Oranges sanguines : au cinéma le 17 novembre

Du rire au gore, Lilith Grasmug crève l'écran dans "Oranges Sanguines"

Jérôme Vermelin
Publié le 17 novembre 2021 à 19h17
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

PORTRAIT - À 21 ans, Lilith Grasmug livre une performance stupéfiante dans "Oranges Sanguines", la comédie féroce de Jean-Christophe Meurisse en salles ce mercredi. LCI a rencontré cette jeune comédienne de 21 ans que le cinéma français ne devrait pas tarder à s'arracher.

"Avoir la tête de Blanche Gardin entre mes cuisses, c’est quand même un peu cocasse !", sourit Lilith Grasmug en évoquant sa visite chez une gynéco très "cash" dans Oranges Sanguines. Elle y incarne Louise, une jeune fille angoissée par sa première fois, qu’on retrouvera plus tard dans la séquence la plus féroce de la comédie de Jean-Christophe Meurisse. Pas question d’en dire plus. Mais la performance de cette comédienne de 21 ans ne s’oublie pas de sitôt, c’est une promesse.

Lorsqu’on la rencontre, dans l’hôtel parisien où l’équipe du film assure la promo, Lilith s’exprime avec un charmant mélange de douceur et de détermination. Fille d’un architecte autrichien et d’une enseignante néerlandaise, elle n’a aucun contact dans le cinéma lorsqu’elle répond à l’âge de 16 ans à une annonce pour jouer dans Happy End de Michael Haneke. Déjà trop grande pour le rôle, elle se lie d’amitié avec la directrice de casting qui lui suggère de persévérer.

Blanche Gardin préparait ses punchlines à l’avance et elle me les sortait sans prévenir. J’avoue que j’ai eu des méga fou rires !

Lilith Grasmug

Une poignée d’auditions plus tard, elle enchaine les court-métrages avec en point d’orgue le très beau Noée dans la tempête de Mathilde Chavanne, en 2019, dans lequel elle campe une ado bouleversée par la tentative de suicide de son père. Pour sa performance tout en nuances, elle décroche le prix d’interprétation au festival Premiers Plans d’Angers. Quelques mois plus tard, elle est en Suisse, sur le tournage d’un long-métrage encore inédit en salle, lorsqu’elle reçoit le scénario d’Oranges Sanguines.

"Je l’ai lu dans le train du retour, mais je ne savais pas trop quoi en penser", avoue-t-elle. "Ça donnait un cadre de mise en scène et de jeu, un point de départ et d’arrivée, mais il n’y avait pas de dialogues. J’étais très étonnée, je trouvais ça très ambitieux et en même temps ça me faisait très peur. Je suis allée au casting et, en fait, c'était comme une grande répétition avec Alexandre Steiger, l’acteur principal. On a improvisé comme ça, pendant une heure et demie."

VIDEO LCI PLAY - Oranges Sanguines au ciné : Gare au ministre !Source : TF1 Info
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Cette méthode bien particulière est au cœur du travail de Jean-Christophe Meurisse avec sa troupe de théâtre, Les Chiens de Navarre. "Moi je ne suis pas spontanée, j’ai peur de me tromper dans les mots, je rumine beaucoup", reconnaît la jeune comédienne qui a pu compter sur le soutien de ses partenaires, à commencer par Blanche Gardin dans la fameuse scène du gynéco. "On a tourné une journée entière", se souvient-elle. "Blanche préparait ses punchlines à l’avance et elle me les sortait sans prévenir. J’avoue que j’ai eu des méga fou rires !"

D’un extrême à l’autre, son personnage va croiser la route d’un dangereux psychopathe joué par Fred Blin dans la scène gore qui va faire parler, frissonner, choquer aussi. "J’ai l’impression que la réalité est parfois tellement fantasque et inimaginable", insiste Lilith. "Oui, c’est extrême. Mais je pense que c’est ce qui fait la particularité et l’ADN du film. Jean-Christophe ne s’est pas limité à la vraisemblance, ni à la bien-pensance."

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On reverra Lilith Grasmug  l’an prochain en tête d'affiche Foudre de Carmen Jaquier, le film d’époque qu’elle tournait avec de monter à bord d’Oranges Sanguines. Elle tient également un petit rôle dans Les Passagers de la nuit de Mikhaël Herrs, avec Charlotte Gainsbourg et Emmanuelle Béart, et nous avoue avoir auditionné pour un gros projet qu’elle préfère encore garder secret, superstition oblige.

Lorsqu’on évoque les opportunités qui s’ouvrent à elle, et pourquoi pas une nomination aux César, elle préfère temporiser, un peu effrayée par l'énergie que réclame ce métier. "Jouer la comédie, ça vous prend des choses tellement intimes. C’est un peu trop pour moi. Je crois que j’ai besoin d’une zone de repli, d'une activité de l’ombre où le travail est plus cérébral et moins axé sur mon image. Pourquoi pas écrire pour les autres ?" Pas tout de suite alors...

>> Oranges Sanguines de Jean-Christophe Meurisse. Avec Lilith Grasmug, Christophe Paou, Alexandre Steiger. En salles


Jérôme Vermelin

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