Daisy Edgar-Jones ("Sur ordre de Dieu") : la révélation divine que le tout Hollywood s'arrache

Delphine DE FREITAS
Publié le 27 juillet 2022 à 10h00, mis à jour le 27 juillet 2022 à 10h20
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Inconnue il y a encore deux ans, cette jeune Anglaise de 24 ans a acquis une popularité mondiale éclair grâce à la bouleversante série "Normal People".
Elle incarne la victime d’un meurtre qui a choqué l’Amérique dans "Sur ordre de Dieu", une sombre série policière chez les Mormons inspirée d’une histoire vraie, disponible le 27 juillet sur Disney+.
Portrait de celle qui est déjà l’une des actrices les plus brillantes de sa génération.

Elle a fait s’esclaffer Andrew Garfield en interview après l’avoir confondu avec un autre de ses partenaires de jeu. "Je ne suis pas Sebastian Stan", s’est amusé l’acteur anglais face à sa jeune collègue qui a ri à son tour en glissant son visage dans sa main. Voilà ce qui peut arriver quand vous multipliez les projets de grande envergure en un temps record. Daisy Edgar-Jones a vu son destin basculer il y a deux ans. Il a suffi d’une série, d’un rôle. Celui de Marianne dans l’adaptation bouleversante du roman de Sally Rooney, Normal People, qui narre l’histoire d’amour aussi tendre que chahutée entre deux étudiants irlandais.

Lancée en ligne au tout début du confinement au printemps 2020 outre-Manche, la série est à ce jour le programme le plus streamé de l'histoire de la BBC. Daisy Edgar-Jones est nommée aux Bafta et aux Golden Globes. De quoi intriguer une industrie hollywoodienne toujours en quête de nouveaux talents. Ce mercredi 27 juillet sur Disney+, l'Anglaise de 24 ans incarne la victime d’un meurtre qui a choqué l’Amérique en 1984. Brenda Wright Lafferty, membre de la communauté mormone, est assassinée avec sa fille de 15 mois dans leur maison près de Salt Lake City. Leurs meurtriers diront avoir agi "sur ordre de Dieu", une formule qui donne son titre à cette mini-série de sept épisodes à l’ambiance très proche de celle de True Detective.

J’ai eu accès aux lettres que la vraie Brenda avait écrites à sa sœur, ça m’a beaucoup aidée à comprendre qui elle était

Daisy Edgar-Jones

Daisy Edgar-Jones partage l’affiche avec son compatriote Andrew Garfield, inspecteur mormon lui aussi qui va remettre sa foi en question au fur et à mesure qu’avance son enquête. Malgré le contexte très américain de prime abord, l’histoire du clan Lafferty est bien plus universelle que l’on pourrait le croire. "On explore de nombreux thèmes, comme les dynamiques familiales, les relations entre les femmes ou la manière dont, quand les temps sont durs, les gens se retrouvent plus vulnérables, ici plus vulnérables au fondamentalisme religieux. Le matériel est très riche, ce qui rend la série très accessible à un large public", insiste la comédienne que nous rencontrons une première fois en visio en avril.

Elle nous raconte avoir lu, beaucoup, pour préparer son rôle. Des articles de presse mais surtout le livre de non-fiction de Jon Krakaeur, Under the banner of heaven, dont s’inspire la série. "Il est incroyablement complet, ça a été une base précieuse", souligne-t-elle, ajoutant qu’elle a aussi pu se plonger dans la correspondance de la défunte. "J’ai eu accès aux lettres que la vraie Brenda avait écrites à sa sœur, ça m’a beaucoup aidée à comprendre qui elle était. Puis il a fallu trouver les costumes de l’époque et comprendre quel effet ça avait sur sa manière de se mouvoir. Et travailler cet accent, l’adoucir. Elle rêvait de présenter le journal à la télévision et ça a eu un effet sur sa manière de parler", détaille-t-elle.

