Interview

Malik Bentalha : "Jack Mimoun est une déclaration d’amour au cinéma des années 80"

Propos recueillis par Delphine DE FREITAS
Publié le 11 octobre 2022 à 9h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Associé à Ludovic Colbeau-Justin, l’humoriste fait des premiers pas de réalisateur fracassants dans une superproduction au casting parfait.
Avec "Jack Mimoun et les secrets de Val Verde", il signe une comédie d’aventure démente qui rend hommage aux œuvres de Steven Spielberg.
Un film très drôle qui ne manque pas d’idées, à découvrir en famille au cinéma dès ce mercredi 12 octobre.

C’est l’aventure d’une vie. Devant et derrière la caméra. Malik Bentalha signe avec Jack Mimoun et les secrets de Val Verde son premier film en tant que co-réalisateur. Un projet ambitieux dont il co-signe le scénario et dont il tient aussi le rôle-titre. Le voici transformé en star télévisée de l’aventure après avoir survécu pendant trois mois sur l’une des îles les plus hostiles de l’Océan Indien.

Quand Aurélie Diaz (Joséphine Japy) fait appel à cet Indiana Jones rouillé pour retrouver un trésor perdu sur cette même île, l’aventure dans la jungle prend une tournure inattendue. D’autant que leurs camarades d’infortune, Bruno Quézac, le manager de Jack (Jérôme Commandeur), et leur pilote d’hélicoptère Jean-Marc Bastos (François Damiens), n’y connaissent strictement rien en survie. On a tenté de percer les secrets de la confection de cette poilante comédie d’aventure, qui n’a rien à envier à ses modèles américains, avec Malik Bentalha.

Comment est né Jack Mimoun et les secrets de Val Verde ?

J'ai eu l'idée du film en me replongeant dans mes souvenirs. C'est vraiment un rêve d'enfant de réaliser un tel projet, parce que j'ai grandi avec tous les grands films du maître absolu qu’est pour moi Steven Spielberg. Ils me reviennent par flashs, que ce soit Jurassic Park, la saga Indiana Jones, Les Goonies ou même E.T. Plus jeune, j'ai toujours voulu trouver un extraterrestre dans mon jardin pour le mettre dans mon panier à vélo et m'envoler avec. Je m’étais dit : "Si un jour j’ai l’occasion de passer derrière la caméra, je voudrais aussi proposer un voyage et faire rêver un peu les plus jeunes et les plus âgés également".

Le slogan de Jack Mimoun, c’est "On a tous un aventurier en nous". Qu’est-ce que le petit Malik qui rêvait devant Spielberg penserait du Malik devenu aventurier au cinéma ?

Je pense qu'il irait voir le film et qu'il apprécierait. Parce qu'à l'époque, il allait beaucoup voir ce genre de film et il allait au cinéma pour ça. J'aime bien dire qu'on a écrit ce scénario comme un calendrier de l'Avent. On s’est donné du mal à l'écriture pour rendre hommage aux films d'aventure. On ne les a pas parodiés et on a voulu faire plein de petits clins d'œil, comme le calendrier de l'Avent. Dès que tu vas voir une scène, ça va te rappeler quelque chose. Même sur l'affiche, il y a une voiture qui fait écho à celle Jurassic Park. Des plans rappellent Jurassic Park, d'autres Indiana Jones. C'est fait avec beaucoup d'amour et de respect.

Il y a effectivement pas mal de passages obligés, comme la scène du pont suspendu qu’on voit dès la bande-annonce par exemple…

C’est fait pour ! Que ce soit À la poursuite du diamant vert, Indiana Jones ou L’Homme de Rio, il y a des lieux communs. Tout est dans la manière de les traiter ensuite. J’ai la chance d’avoir, avec le co-réalisateur Ludovic Colbeau-Justin, un casting de rêve. Chacun apporte sa touche et je pense que c’est ce qui fait la différence.

Je me suis inspiré de Mike Horn, de Bear Grylls et d'Indiana Jones forcément

Malik Bentalha

Vous parlez beaucoup de votre inspiration hollywoodienne. Votre tournage, c’était aussi à l’américaine : en décors naturels et pendant six mois ?

On voulait vraiment dès le départ que le film soit tourné en décors naturels. On a choisi la Thaïlande parce que ça nous offrait des décors incroyables pour faire voyager le spectateur, sans trop utiliser de fonds verts. On les a limités au maximum. On est restés sur place 45 jours. On s’est aussi inspirés d'un fait historique réel, un peu comme dans les films Indiana Jones. Le pirate Olivier Levasseur, dit la Buse, dont on parle a vraiment existé et ça me plaît. Ça me plaît de me dire qu'en rentrant à la maison, ceux qui ont aimé le film vont pouvoir se dire "Tiens, je vais aller voir qui étaient ces pirates et ce qu’ils ont fait". 

Quel est le secret le mieux gardé du tournage des Secrets de Val Verde ?

François Damiens s’est cassé une côte la veille du premier jour de tournage. Il a fait le warrior, on lui a passé un petit savon quand même. Il a eu un peu mal et il a tenu. Franchement, chapeau François !

Son personnage et celui de Jérôme Commandeur fonctionnent à la perfection parce qu’ils usent à outrance de l'humour absurde qui leur va si bien. Vous ont-ils aidé dans la réécriture des dialogues ?

