Comment Renée Zellweger a appris à parler comme Bridget Jones

Publié le 26 septembre 2016 à 16h46
Comment Renée Zellweger a appris à parler comme Bridget Jones
Source : ABACA

EN IMMERSION – En 2001, Renée Zellweger n'est pas encore une star quand elle décroche le rôle de la célibataire la plus déjantée d’Angleterre. Pour gommer son accent texan et en adopter un plus "british", l’actrice américaine a vécu comme une Anglaise. Clare Bennett, journaliste et ancienne collaboratrice du scénariste Richard Curtis le raconte à LCI.fr

Elle a fait son entrée dans la vie des Britanniques il y a 21 ans, en 1995. Tous les mercredis, Bridget Jones racontait sa vie dans les colonnes de The Independent. Le succès a été tel qu’Helen Fielding, la créatrice de l’héroïne, en a fait un livre. La suite, on la connaît. Le personnage déjà ultra populaire outre-Manche a gagné une reconnaissance mondiale avec l’adaptation cinématographique du roman simplement intitulé Le Journal intime de Bridget Jones, sorti en 2001. "Ce qui est très marrant, c’est le casting, que ce soit une actrice américaine qui soit choisie pour jouer Bridget Jones", nous raconte Clare Bennett, journaliste au magazine Tatler et ancienne collaboratrice du scénariste Richard Curtis (Quatre mariages et un enterrement, Love Actually, Le Journal intime de Bridget Jones).

Quand Renée Zellweger décroche le rôle de la célibataire la plus délurée d’Angleterre, elle a déjà incarné la moitié de Tom Cruise dans Jerry Maguire, a fait tourner la tête de Chris O’Donnell dans Le Célibataire et a rendu dingue Jim Carrey dans Fou(s) d’Irene. Toujours avec son accent, évidemment, très américain. Et estampillé texan. Alors pour transformer sa manière de parler – et séduire un public britannique très remonté de voir son héroïne culte interprétée par une Américaine -, la production  a employé les gros moyens.

La mission est confiée à Barbara Berkery, coach vocal de Gwyneth Paltrow pour Shakespeare in Love et de Lindsay Lohan pour A nous quatre. La première rencontre a lieu à Londres. "Nous nous sommes assises au Covent Garden Hotel et nous avons travaillé pendant deux heures sur l’accent pour voir comment elle s’en sortait. Les producteurs m’ont ensuite demandé si je pensais qu’elle pouvait le faire ou pas et je leur ai dit : 'Je ne peux pas vous assurer qu’elle va le faire mais elle a la capacité de le faire". C’est comme ça que ça a commencé", se souvient-elle pour The Telegraph.

Bridget Cavendish, le double anglais de Renée Zellweger

Après quelques sessions à Los Angeles, Renée Zellweger retourne à Londres pour une immersion totale et incognito. "Ce qu’ils ont fait à l’époque, et c’était assez dingue, c’est qu’ils l’ont fait travailler dans une vraie maison d’édition, celle où travaillait ma colocataire de l’université", nous relate Clare Bennett. La Texane  se présente sous le nom de Bridget Cavendish. "Ils n’ont dit à personne qui elle était, personne ne savait ni n’avait aucune idée de qui elle était, personne ne l’a reconnue. Ils ont fait ça pour tester son accent et personne n’a deviné. C’était absolument hilarant. Voilà à quel point elle est douée", poursuit-elle, saluant le "travail remarquable" de l’actrice américaine.

"Elle était drôle et joyeuse, elle se joignait à nos plaisanteries du bureau. Elle faisait partie du groupe. Je lui ai demandé si elle voulait que je lui montre où étaient les meilleurs endroits pour acheter des sandwichs mais elle allait toujours rejoindre quelqu’un pour le déjeuner", détaillait en 2001 au Telegraph Alexandra Heminsley, l’une des collègues piégées. Barbara Berkery explique que "lorsque vous apprenez un nouvel accent, cela fait ensuite partie de vous (…). C’est juste là, comme une mémoire musculaire – à la manière d’un danseur de ballet qui fait son travail à la barre". Des exercices que Renée Zellweger n’a pas oubliés, quinze ans après. En pleine promotion de Bridget Jones Baby, qui sort le 5 octobre en France, a elle-même donné une leçon au public du talk-show d’Harry Connick Jr. A vous de jouer !


Delphine DE FREITAS

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