Couronné par six César vendredi, "La Nuit du 12" s'inspire du meurtre d'une jeune femme brûlée en pleine rue.
Le réalisateur Dominik Moll a révélé son prénom sur la scène de l'Olympia après avoir reçu le trophée du meilleur film.
Ce fait divers, qui a ému l'opinion publique à l'époque, fait partie des centaines d'affaires non résolues chaque année en France.

Grand vainqueur de la 48ème cérémonie des César, Dominik Moll ne pouvait pas conclure la soirée sans évoquer le féminicide qui a inspiré La Nuit du 12. "J’ai une pensée pour la vraie Clara, la vraie victime de l'affaire qui a donné lieu au film. Elle s'appelait Maud", a déclaré le cinéaste de 60 ans sur la scène de l’Olympia.

Sorti en salles l’été dernier, La Nuit du 12 est une libre adaptation de 18.3 - Une année à la PJ, un livre enquête de la romancière Pauline Guéna, paru en 2021 chez Denoël. Dominik Moll et son fidèle scénariste Gilles Marchand en ont extrait l’histoire vraie de Maud Maréchal, morte brûlée vive le 14 mai 2012 à Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne.

Le réalisateur Dominik Moll vendredi soir sur la scène de l'Olympia
Le réalisateur Dominik Moll vendredi soir sur la scène de l'Olympia - AFP

De la réalité à l’écran, La Nuit du 12 transpose l’affaire à Saint-Jean-de-Mauriène en Savoie. Clara Royer, interprétée par la comédienne Lula Cotton-Frapier, rentre d’une soirée entre amis lorsqu’elle est interpellée par un homme dont le visage est dissimulé sous une capuche. Après l’avoir aspergé d’essence, il lui met le feu avec un briquet.

Au petit matin, deux flics de la PJ de Grenoble incarnés par Bastien Bouillon et Bouli Lanners sont envoyés sur les lieux du drame où le corps a été retrouvé à demi-calciné par un promeneur. S'ils vont vite identifier la victime, et interroger plusieurs suspects potentiels, leur enquête patine au fil des semaines, des mois et des années...

11 ans d'enquête infructueuse

Dans la vraie vie, Maud Maréchal devait parcourir à peine 600 mètres pour rentrer au domicile de ses parents. C’est vers 3h30 du matin qu’une patrouille de police découvrira son cadavre encore brûlant au plein milieu de la rue. À l’époque, l’enquête est confiée la brigade de la police judiciaire de Versailles qui va explorer plusieurs pistes sérieuses.

Un an avant le drame, Maud avait notamment déposé plainte contre X, affirmant avoir été harcelée par un homme qui avait menacé de la "brûler". Les différents prélèvements et analyses techniques ne donneront rien et en 2021, l’émission "Appel à témoins" sur M6 consacrera un numéro spécial à l’affaire afin de recueillir de nouveaux témoignages. En vain.

Au début de La Nuit du 12, le comédien Bastien Bouillon annonce, en voix off, que "chaque année, la police judiciaire ouvre plus de 800 enquêtes pour homicide" et que "près de 20% d’entre elles restent irrésolues". Le polar de Dominik Moll rappelle également la triste réalité des féminicides en France. "Dans le film, deux personnages partagent le même constat : il y a quelque chose qui cloche entre les femmes et les hommes. C’est un euphémisme", a souligné vendredi Caroline Benjo, l'une ses productrices.


Jérôme VERMELIN

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