Les Promesses : au cinéma le 26 janvier

"Les Promesses" : un thriller politique percutant avec Isabelle Huppert en maire de banlieue

Jérôme Vermelin
Publié le 26 janvier 2022 à 7h40, mis à jour le 26 janvier 2022 à 10h49
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Dans "Les Promesses", une maire de banlieue tente le tout pour tout pour rénover une cité insalubre.
En salle ce mercredi, le film de Thomas Kruithof s’inspire du quotidien de vrais élus de région parisienne.
Un thriller haletant avec Isabelle Huppert et Reda Kateb, réunis pour la première fois à l’écran.

Et si la course à l’Élysée nous avait fait perdre de vue, du moins pour un temps, la réalité de l’action politique ? Celle qui passe par le terrain, au quotidien, au plus près de nos concitoyens. Dans son deuxième film, Les Promesses, Thomas Kruithof embarque le spectateur aux basques de Clémence (Isabelle Huppert), la maire d’une ville Seine-Saint-Denis en fin de mandat, et de Yazid (Reda Kateb), son dévoué directeur de cabinet. Leur objectif ? Obtenir de l’État la rénovation de la cité des Bernardins, minée par l’insalubrité. Sur le chemin, ils vont devoir affronter les marchands de sommeil, qui profitent de la misère ambiante. Les habitants eux-mêmes, écœurés par l’inaction prolongée de leurs élus. Mais aussi leurs propres états d’âme, peut-être plus destructeurs que tout… 

Pour donner corps à cette fiction sans temps mort, le cinéaste et le scénariste Jean-Baptiste Delafon, co-auteur de la série Baron Noir, se sont inspirés du quotidien de plusieurs élus de banlieue parisienne. "Il y avait toute une série de combats qu’ils ont à mener qui nous semblaient méconnus, en tout cas peu couverte par la fiction", explique le cinéaste à TF1Info. "Beaucoup de choses nous frappaient par leur violence. La violence de la misère, celle de l’insalubrité qu’on montre à l’écran. Mais aussi l’intensité des rapports entre un maire et ses citoyens. C’est l’un des derniers postes en politique dont les Français ont une image positive. Et c’est un travail épuisant parce qu’on est en première ligne face à l’émotion, l’impatience, la perte de confiance en vous que peuvent avoir les administrés."

C’est un film qui aborde les problèmes réels d’une partie des Français et dont on ne parlera probablement pas dans les prochaines semaines

Thomas Kruithof

Dans Les Promesses, le personnage de Clémence n’est ni de gauche, ni de droite. Moins pour exprimer une évolution de la vie politique française que la complexité de l’action locale "où on parle plus d’argent que d’idées", souligne Thomas Kruithof. "C’est quelque chose qui est apparu dans les rencontres qu’on faisait avec les maires qui nous ont inspiré. Des gens de bords différents qui face à des problèmes comme le logement, avaient le même discours, souvent la même méthode", insiste-t-il. "On a ressenti une sorte de solidarité transpartisane, avec des élus regroupés par exemple dans l’association Villes et Banlieues, pour essayer de combattre l’inéquité territoriale et le besoin d’aide de l’État central."

Hyper rythmé façon thriller tout en étant ancré dans une réalité sociale troublante, Les Promesses réconciliera-t-il les plus désabusés d’entre nous avec la politique ? "Ce serait très prétentieux de le dire", tempère Thomas Kruithof. "Mais c’est un film qui aborde les problèmes réels d’une partie des Français et dont on ne parlera probablement pas dans les prochaines semaines. On l’a voulu ni cynique, ni naïf. Évidemment ça parle d’ambition, évidemment ça frotte et c’est brutal. Mais je crois que les choses sont assez nuancées et vivantes grâce aux acteurs. Ils nous connectent avec la part sombre de la politique et celle plus lumineuse qui réside dans la beauté de tenir ses promesses. Et qui montre à quel point l’engagement politique peut être inspirant."

Faut-il avoir des dons de comédien pour réussir en politique ? "J’ai rencontré beaucoup de maires qui me semblaient extrêmement compétents et déterminés et qui pourtant n’avaient pas une grande éloquence. Mais qui compensaient en ayant une capacité à avoir un rapport humain fort", observe le cinéaste. "En fait si les politiques sont comédiens, c’est dans ce qu’ils arrivent à masquer de ce qu’ils pensent, de leurs blessures. Dans le film, quand la relation commence à se fissurer, ça se fait par un certain manque de communication. On ne veut pas montrer ses faiblesses à l’autre. Et c’est le travail génial d’Isabelle et Reda de nous donner accès à l’intériorité des personnages. À la blessure d’amour propre qui intervient, au petit mensonge qu'on est obligé de faire. Au petit moment de doute qui vous traverse alors que vous êtes en pleine action.


Jérôme Vermelin

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