Centre national du cinéma : Dominique Boutonnat reconduit malgré sa mise en examen

Léa Prati avec AFP
Publié le 20 juillet 2022 à 17h56
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Dominique Boutonnat, l'actuel président du CNC, a été reconduit à son poste, ce mercredi 20 juillet.
Il est mis en examen pour des accusations d'agression sexuelle qu'il réfute.
Son filleul, un jeune homme d'une vingtaine d'années, avait porté plainte pour des faits remontant à août 2020.

L'actuel président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a été reconduit à son poste, ce mercredi 20 juillet, à l'issue du Conseil des ministres, malgré sa mise en examen pour des accusations d'agression sexuelle qu'il réfute. 

Les faits remontent à octobre 2020 : une plainte avait été déposée par le filleul de Dominique Boutonnat, un jeune homme d'une vingtaine d'années, pour des faits remontant à août 2020 lors de vacances en Grèce. Une mise en examen a suivi en février 2021. Selon son avocat, Dominique Boutonnat, 52 ans, connu comme producteur de cinéma, "conteste fermement l'ensemble des faits". Le 25 avril, le parquet de Nanterre avait requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Dominique Boutonnat pour agression sexuelle sur son filleul, avec qui il n'a pas de lien familial. 

De son côté, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, avait milité pour sa reconduction : "Il est mis en examen, pas condamné. La présomption d'innocence prévaut", avait-elle affirmé lors d'un entretien au Parisien en juin. En effet, aucune jurisprudence n'oblige la mise en retrait ou la démission d'un fonctionnaire mis en examen. Mais ces accusations pèsent sur Dominique Boutonnat, dans un contexte déjà tendu après la non reconduction, dans le remaniement post-législatives, du ministre des Solidarités Damien Abad, visé par une enquête à la suite d'une plainte pour tentative de viol.

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Une formation lancée en 2020 par le CNC pour prévenir les violences sexuelles

En outre, plusieurs réalisateurs, dont Jacques Audiard et Pierre Salvadori, réunis au sein de la Société des réalisateurs de films (SRF), ont récemment critiqué la politique "ouvertement libérale et trop souvent court-termiste" du président du CNC. La nomination, il y a trois ans, de ce donateur de la campagne électorale d'Emmanuel Macron était déjà mal passée dans un milieu inquiet de voir s'imposer une logique fondée sur la rentabilité, mettant en danger le cinéma d'auteur.

La ministre de la Culture est montée au créneau pour défendre son bilan: "Il est le patron d'un CNC qui a fait face à la crise et qui, par ailleurs, a été pionnier sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes".

Après la vague #MeToo, le CNC avait lancé en octobre 2020 une formation pour prévenir les violences sexuelles, à destination des employeurs du cinéma, de l'audiovisuel et du jeu vidéo (producteurs, vendeurs internationaux, distributeurs et exploitants). De plus, depuis le 1er janvier 2021, l'attribution et le versement de toutes les aides du CNC sont subordonnés au respect, par les bénéficiaires, des obligations de prévention du harcèlement sexuel, comme le suivi de cette formation ou la désignation d'un référent harcèlement obligatoire pour les structures de plus de 250 salariés.


Léa Prati avec AFP

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