On a vraiment écrit pour eux. Ça fait plaisir de revoir François dans une grosse comédie où il lâche les chevaux. On a fait une grosse séance de lecture avec lui pour réécrire certains dialogues. Pareil pour Jérôme qui est un des mecs les plus drôles de France, si ce n'est le plus drôle. On a vraiment pris le temps de leur fournir un scénario qui était déjà bien étoffé. La pandémie nous a permis de gagner un peu de temps, le film a été décalé d'un an. Il y a eu deux ou trois moments assez magiques d'impro qu'on a gardés.

Joséphine Japy, Jérôme Commandeur, Malik Bentalha et François Damiens partent en quête d'un trésor disparu dans "Jack Mimoun et les secrets de Val Verde".
Joséphine Japy, Jérôme Commandeur, Malik Bentalha et François Damiens partent en quête d'un trésor disparu dans "Jack Mimoun et les secrets de Val Verde". - Pathé

C’était une évidence pour vous d’incarner Jack Mimoun ?

Oui parce que c'est une histoire qui sort de mes tripes. C'est mon bébé. Je ne le voyais pas être interprété par quelqu'un d'autre. Mais pour moi, c’est un film de bande. Je suis loin d'être le personnage principal, même si j'ai ma tête sur l'affiche. L'histoire est emmenée par Joséphine Japy. C'est l'actrice qui va marquer sa génération. J'aimais bien l’idée d'être dans la masse, de ne pas tirer la couverture. Je suis déjà auteur, scénariste, jardinier, cuistot sur le film. J'ai des acteurs tellement incroyables, ça me plaît très bien d'être un peu en retrait. 

Le nom de ce personnage, aventurier totalement gauche, est d’ailleurs assez étrange. Comme un mélange entre le héros de 24 Heures Chrono Jack Bauer et le marathonien Alain Mimoun…

(Il rit) Il doit y avoir de ça ! C'est tous les Jack célèbres du cinéma : Jack Reacher, Jack dans Titanic… Il y en a un milliard ! Je n’ai pas d’explication pour Mimoun, ça m’est venu comme ça. Je me suis inspiré de Mike Horn, de Bear Grylls et d'Indiana Jones forcément. J’ai apporté ma touche dans le côté un peu maladroit. J'ai pris du poids juste avant le tournage parce qu'on voulait avoir un Jack Mimoun qui s'est laissé aller dans son succès, le voir galérer une fois dans la jungle. Parce que s’il est vif, furtif et qu’il arrive à survivre, c’est beaucoup moins efficace et moins drôle.

Cette prise de poids, ça a été votre plus gros défi ?

Le prendre, ça va. Le problème, c’est de le perdre derrière (il rit). C’est pour le bien du film et que les gens se marrent, mais je ne sais pas si je le referai.

"Jack Mimoun" est pensé comme une trilogie

Malik Bentalha

Dans votre binôme derrière la caméra, Ludovic Colbeau-Justin assurait l’aspect technique et vous la direction d’acteurs ?

Non, pas vraiment. Sans lui, je n’y serai pas arrivé. Je rêvais de faire ça depuis toujours, mais réaliser un film, c’était un peu abstrait pour moi. Toute l’équipe a été confinée quinze jours à notre arrivée en Thaïlande. On a pu peaufiner les derniers détails. J'étais derrière la caméra avec lui pour la technique. Il était aussi avec moi pour le jeu des acteurs. Ça devrait presque être obligatoire de faire ça à deux ! Je n'ai jamais connu ça sur aucun plateau. C’était très, très fluide et il y avait une bonne ambiance. J'ose espérer que ça débouche sur quelque chose de positif. Ce sera peut-être un échec, peut-être un succès. Si c’est un four, on quittera le pays à deux ! (il rit)

Malik Bentalha et son co-réalisateur Ludovic Colbeau-Justin sur le tournage de "Jack Mimoun et les secrets de Val Verde".
Malik Bentalha et son co-réalisateur Ludovic Colbeau-Justin sur le tournage de "Jack Mimoun et les secrets de Val Verde". - Pathé

Vous vous imaginiez tourner des films enfant ?

À fond ! J’essayais de trouver des ossements de dinosaures dehors avec mes potes, de construire des cabanes. J'ai 33 ans et je parle comme un vieux, mais à l’époque, on n'avait pas de portable, pas de tablette ni d’ordinateur. On jouait dehors. Mes parents m’engueulaient pour que je rentre à la maison. Aujourd'hui, jouer dehors, c'est la révolution ! Si ce film peut susciter des vocations chez les plus jeunes, d’exploratrices, d'explorateurs, d'aventurières, d'aventuriers, ce sera mission accomplie.

Les retours sont très positifs et la fin du film est ouverte. Pensez-vous déjà à une suite ?

Oui, on a déjà une idée pour le 2. On ne va pas spoiler ! Jack Mimoun est pensé comme une trilogie. Ça ferait trois DVD sous le sapin pour Noël. Sous l’impulsion de Stranger Things et comme le film est une déclaration d'amour à ce cinéma des années 80, je voulais faire des éditions VHS collector de Jack Mimoun mais les délais étaient trop courts.

En février, vous nous aviez dit "penser" à votre prochain spectacle et vous nous aviez parlé d’un futur projet. Pouvez-vous enfin nous en dire plus ?

Je peux vous dire que ça ne sera pas du ciné. C’est un projet qui me tient à cœur. Soit il aboutit et je fonce corps et âme. Soit ça n’aboutit pas et dans ces cas-là, c’est vrai que la scène me manque beaucoup... J’espère aussi vraiment que le public aimera Jack Mimoun et qu’il continuera d’exister.

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