Alex Lutz surprenant dans "En plein feu" : "Je n'ai plus de doute sur l'utilité du métier d'artiste"

Publié le 6 mars 2023 à 12h39

Source : JT 13h WE

L'acteur incarne un homme pris au piège dans sa voiture durant l'incendie qui ravage la forêt des Landes.
C'est sa troisième collaboration avec le jeune réalisateur Quentin Reynaud, et sans doute la plus intense.
TF1info a recueilli les confidences de l'un des artistes les plus imprévisibles du moment.

Alex Lutz n’est jamais là où on l’attend… et c’est tant mieux. Qu’il parcourt les routes de France avec son dernier one-man-show, se transforme en secrétaire nympho pour Catherine et Liliane, son génial duo avec Bruno Sanches, ou se donne le rôle d’un chanteur de variété sur le retour dans Guy, un César du meilleur acté à la clé, l’Alsacien s’est imposé à 44 ans comme l’un des artistes les plus imprévisibles de sa génération. "La clé pour ne pas être enfermé dans un type de rôle… c’est de ne pas croire à cette histoire d’enfermement", confie l’intéressé à TF1info. "Si vous y croyez, c’est là que vous êtes en enfer."

Dans En plein feu, en salles ce mercredi 8 mars, il incarne Simon, un homme brisé par un drame intime qui se retrouve pris au piège dans sa voiture avec son père, joué par André Dussollier, durant l’incendie qui ravage la forêt des Landes. Après la comédie Paris-Willouby (2015) puis Cinquième Set (2020), où il incarnait un espoir du tennis sur le retour, il s’agit de sa troisième collaboration avec le jeune réalisateur Quentin Raynaud. Lequel semble prendre un malin plaisir à le pousser dans ses derniers retranchements. 

Lorsque vous devez traverser une situation comme celle du film, vous êtes face à votre absolue vérité
Alex Lutz

"J’aime sa manière de m’emmener vers une certaine forme d'intériorité à travers des fantômes, des démons. Et comment il les fait exister sans qu’ils soient surjoués", insiste l’acteur qu’on a connu plus bavard, au théâtre comme l’écran. "Chez ce personnage, le moindre mot pèse, exprimer la moindre chose coûte. Il est enfermé dans son silence et c’est devenu sa zone de confort. C’est aussi un personnage concret, physique. Je l’imagine réparer le moteur de la voiture de son meilleur ami pour lui dire qu’il l’aime beaucoup."

Si Alex Lutz s'est laissé séduire par ce projet original, c'est aussi pour sa manière de jouer habilement avec les codes du film à grand spectacle. "C’est un drame intime au sein d’une grande catastrophe", précise l'intéressé. "Je trouve que ça respecte un tempo humain formidable. Lorsque vous devez traverser une situation comme celle du film, vous êtes face à votre absolue vérité. Il y a ceux qui tiennent, ceux qui lâchent. Il y a aussi les coups de malchance lorsque vous prenez un truc sur la gueule et que c’est terminé… Mais tant que vous êtes en vie, vous devez affronter celui que vous êtes intérieurement."

Invités : Alex Lutz et André Dussollier, duo père-fils poignant pour thriller suffocant (Partie 2)Source : Quotidien, deuxième partie

Sur scène comme en interview, Alex Lutz a le goût du mot du juste, lui qui a surmonté la dyslexie dont il souffrait enfant grâce aux mots des autres. Et lorsqu’on lui demande d’expliquer la passion qui l’anime, il cite George Sand : "Soyons artiste !", sourit ce bourreau de travail. "Ce que j’aime, c’est être créatif. Et je n’ai plus doute sur l’utilité de ce métier, vous savez. J’en ai eu pendant très longtemps. Je me demandais si ça avait vraiment du sens. D'ailleurs cela a été questionné ces derniers temps avec la pandémie", rappelle-t-il à propos de la période où les théâtres et les cinémas étaient considérés comme "non-essentiels".

"De manière générale, j’ai beaucoup de mal quand j’entends dire que les artistes seraient hors-sol", poursuit l’acteur. "Ce n’est pas vrai, au contraire. Nous sommes tous très impactés par le réel, par le monde, par une certaine violence de la société. Et le créatif, c’est une manière de le digérer, de le questionner et de le restituer avec plus ou moins de réussites ou de loupés. Et tant mieux si ça touche les gens."

Alors qu’il s’apprête à tourner sous la direction de Pascal Bonitzer, Alex Lutz met la touche finale à Une nuit, son prochain film à la fois derrière et devant la caméra puisqu’il donne la réplique à Karin Viard dans cette romance pas tout à fait comme les autres sur le papier. Le pitch ? Un homme et d’une femme se rencontrent dans une rame de métro bondée, s’engueulent et font l’amour quelques minutes plus tard... dans la cabine d’un photomaton.

"On se ressemble sur beaucoup de choses, sur l’idée de ne pas accepter la fatalité dans ce métier", raconte l’acteur-réalisateur. "Elle est bien plus courageuse que moi, Karin. C’est un bulldozer. Si un truc l’amuse, elle ne se pose pas 36.000 questions imbéciles. Elle fonce. Alors que moi je peux m’auto-torturer bêtement pour pas grand-chose. Et d’ailleurs, elle n’hésite pas à se moquer de moi !".

>> En plein feu de Quentin Reynaud. Avec André Dussollier, Alex Lutz, Sophie Parel. 1h25. En salles mercredi


Jérôme VERMELIN

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