On a vu "Indiana Jones et le cadran de la destinée" au Festival de Cannes : verdict ?

par Jérôme VERMELIN à Cannes
Publié le 18 mai 2023 à 22h00, mis à jour le 19 mai 2023 à 2h45

Source : TF1 Info

Ultime aventure du célèbre archéologue, "Indiana Jones et le cadran de la destinée" a été dévoilé en avant-première mondiale, ce jeudi au Festival de Cannes.
Un blockbuster qui multiples les références aux épisodes précédents jusqu’au visage d’Harrison Ford, rajeuni par la magie du numérique dans la scène d'ouverture.
Plaisant mais prévisible, ce cinquième volet vaut surtout pour l'émotion que nous procure la vision d'une icône vieillissante en chair et en os.

Pour les amoureux de l’aventurier au fouet et au chapeau, le quatrième volet présenté à Cannes en 2008 reste un mauvais souvenir. Sinon une déception au regard de la magie des trois premiers volets réalisés par Steven Spielberg. Après des années de tergiversations, de scénarios jetés à la poubelle et de faux départs, il a donc fallu 15 ans pour retrouver Harrison Ford sur la Croisette. Son réalisateur fétiche, qui n'était pas à l’avant-première mondiale de Indiana Jones et le cadran de la destinée, jeudi 18 mai au soir, a cédé les commandes au talentueux James Mangold, l’auteur éclectique et talentueux de Copland, Logan et autre Walk The Line

C’est peut-être une pure coïncidence, mais le thème du passage de relais entre les générations est au cœur de ce cinquième opus, aussi bien sur le fond que dans la forme. Tout commence en 1944 où, magie du numérique, Harrison Ford a retrouvé le visage de ses 45 ans. Nous sommes en Allemagne et l’archéologue, assisté de son collègue et ami Basil Shaw (Toby Jones), tente de récupérer des trésors de l’Histoire au nez et à la barbe des Nazis qui les ont volés. Dans sa fuite, le duo croise le fer avec Jurgen Völler (Mads Mikkelsen), un scientifique auquel il subtilise le cadran d’Archimède, un dispositif issu de la Grèce antique capable de localiser les failles temporelles. Une pure chimère ? 

La bande-annonce de "Indiana Jones et le cadran de la destinée"Source : TF1 Info

Après une course-poursuite spectaculaire sur le toit d’un train lancé à grande vitesse, le film nous embarque en 1969. Divorcé de l’amour de sa vie, Indy vit seul dans un modeste appartement new-yorkais. Professeur au Hunter College, il s’apprête à prendre sa retraite lorsqu’il reçoit une visite surprise de Helena (Phoebe Waller-Bridge), la fille de Basil, décédé depuis la scène d’ouverture. Une jeune femme aussi charmante qu’ambigüe qui a une petite idée derrière la tête. Tout comme Völler, revenu d’entre les morts, et accompagné d’une bande de malfrats prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

Indiana Jones et le cadran de la destinée est le premier et a priori dernier film de la saga réalisé depuis le rachat de Lucasfilm par Disney. Avec des hauts et des bas, la firme aux grandes oreilles s’est lancée dans une grande entreprise de résurrection de ses grandes franchises, à commencer par Star Wars. Harrison Ford y a d’ailleurs contribué en reprenant le personnage de Han Solo, aux côtés d’une génération de jeunes comédiens pressés de prendre sa place. Mais Indiana Jones, c’est autre chose. Une sorte d’alter égo à l’humour pince-sans-rire que personne ne peut égaler.

James Mangold et sa batterie de scénaristes l’ont compris en décrivant un héros vieillissant mais bien conservé, solitaire et un brin acariâtre tendance Clint Eastwood dans Gran Torino lorsqu’il débarque chez ses jeunes voisins bruyants avec une batte de base-ball. Est-ce Indiana Jones ou Harrison Ford ? On ne sait pas très bien. Et à la manière de Tom Cruise retrouvant le cuir de Maverick il y a peu, c’est une mise en abîme savoureuse qui ravira les spectateurs plus âgés. L’entrée en scène d’Helena, incarnée avec charisme et caractère par Phoebe Waller-Bridge, sonne ensuite le rappel pour notre héros fatigué. Et la jeune génération en quête de sensations fortes.

Dans la roue de la filleule qui se verrait bien dans un spin-off sur Disney+, James Mangold entraîne Indy dans une série de courses-poursuites improbables et de périples exotiques qui remplissent le cahier des charges de la saga tout en multiplie les clins d’œil aux précédents volets. C’est une formule éprouvée, plaisante mais prévisible, dont on se dit qu’elle pourrait être un jour prochain reproduite à l'infini par les sorciers de l’intelligence artificielle. Même si aucune machine ne sera jamais capable de créer de toutes pièces un mythe comme Harrison Ford. Jusqu'à preuve du contraire.

>> Indiana Jones et le Cadran de la Destinée de James Mangold. Avec Harrison Ford, Phoebe Waller-Bridge, Mads Mikkelsen. 2h36. En salles le 28 juin


Jérôme VERMELIN à Cannes

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