Une robe pour Mrs. Harris, au cinéma le 2 novembre

Lucas Bravo ("Une robe pour Mrs. Harris") : "Ce film est une ode à la bienveillance"

Propos recueillis par Delphine DE FREITAS
Publié le 31 octobre 2022 à 8h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Révélé par la série Netflix "Emily in Paris", l’acteur français de 34 ans retrouve la capitale dès le 2 novembre au cinéma.
Dans "Une robe pour Mrs. Harris", il incarne le timide comptable de la maison Dior qui va aider l’héroïne anglaise à se procurer une création haute couture.
Un rôle pour lequel il s’est replongé dans ses angoisses d’adolescent.

Son réalisateur, Anthony Fabian, dit de lui qu'il est "un garçon extrêmement fin, intense, qui se pose beaucoup de questions et a beaucoup de doutes, comme le personnage d’André Fauvel". Passé de l'ombre à la lumière à une vitesse folle grâce au succès mondial de la série Emily in Paris, Lucas Bravo poursuit son bout de chemin à Hollywood sur grand écran dans une attachante comédie. 

Après avoir fait craquer Julia Roberts dans Ticket to Paradise, le Français de 34 ans rejoue ses angoisses d'adolescent dans Une robe pour Mrs. Harris. Il enfile le costume du comptable de la maison Dior en 1957. Un homme "introverti, dépressif et névrosé" qui va se lier d'amitié avec l'héroïne. Rencontre avec un acteur d'une gentillesse et d'une honnêteté rares, qui a devant lui "un énorme futur", selon son metteur en scène.

Le Français Lucas Bravo partage l'affiche de "Une robe pour Mrs. Harris" avec d'autres Frenchies, dont Isabelle Huppert et Lambert Wilson.
Le Français Lucas Bravo partage l'affiche de "Une robe pour Mrs. Harris" avec d'autres Frenchies, dont Isabelle Huppert et Lambert Wilson. - Universal Pictures

L’histoire de Mrs. Harris a tout d’un conte dans lequel elle jouerait presque le rôle de la marraine la bonne fée pour votre personnage, André Fauvel…

Pas forcément pour lui. Elle est justement l'archétype du personnage qui, en opérant dans l'amour et en étant dirigée par cette bienveillance, va impacter tous les gens sur son passage. La maison Dior, André le comptable, Natasha la mannequin, le marquis de Chassagne… Ça fait du bien de se dire que c'est tendance d'être gentil.

C’est le message que vous voulez transmettre avec ce film ? 

Oui car ce n’est plus à la mode d'être présomptueux ou de ne pas calculer les autres. On sort de deux années un peu compliquées. C'est important de ramener un peu de gentillesse, de patience, d'empathie, de considération, de regarder les gens dans les yeux, de les prendre dans les bras et de prendre le temps aussi de comprendre leurs mécanismes. On s'arrête souvent à la façade. Si quelqu'un est désagréable, on ne va pas essayer de chercher plus loin alors que personne n'est profondément mauvais ou vicieux. On est une société qui juge énormément. Il n'y a pas beaucoup de seconde chance. Le film parle de tout ça. C'est une ode à la bienveillance et à l’amour.

Le réalisateur Anthony Fabian nous a assuré qu’il vous avait choisi pour votre intelligence. Certaines personnes lui ont dit que vous étiez "trop beau pour le rôle d’André". Ce jugement de la société dont vous parliez, c’est quelque chose que vous avez ressenti ?

Un petit peu en grandissant. L'intelligence, tout comme la beauté, est très relative. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Je pense que je rentrais dans un cadre assez apparenté au manque de substance ou de profondeur. Que ce soit dans le métier ou dans la vie de tous les jours, j'ai toujours eu l'impression que je devais donner un petit peu plus pour montrer que j'avais plus de réflexion que ce qu’on pouvait penser.

Quand j'avais 16-17 ans, j’essayais de passer pour un intello. J'avais des lunettes sans prescription et j'achetais "Le Monde"

Lucas Bravo

Vous vous êtes inspiré du jeune homme angoissé que vous étiez à 18 ans pour façonner votre personnage. Vous étiez aussi un lecteur assidu de Jean-Paul Sartre ?

