Dans "Le Samaritain", Sylvester Stallone incarne un éboueur se liant d’amitié avec son voisin de 13 ans, persuadé qu'il fut le super-héros qui protégeait la ville 25 ans plus tôt.
Un personnage "très normal qui fait des choses inhabituelles", que "Sly" a défendu becs et ongles devant la presse.
Le film d'action, produit par la MGM pour Prime Video, sera disponible le 26 août.

Ce n’est pas tous les jours que Sylvester Stallone vous invite dans sa cuisine. Encore moins pour philosopher sur la notion de héros et sur ce qui fait que le public décide de s’attacher ou non à lui. À 76 ans, la légende hollywoodienne continue à encaisser les coups sans broncher. Trois ans après avoir retrouvé Rambo au cinéma, il fait une infidélité aux salles obscures pour un film dont il parle avec tellement d’enthousiasme qu’il en renverse son ordinateur. Et finit par utiliser la première personne pour parler de son personnage, le bien nommé Samaritain.

Prime Video

Une alchimie malicieuse avec son jeune partenaire

Pour la plateforme Prime Video, Sylvester Stallone joue à son tour les super-héros. Mais pas n’importe lequel. "Un héros très normal qui fait des choses inhabituelles", insiste-t-il lors d’une conférence de presse virtuelle. Joe, son personnage, se définit comme "un troglodyte" qui est "déprimé par le fait d’être entouré de personnes". "C'est un vieil homme solitaire qui vit dans l'obscurité. Il trouve des objets cassés dans la poubelle, qui le symbolisent. Il essaie de les réparer. Il peut tout réparer sauf lui-même", insiste son interprète. Sam, son voisin d’en face âgé de 13 ans que harcèlent les bad boys du quartier, est persuadé que l’éboueur discret n’est autre que le Samaritain, "le plus grand héros au monde", qui protégeait la ville deux décennies plus tôt avant de disparaître. 

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L’alchimie malicieuse entre Sylvester Stallone et son jeune partenaire de jeu, Javon "Wanna" Walton – déjà formidable dans la série Euphoria – est la vraie bonne surprise de ce film à l’idée certes originale mais à l’exécution moyenne. "Tout ce que vous pouvez imaginer a été créé" au rayon des super-héros, justifie "Sly", louant "l’énorme réussite de certains réalisateurs et entreprises comme Marvel et DC, qui ont vraiment poussé l’univers au maximum". Selon lui, la force de son Samaritain ne réside pas dans sa puissance hors norme mais dans son réalisme froid. "J'ai toujours l'impression qu'il n'y a rien de plus pertinent que de manquer de se faire renverser par une voiture ou de marcher dans une ruelle sombre et de voir une ombre passer derrière soi", dit-il. 

Il y a un moment où tu ne peux pas faire un truc à la Rambo comme si tu avais 29 ans
Sylvester Stallone

"Vous pourriez être assis à côté de Joe dans le bus sans même savoir que ce type pourrait soulever le bus en question (...). Ce n’est pas comme si Rocky était un super-héros. Le film ne se déroule pas dans un univers fantastique, c’est ancré dans la culture de la rue. Il est entouré de briques, de situations qu'on reconnaît", poursuit-il. Ce qui arrive au Samaritain, qu’il compare à un "Hercule des temps modernes" à qui "on peut s’identifier", "peut vous arriver". La menace "ne vient pas d’un autre univers, elle est juste là, dans la rue. Donc restez sur vos gardes", prévient-il. 

Son personnage "ne saute pas dans les airs", "ne sait pas voler", "ne peut pas voir à travers les murs" mais peut mourir. Sylvester Stallone enchaîne les scènes d’action, à un rythme tout de même moins soutenu qu'auparavant. "Il y a un moment où tu ne peux pas faire un truc à la Rambo comme si tu avais 29 ans parce que tu dois aussi honorer ton âge", sourit-il. Dans Le Samaritain, tout est question de deuxième chance – "la rédemption est l’un de mes sujets préférés". Mais aussi de deuxième jeunesse. "En vieillissant, tu deviens cynique et tu souffres du syndrome du vieux grincheux", lâche "Sly", louant les liens entre Joe et Sam, mais aussi entre lui et Javon. "Il y a quelque chose de si revigorant et contagieux chez ce gamin qui est plein de vie, et il veut juste exploser (...). Dans un sens, il remonte le temps pour moi. Il me demande de revenir alors que je veux juste devenir poussière. C’est vital de voir des personnes âgées traîner avec des personnes plus jeunes parce qu'elles deviennent toutes deux tellement symbiotiques. Vous saisissez leur sagesse et ils saisissent votre énergie, c'est très important", insiste-t-il.

Bientôt de retour avec l'équipe des "Expendables"

Le septuagénaire se décrit comme "un vampire émotif" qui "prend ce qu’il peut". "J'ai tout été, du portier au barman, en passant par celui qui découpait des poissons, à l’ouvreur de cinéma. J’étais le troisième mec à porter le même smoking qui sentait les deux gars d’avant. Tu dois être un peu humble pour tout surmonter mais tu apprends. Tu apprends vraiment. Et je pense que cela ne fait qu'ajouter à l'expérience humaine. Je pense, par exemple, que je préfère jouer maintenant qu'à 30 ou 35 ans. Tu penses tout savoir à cette époque alors que tu ne sais rien", assure-t-il, visiblement très heureux de promouvoir ce nouveau projet qu'il produit, alors qu’il lutte toujours pour récupérer les droits des films Rocky.

Après plus de cinq décennies à l’écran, Sylvester Stallone est toujours autant "fasciné par l'idée de pouvoir raconter des histoires qui sont comprises par des cultures différentes". "Car elles s’appuient sur des émotions que partagent tous les êtres humains sur la planète, à savoir la peur, la solitude, l'héroïsme, la figure paternelle...", énumère-t-il. Est-ce donc ça qui lui donne l’envie de continuer à se dépasser dans des films d’action ? "Je ne sais pas mais j’aimerais m’en remettre", lâche-t-il dans un éclat de rire. Son planning est pourtant déjà bien rempli pour les mois à venir. Après Expendables 4 et les Gardiens de la galaxie 3, "Sly" sera le héros du film Little America, dans lequel l’Amérique est devenue la propriété… de la Chine.


Delphine DE FREITAS

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