Ces autres œuvres majeures de Sempé, dessinateur disparu du "Petit Nicolas"

A Lo. avec AFP
Publié le 12 août 2022 à 10h12, mis à jour le 12 août 2022 à 17h14

Source : JT 13h Semaine

Jean-Jacques Sempé est mort jeudi 11 août à l'âge de 89 ans.
Le dessinateur avait rencontré un succès populaire en illustrant le "Petit Nicolas".
Devenu maître du dessin humoristique, le Français a également été l'auteur de nombreuses autres œuvres.

Surtout connu pour le Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé a dessiné pendant des décennies, croquant sans cesse l'air du temps avec poésie et ironie. Maître du dessin humoristique, le Français a publié quasiment un livre par an à partir des années 60. Découvrez cinq autres de ses albums emblématiques.

Des personnages archétypes croqués avec poésie

"Monsieur Lambert" (1965). Après avoir croqué l'enfance avec le Petit Nicolas, lancé en 1959, Sempé crée Monsieur Lambert. Cet employé de bureau échappe par le rêve à sa médiocre condition. Tous les jours, il déjeune Chez Picard, discute football, politique et sexe avec ses collègues. Monsieur Tout-le-monde affligé d'un crâne dégarni et d'un grand nez, il se raconte en playboy, allumant de torrides passions. Cet archétype était l'un des préférés de Sempé.

Saint Tropez (1968) puis Saint Tropez forever (2010). Dans ces albums, Sempé représente la fête, l'alcool, les lunettes noires et le Café Sénequier, saisissant un microcosme de vaniteux désœuvrés autour d'une piscine ou à bord d'un yacht. "On parle beaucoup de la joie de vivre là-bas, mais j'en montre peu dans mes dessins. C'est la nature qui est heureuse à Saint Tropez", expliquait-il dans Le Figaro, affirmant avoir eu "le tiers de ses idées sur la ville avant même d'y avoir mis les pieds".

The New Yorker (à partir de 1978). Sempé est embauché en 1978 au New Yorker, une véritable consécration. Il signe alors sa première Une en dessinant un employé de bureau prêt à s'envoler depuis la fenêtre de sa tour. Au fil de la centaine des Unes qu'il signe ensuite, il trace son bonheur de vivre dans cette mégalopole, avec ses chats indolents, ses humains minuscules, sa frénésie, ses jazzmen et ses jardins cachés. L'éditeur Denoël rassemble tous ces dessins dans l'album Sempé à New York (2009).

Les Musiciens (1980). Grand admirateur de Duke Ellington, Sempé veut faire un album sur les musiciens. Il mettra cependant sept ans à le terminer. Il y saisit le bonheur des musiciens du dimanche : un pianiste blanc, chauve, tout heureux de jouer du ragtime à Harlem ; un quatuor de petites dames violonistes qui attendent leur train dans une gare immense ou encore un moustachu portant nœud papillon qui agite avec contentement des maracas ... "Ne boudons pas le bonheur des gens", disait-il. 

Raoul Taburin (1995). Sempé acquiert son premier vélo à 16 ans alors qu'il travaille comme livreur de vin à Bordeaux. De cette découverte tardive du bonheur de pédaler, il va tirer plusieurs albums (Simple question d'équilibre, 1977) et un nouvel héros modeste qu'il prénomme Raoul Taburin. Dans une petite commune imaginaire de Saint-Céron, ce marchand de bicyclettes cache un lourd secret : il ne sait pas monter à vélo. Un film en 2019 avec Benoît Poelvoorde et Edouard Baer reproduit la poésie tendre et absurde de ce personnage gentiment fantasque.


A Lo. avec AFP

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