(Il rit) Quand j'avais 16-17 ans, j’essayais de passer pour un intello. J'avais des lunettes sans prescription et j'achetais Le Monde. J'avais essayé de lire L'existentialisme est un humanisme, que lisait mon grand frère. Le film évoque L’être et le néant. Je l’ai acheté en anglais, c’était une grave erreur. Avec Alba Baptista, qui joue Natasha, on a essayé de le lire sur le tournage à Budapest mais on a laissé tomber. Parce que chaque phrase est une remise en question, une mise en abyme de son existence. C'est lourd comme lecture si vous n’avez pas un professeur pour vous guider.

Une robe pour Mrs. Harris est votre premier long-métrage en langue anglaise. Vous avez commencé le tournage en octobre 2020, au moment où sortait la saison 1 de Emily in Paris. Dans quel état d’esprit étiez-vous ? 

C'était une expérience assez intense. Je sais que quand il nous arrive quelque chose de bien, il ne faut pas se plaindre et être reconnaissant. Je le suis. Je suis un jeune acteur, j'ai encore beaucoup de choses à prouver, de challenges à relever. En une nuit, je me suis retrouvé avec cette visibilité. Moi qui avais du mal à me sentir légitime, qui a grandi un peu avec un syndrome de l'imposteur, je n'étais pas du tout à l'aise avec ce qui se passait. J'avais l'impression que je n'avais plus de place pour grandir ou être autre chose que le personnage qui m'avait révélé. J'avais peur de ne plus être perçu tel que je suis vraiment. Comme si tout ça m'échappait. C’était assez déstabilisant. Lesley Manville, Isabelle Huppert, Lambert Wilson m'ont super bien épaulé. Je me disais qu’on ne pouvait pas être dans un scénario aussi positif et aussi incroyable sans avoir un contrecoup. Dans les mois qui ont suivi, j’ai attendu que quelque chose me retombe dessus. Au final, je me suis vraiment concentré sur l’aspect sympa de tout ça parce qu'on ne change pas le monde. On essaie juste d'apporter un peu de divertissement et d'échappatoire. 

"Une robe pour Mrs. Harris" : un film haute couture adapté d'un roman à succèsSource : Sujet TF1 Info

André rappelle à Ada que "la vie, ce n’est pas que des paillettes et du cinéma". À quoi ressemble votre quotidien loin des paillettes et du cinéma ?

C’est marrant parce qu’on me pose souvent la question. J’ai exactement la même vie. J'ai un groupe d'amis très solide depuis des années, on est tout le temps ensemble. Ils ne sont pas du tout impressionnables. On célèbre nos victoires ensemble, rien ne change. Je suis très proche de ma famille aussi. Je vis assez reclus. J'aime bien le confort de mes amis, de mes parents, ou de la solitude. Je pense qu'il ne faut pas se laisser aspirer par les paillettes ou les lumières. C'est très futile, très dérisoire. Ça peut partir comme c'est arrivé donc il faut rester ancré dans les vraies valeurs. 

La prochaine étape, c’est votre premier blockbuster avec Denzel Washington ?

Vous êtes bien informée (il sourit) ! J’adore Denzel, c’est mon rêve. Je marque toujours sur un petit papier, que je mets dans mon portefeuille, ce que je souhaiterais pour les trois prochaines années. Il y a un an, je crois, j'avais écrit que je voulais tourner avec Denzel. C’est super présomptueux (il sourit). À chaque fois que j'ouvre mon portefeuille, je vois ce petit papier et je me martèle son contenu dans le cerveau. On verra, peut-être qu'on sera là pour en parler !

On ne peut pas vous laisser partir sans vous demander ce que nous réserve la saison 3 de Emily in Paris, qui arrive en décembre sur Netflix. Un mariage pour Gabriel et Camille peut-être ?

Tout le monde me parle de mariage, c’est drôle ! D’où vient cette drôle de supposition ? Ce que je peux vous dire, c'est que je pense que c'est la meilleure saison. Elle est plus riche. Avant, les personnages n’existaient que dans la périphérie d’Emily. Là, chacun fait sa propre vie. Et il y a de nouveaux venus très cools.

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Propos recueillis par Delphine DE FREITAS

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