Elle a tourné deux films et une série rien qu'en 2021

Son rêve à elle n'a pas toujours été d'être d’actrice. "Pour une raison ou une autre quand j’étais très jeune, je voulais être producteur laitier. Je ne sais pas pourquoi. Puis très vite, je me suis dirigée vers la comédie", sourit celle qui a grandi dans le Nord de Londres, à Muswell Hill. Née trois mois avant que la France ne devienne championne du monde de football en 1998, elle est la fille unique d’une mère nord-irlandaise et d’un père écossais tous deux travaillant dans le milieu de la télévision. À 15 ans, elle intègre le National Youth Theatre et décroche sa première audition pour une adaptation de La Petite Sirène. Le film ne voit jamais le jour mais lui permet de trouver un agent. Suivront des apparitions dans plusieurs séries très populaires au Royaume-Uni, jusqu’à la consécration Normal People

"Je me suis toujours sentie plus libre quand j’interprète un rôle. Et j’aime la création. J’aime le travail d’équipe dans ce que je fais. Jouer n’est qu’une toute petite partie. Il y a tellement d’éléments qui entrent en compte quand on raconte une histoire, du montage au son, en passant par les décors. J’adore ça !", explique-t-elle. L’an dernier, elle a pu collaborer avec des dizaines de personnes différentes. C’est simple, elle n’a pas arrêté de tourner. Du Canada à la Louisiane. "J’ai dû passer 10 jours à la maison en tout et pour tout", témoigne-t-elle dans l'édition britannique du magazine ELLE pour qui elle joue au mannequin cet été. Daisy Edgar-Jones a cherché l’amour auprès de l’Avenger Sebastian Stan dans la détonante romance horrifique Fresh, elle a été tuée dans Sur ordre de Dieu et donnera vie le 17 août au cinéma à l’héroïne du best-seller Là où chantent les écrevisses, qui a grandi seule dans les marais de Caroline du Nord avant d'être jugée pour meurtre.

Je crois que je vais essayer de faire une comédie légère, d’interpréter quelqu’un qui est joyeux tout du long. Ce serait sympa !

Daisy Edgar-Jones

Des projets bien distincts qui font le même effet. Comme l’impression d’être pris aux tripes, que ce soit de tristesse, de révolte ou de dégoût. "Je suis vraiment heureuse que vous ayez ressenti ça, nous dit-elle. Je crois que je suis très intéressée par les êtres humains, par la richesse de nos vies intimes. Ces films et ces séries, en particulier Normal People, montrent toutes ces petites choses qui semblent insignifiantes mais sont énormes à l’échelle d’une vie et peuvent avoir des répercussions, comme un premier baiser". Parmi ses actrices fétiches, elle cite Tilda Swinton et Frances McDormand. 

Saisissante de vérité dans chacun de ses rôles, Daisy Edgar-Jones mêle innocence et force de caractère comme personne. L’alchimie parfaite entre la glace et le feu, cachée sous une fine frange qui ne la quitte presque jamais. "Absolument", acquiesce Olivia Newman, la réalisatrice de Là où chantent les écrevisses. "Je savais que nous avions besoin d’une actrice qui pourrait ressentir la vulnérabilité de Kya et sa tendresse. Elle est timide et étrange mais quand elle se retrouve face aux pires circonstances, elle va trouver une manière de survivre. Daisy a su capturer tous ces différents aspects", note-t-elle pour TF1info. 

"Elle peut tout faire, martèle dans GQ Mimi Cave, la réalisatrice de Fresh. Elle pourrait être une héroïne Marvel, elle pourrait être dans une comédie populaire". Après avoir joué une jeune femme qu’on a tenté de tuer, une autre qu’on a exécutée et une troisième qu’on a accusée de meurtre, Daisy Edgar-Jones a bien envie de rire elle aussi. "Je crois que je vais essayer de faire une comédie légère, d’interpréter quelqu’un qui est joyeux tout du long. Ce serait sympa !", nous lance-t-elle en riant lors de notre deuxième rencontre virtuelle cet été. Rien ne figure sur son planning pour les prochains mois. Son compte Instagram, suivi par plus de 1,3 million de personnes, ne dévoile rien non plus de sa vie privée. La jeune étoile a bien mérité de souffler à l'ombre pour continuer à briller.

Lire aussi

>> Sur ordre de Dieu - dès le 27 juillet sur Disney+

>> Fresh - déjà disponible sur Disney+

>> Normal People - déjà disponible sur Salto

>> Là où chantent les écrevisses - au cinéma le 17 août


Delphine DE FREITAS

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