Sublime, fougueux et intemporel : le "West Side Story" de Steven Spielberg est déjà un classique instantané

Delphine DE FREITAS
Publié le 8 décembre 2021 à 8h30
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ON ADORE – En adaptant la comédie musicale culte de Broadway, le cinéaste de génie réalise son rêve de gosse et embarque le spectateur dans une fresque ébouriffante. Un grand moment de cinéma à découvrir en salles dès le 8 décembre.

Il en parle comme de son film "probablement le plus intimidant". Il est sans doute l’un des plus flamboyants.

Steven Spielberg fait sien le légendaire musical de Broadway West Side Story, déjà porté à l’écran il y a tout juste 60 ans. Une adaptation aussi passionnée que passionnante, aussi vibrante que réjouissante qui ne pouvait s’ouvrir que sur un sifflement. 

Celui des Jets, descendants d’immigrés européens arrivant en terrain conquis dans le New York de la fin des années 1950 qu’ils disputent aux Sharks, venus de Porto Rico. La caméra se fait aérienne, survolant un quartier en ruines où les boules de démolition finissent d’éparpiller la poussière.

La séquence rappelle forcément celle qui lance le film de 1961 en survolant la ville jusqu’au quartier où se déroule l’histoire. Mais chercher à comparer les deux œuvres, bien que tentant, est inutile. Les chansons que le public aime tant sont bien là, pas nécessairement dans le même ordre. Et c’est tant mieux. En se réappropriant le musical de 1957, Steven Spielberg redynamise la narration pour surprendre même ceux qui connaissent l’histoire par cœur. Tout en signant un film profondément moderne. Racisme, pauvreté, exclusion sociale… Les problématiques des héros d’antan sont finalement très proches de celles d’aujourd’hui et se mêlent à la romance maudite entre deux membres de deux camps opposés. 

Ansel Elgort et Rachel Zegler sont les Tony et Maria de Steven Spielberg dans "West Side Story", en salles le 8 décembre 2021. - Disney/20th Century Studios

"Deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre, mais leur amour est assassiné par le monde qui les entoure (…). Dans un contexte de haine, l’amour est en danger. C’est tragique, et c’est là la tragédie de West Side Story", souligne le scénariste Tony Kushner dans les notes de production. La beauté du film, elle, est partout. Dans chaque plan. Dans chaque note. Dans chaque costume. Dans chaque réplique en espagnol – et elles sont nombreuses - que l’équipe créative a volontairement choisi de ne pas sous-titrer.

De jeunes acteurs éblouissants

Les chorégraphies sont majestueuses, entraînant tout sur leur passage. Steven Spielberg fait même danser sa caméra au rythme de ses acteurs, éblouissants de vérité et de talent. Le cinéaste, qui "voulait des vrais kids et pas des acteurs de 38 ans se faisant passer pour des adolescents", a fait le choix d’un casting composé presque uniquement de nouveaux visages. Il n’y a bien que le nom d’Ansel Elgort, sosie troublant de Richard Beymer (le Tony de 1961) vu dans Divergente, Nos étoiles contraires et Baby driver, qui avait traversé l’Atlantique. Son Tony, un peu trop lisse, n’aurait pas pu rêver meilleure Maria.

Rita Moreno, inoubliable Anita dans le "West Side Story" de 1961, incarne Valentina, la veuve de Doc, dans la version de Steven Spielberg. - Disney/20th Century Studios

Aussi douce que révoltée, Rachel Zegler impressionne d’autant plus qu’elle n’avait jamais rien tourné avant West Side Story. Future Blanche-Neige de Disney, la jeune femme de 20 ans d’origine colombienne mène fièrement la danse accompagnée de la pétillante Ariana DeBose, qui incarne avec force l’iconique Anita au sein d’une distribution essentiellement composée d’acteurs latinx. La plus grande d’entre eux ? Rita Moreno, 90 bougies le 11 décembre et un statut d’EGOT rare à Hollywood, réservé à ceux ayant remporté un Emmy, un Grammy, un Oscar et un Tony Award. L’interprète originale d’Anita dans le film de 1961 s’est vu confier un rôle créé sur mesure pour elle par Steven Spielberg, qui a aussi fait d’elle une productrice exécutive de son West Side Story. Une présence indispensable qui sublime davantage un long-métrage ayant déjà tout d’un classique.

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>> West Side Story de Steven Spielberg (2h36) - avec Rachel Zegler, Ansel Elgort, Ariana DeBose et Rita Moreno, au cinéma dès le 8 décembre


Delphine DE FREITAS

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