Comment Groot est devenu la mascotte favorite de Marvel

Delphine DE FREITAS
Publié le 10 août 2022 à 10h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Avant de retrouver le cinéma dans "Les Gardiens de la galaxie 3" au printemps prochain, le personnage s’offre une parenthèse enchantée sur Disney+.
Groot, dans sa version miniature, est le héros de cinq courts-métrages tout aussi mignons que lui, disponibles dès le 10 août.
Un réjouissant bonus estival, à des années-lumières des débuts sombres de cet être extraterrestre fait de bois aujourd’hui adulé.

Il prend enfin son indépendance. Après deux films – et bientôt trois – avec les Gardiens de la galaxie et deux autres auprès des Avengers, Groot s’émancipe avec ses propres aventures dans une série de courts-métrages disponibles sur Disney+ dès le 10 août. Le titre de la collection ? Je s’appelle Groot, soit la seule phrase que vous l’entendrez prononcer. Ce petit être extraterrestre fait de bois n’est pas franchement bavard, plutôt maladroit mais surtout terriblement attachant dans sa forme miniature. 

"Baby Groot a toujours été un des favoris des fans. On a toujours eu la motivation avec Disney d’en faire plus avec lui", explique à TF1info Brad Winderbaum, patron du streaming chez Marvel Studios et producteur exécutif de Je s’appelle Groot. Sous sa carapace en forme d’écorce, le mini-héros sonne comme une parfaite représentation de l’innocence de l’enfance, celle que l’on perd souvent en route. Et si c’était ça, le secret de sa popularité ? "Oui, je le pense vraiment", acquiesce Kirsten Lepore, réalisatrice de la série de courts-métrages. 

Né dans les années 1960

"Il a en quelque sorte tout ce que font les vrais enfants, les mauvais comportements comme les bons. Aucun enfant n'est uniquement fait d’arcs-en-ciel et de sourires tout le temps. C'est un personnage très pertinent, super mignon et charmant. Il a un visage si limité qu'il en devient universel", assure-t-elle, le comparant à un emoji. "Pour moi, c’est vraiment le principe du personnage-mascotte", analyse Arnaud Tomasini, rédacteur en chef du site ComicsBlog. "Il est simple dans son caractère, il a un gimmick d’expression - je s’appelle Groot - qui fonctionne. Le passage à l’enfance et l’adolescence renvoie à des traits de caractère auquel on peut tous s’identifier. Groot ado qui fait la tête en écoutant du rock par exemple, ça parle à tout le monde", ajoute-t-il.

Marvel

Difficile alors d’imaginer que le Groot qui fait aujourd’hui se pâmer le grand public a débuté de manière beaucoup plus sombre dans les comics. Créé par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby, il apparaît pour la première fois en 1960 dans Tales to Astonish. "C’est un être qui vient de la planète X et qui arrive sur Terre pour enlever tous les habitants d’un village, qui doivent lui servir de cobayes pour des expériences", détaille Arnaud Tomasini. Son nom, qui signifie "large" en néerlandais, renvoie à sa capacité à être gigantesque. La toute première version du personnage est éradiquée grâce à un docteur qui utilise des termites.

La renaissance en 2006

"C’est un méchant qui est réapparu dans des titres qui utilisaient surtout pas mal de personnages des comics d'épouvante et de fantastique de Marvel des années 1950-60", poursuit Arnaud Tomasini. Mais son passage du côté obscur reste "anecdotique" et Groot prend racine dans l’ombre avant de revenir au premier plan au milieu des années 2000 "dans des comics très spatiaux et cosmiques écrits notamment par Dan Abnett et Andy Lanning". Groot s’invite dans l’évènement Marvel Annihilation : Conquest, qui servira de point de départ aux nouveaux Gardiens de la galaxie.

"Groot s’y présente comme un être royal de sa planète, qui parle d'abord comme vous et moi. Puis dans les comics, ils expliquent que comme il est fait de bois, ses cordes vocales sont trop épaisses et font qu’on ne comprend que 'Je suis Groot' alors qu’il s’exprime correctement dans sa langue", souligne Arnaud Tomasini. Andy Lanning confirmera plus tard que ce Groot n'est pas celui que les lecteurs ont découvert dans les années 1960. "On dirait qu’ils sont beaucoup à s’appeler Groot sur cette planète", s’amuse-t-il auprès de Multiversity Comics en 2014, l’année de la sortie du premier film Les Gardiens de la galaxie réalisé par James Gunn. 

Baby Groot, c’est le produit dérivé parfait

Arnaud Tomasini

"Il faut être lucide : Baby Groot, c’est le produit dérivé parfait", reconnaît Arnaud Tomasini. "On explique sa transformation avec des éléments qui viennent des comics donc ce n’est pas une hérésie du tout. Et en même temps, on crée un personnage de mascotte qui va pouvoir être décliné en figurine, en peluche… Ça plaît aux enfants et à un public familial. Il n’y a que des avantages du point de vue de l’entreprise", dit-il. Il suffit de se rendre à la boutique du Avengers Campus, la nouvelle zone de Disneyland Paris consacré aux super-héros Marvel, pour s’en convaincre. Hormis Spider-Man, Groot est le seul à disposer de son propre rayon de produits dérivés. 

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Mais son propre film ? Ce ne sera visiblement pas pour tout de suite. Pour justifier le choix du format court de Je s’appelle Groot, Brad Winderbaum nous assure que Marvel Studios a trouvé ça "naturel de revenir en arrière et de créer des courts-métrages qui nous rappellent les débuts du studio avec Mickey Mouse et Donald Duck". Kirsten Lepore nous glisse pourtant qu’elle "aimerait voir Groot dans des aventures plus longues. C’est le genre de personnages qui peut être amusant à regarder dans tout type de situations". Nous aussi, on en redemande tant l’ensemble fonctionne. La parenthèse enchantée de Baby Groot se poursuivra prochainement avec de nouveaux mini-films. Sans que l’on sache exactement quand ni si leur durée sera prolongée.


Delphine DE FREITAS

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