"Carnaval" : dégustez les crimes à la sauce cajun de Ray Celestin

Le service METRONEWS
Publié le 17 juillet 2015 à 11h13
"Carnaval" : dégustez les crimes à la sauce cajun de Ray Celestin

SAVOUREUX - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez. Aujourd’hui, "Carnaval", du Britannique Ray Celestin.

Vous partirez bien un peu en vacances ? Pourquoi ne pas visiter la Nouvelle-Orléans ? Cette belle ville du sud des Etats-Unis est le décor de Carnaval (éditions Le Cherche Midi), un polar qui vous propose un voyage dans le temps. Un retour en arrière, en 1919, au cœur de la capitale du blues et du jazz, où une incroyable histoire, inspirée de faits réels, vous attend. Installez-vous bien confortablement et préparez-vous à frissonner…

► C’est qui ?
Ray Celestin est un homme mystérieux. Ou, du moins, il cultive un certain mystère, ou un flou volontaire sur sa biographie. Très peu d’informations sont en effet disponibles, à part qu’il est britannique et qu’il vit à Londres aujourd’hui. On lui donne une quarantaine d’années. Il a étudié l’art et les langues asiatiques avant de devenir scénariste pour la télévision. Carnaval est sa première incursion dans le monde du polar. Un coup de maître, puisqu’il remporte le prix John Creasey, qui récompense un premier roman, remis par la Crime Watchers Association.

► Ça parle de quoi ?
Bienvenue à la Nouvelle-Orléans. Pas celle de Treme, l’excellente série créée par David Simon (à qui on doit aussi la mythique The Wire), mais celle du début du siècle dernier. Nous sommes en 1919 et la ville, déjà forte de près de 400 000 habitants, se réveille un matin avec un tueur en série qui sera vite surnommé le Tueur à la hache. Outre son mode opératoire lui valant son surnom, il laisse des cartes de tarot sur les lieux de ses crimes. Autre particularité, toutes ses victimes sont siciliennes. Michael Talbot, flic intègre d’une police corrompue, mène l’enquête. Le journaliste John Riley lui aussi s’intéresse de près à cette affaire. Tout comme Ida, secrétaire de l’agence de détectives Pinkerton et son ami, le joueur de cornet Lewis Amstrong. Luc d’Andrea, ex flic tout juste sorti de taule est mandaté par le chef de la mafia locale pour trouver aussi l’assassin. Et durant tout ce temps, un ouragan menace la ville…

► Pourquoi on aime ?
Ce premier roman est une pépite noire, un petit bijou de suspense, d’écriture, de maîtrise, de rebondissements. Son point de départ est une histoire vraie, un tueur en série qui signait ses méfaits Axeman a réellement existé à la Nouvelle-Orléans avant, comme Jack l’Eventreur, de cesser brutalement de tuer. Mais la force de Ray Celestin est d’en tirer un magnifique roman. L’une des forces de ce texte réside dans ses nombreux personnages. Tous extrêmement bien campés, certains attachants, d’autres moins. Et quel plaisir de découvrir celui qui deviendra le grand Louis Amstrong tout jeune. Et le décor, cette ville si particulière, ainsi que la météo, jouent un rôle important dans le déroulement de l’intrigue. Celestin nous embarque dans une histoire effrayante, glaçante tout en nous faisant découvrir la véritable Nouvelle-Orléans de l’époque. Un régal.

>> Carnaval, de Ray Celestin, trad. J. Szlamowicz. Éditions Le Cherche Midi, 496 pages, 21 €

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