussion où elle comprend qu’il n’a pas l’intention de parler boulot, Harvey Weinstein annonce qu’il va se "mettre à l’aise". Quelques instants après, il l’appelle à l’autre bout de la suite. "Est-ce que tu peux venir m’aider ?", demande-t-il à son invitée qui s’approche et le découvre… en peignoir.

Il a essayé de me dire que ça marchait comme ça dans ce métier. D’une certaine manière, je me sentais piégée

Jennifer Siebel Newsom

Le magnat hollywoodien tente alors de l'attraper par la poitrine, tout en se masturbant. Elle s’écarte, il lui court après à travers la pièce. Pour la convaincre de satisfaire ses pulsions, il "mentionne les noms de plusieurs actrices" avec laquelle il a eu des rapports sexuels et qui ont bénéficié de son soutien. "Il a essayé de me dire que ça marchait comme ça dans ce métier. D’une certaine manière, je me sentais piégée".

Harvey Weinstein l’aurait ensuite "traîné" jusqu’à la chambre où la jeune femme a détaillé une scène qui continue de la hanter aujourd’hui. "Il me touche les seins, il se caresse. Je tremble, je suis frigide. Je suis une pierre. C’est mon pire cauchemar. Je suis comme une poupée inerte. Il met ses doigts à l’intérieur de mon sexe, je sers les jambes mais il continue alors qu'il sait que je n'ai pas donné mon consentement”.

Elle simule un orgasme puis s'enfuit

Comme d’autres témoins au procès, elle affirme avoir été horrifiée en découvrant le pénis du producteur. "J’avais peur d’attraper une maladie, c’était dégoûtant." Pour écourter "l’enfer", elle simule un orgasme. Puis s'enfuit dans les couloirs de l'hôtel dans un état second. À l’époque, elle n’ose pas porter plainte, par crainte de représailles. Mais elle raconte l’agression à deux amis dont Daphne Zuniga, la star de la série Melrose Place qui a témoigné en sa faveur la semaine dernière. 

Par la suite, elle croisera Harvey Weinstein à plusieurs reprises, au Festival de Cannes, aux Oscars où encore lors d’un dîner du syndicat des acteurs en 2007 auquel elle participe avec Gavin Newsom, son futur mari. "Lorsqu’il a vu la manière dont Harvey me regardait, il a su qu’il s’était passé quelque chose."

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Ce n’est qu’en 2017, suite aux révélations du New York Times, qu’elle révèle faire partie de ses victimes dans une tribune publiée par le Huffington Post. À l’époque, Gavin Newsom est en pleine campagne électorale et dans la liste de ses généreux contributeurs figure le nom de… Harvey Weinstein. Une "contradiction" que n’a pas manqué de souligner Mark Werksman, l’avocat du producteur.

Lundi, Jennifer Siebel Newsom a affirmé que son mari avait ordonné à son staff de rendre l’argent "sur le champ" dès que le scandale Weinstein a éclaté.  "Il ne savait pas que c’était de l’argent sale tant que le mouvement MeToo n’existait pas ?", a rétorqué l’avocat. "C’est ça la politique ? Prendre l’argent de quelqu’un qui a fait quelque chose d’horrible à votre femme, tant que personne n’est au courant ?".


Jérôme VERMELIN

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